L’année 2008 a été celle du 400ème anniversaire de la fondation de la ville de Québec. Elle n’aura gère rappelé l’année du « vive le Québec libre » lancé par le général de Gaulle du haut du balcon de la mairie de Montréal. Il est vrai que tout fut fait pour ne pas froisser les susceptibilités d’Ottawa mais l’ostensible amitié affichée par le président français au très « Canadian » Desmarets a froissé plus d’un Québécois. Toutefois, le gouvernement libéral québécois a assuré bien plus que le service minimum et si les voix françaises sont restées en deçà de ce qu’il eût fallu, sans doute faut-il y voir la gêne républicaine à commémorer la fondation de Québec qui pour Champlain, son fondateur, s’inscrivait dans une perspective royale et catholique. Une autre difficulté tenait à ce que par deux fois les Québécois ont voté « non » (certes avec truquages avérés) à l’indépendance et qu’en conséquence il était impossible pour le président Sarkozy d’aller tout à la fois contre son sentiment profond et contre un « ordre du monde » dont le fédéralisme canadien est un pilier.
A ces pudeurs surent échapper les autorités québécoises qui accueillirent le prince Jean d’Orléans comme un ambassadeur qualifié de la France, que ce soit, entre autres, par Mme Monique Gagnon-Tremblay, alors ministre des relations internationales ou par Gérald Tremblay, maire de Montréal.
Avec le recul il apparaît que l’événement a porté quelques fruits par la signature notamment d’un accord qui fait du Québec un partenaire de l’Union Européenne et cela sous l’égide de la France. Voilà, pour une fois, une heureuse initiative, qui contribue à affermir la vocation du Québec à être acteur du concert international. Et il est heureux que la diplomatie française y ait prêté la main.
Autres avancées et prolongements du 400ème anniversaire : ceux découlant de la campagne « Québec dans la ville » et visant à faire attribuer le nom de Québec à un espace public comme ce fut la cas le 30 juin dernier sous l’égide du département de l’Eure en présence de la chanteuse Fabienne Thibault et de Marie Page. Ce sont une quarantaine de villes qui sont engagées.
Autres manifestations prochaines de cette relation franco-québécoise : celles commémorant le 250ème anniversaires des batailles des plaines d’Abraham qui entérinèrent la perte du Québec et virent la mort du marquis de Montcalm. Le Samedi, 26 septembre 2009 sera commémoré le 250e anniversaire de la mort de Montcalm à Vestric-et-Candiac (Gard) et le Jeudi 1er octobre 2009 se tiendra une Journée d’étude sur la guerre de Sept Ans en Nouvelle-France au Pavillon du Roi du Château de Vincennes organisée par le Service historique de la Défense en partenariat avec la Fédération française de généalogie. Signalons encore l’initiative de Jacques Bergeron visant à commémorer, en 2010, la création de la Belle Province.
Profitez enfin des vacances pour lire l’ouvrage du colonel Gérard Saint-Martin, Québec 1759-1760, les plaines d’Abraham. L’adieu à la Nouvelle-France Ed. Économica, coll. Campagnes et Stratégies, 2007, 278 pages
