Fièvre animale - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Fièvre animale

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Nus et badigeonnés de faux sang, les ultras de la cause animale ont pris l’habitude de symboliser leur combat en singeant l’animal de boucherie. Leur mouvement, Péta (« pour une éthique dans le traitement des animaux »), revendique plus d’un million d’adhérents sur la planète. On retrouve dans la presse ou sur Internet ses photos chocs : corps humains recroquevillés, parfois installés dans d’immenses barquettes. Le message véhiculé dépasse celui des vieilles organisations de protection des animaux qui réclamaient juste qu’on les traite sans cruauté : c’est toute la domination de l’homme sur l’animal qui est contestée.

Péta l’exprime sans am­bages : « Les animaux ne nous appartiennent pas. Nous n’avons pas le droit d’en disposer, que ce soit pour notre alimentation, notre habillement, nos loisirs ou nos expériences scientifiques. » Sus donc à la fourrure mais aussi au cuir (ce qui, certes, revient au même). Lorsque Péta a interpellé Carla Bruni à propos de poils synthétiques qu’elle arborait, la première Dame de France aurait répondu : « Je ne porte, ni achète, ni possède de fourrure. » Il faudrait aussi renoncer à toute alimentation carnée ou simplement d’origine animale. Par ses affiches suspendues dans les rames du métro francilien, un collectif incite actuellement à ne pas manger de cheval. Issu de la Fondation Brigitte Bardot, il se targue du soutien de per­sonnalités comme Michel Drucker ou Mireille Dumas (connue pour son engagement en faveur de l’euthanasie… humaine). Son site dénonce « l’hippo­phagie ». Les lieux dans lesquels seraient abattus les chevaux de boucherie y sont dénommés « couloirs de la mort ».

Mais le sujet le plus sensible, sur le plan politique, reste celui de l’expérimentation animale. Les tests biologiques sur l’animal sont essentiels pour vérifier les produits alimentaires ou médicamenteux. En Europe, 12 millions de bêtes sont ainsi utilisées, dont 77,5% de rongeurs.
Or, pour certains activistes des droits des animaux, leur libération autoriserait les mêmes moyens armés que si c’était des êtres humains. En Grande-Bretagne ou aux États-Unis, des laboratoires ont été incendiés. Le Front de Libération des Animaux a revendiqué des attentats à la bombe. Il est d’ailleurs inscrit sur la liste des mouvements terroristes.
Est-ce en raison d’une sincère pitié ou du fait de la virulence croissante des adeptes de la cause animale ? Du côté des responsables politiques, la cause est dorénavant prise au sérieux.
Dès 1959, des Bri­tanniques ont défini « la règle des 3R » : 1/ Remplacement des expériences sur les ani­maux par des méthodes alternatives, 2/ Réduction du nombre d’animaux utilisés, 3/ « Raffinement » (ou perfectionnement) pour limiter la douleur de l’animal et assurer son confort. Ces règles de bon sens, déclinées pour l’Europe en 1986, sont en cours de redéfinition par la directive « Reach ». Sa première mouture, controversée, envisageait d’étendre leur application à des invertébrés et à des formes de vie animales larvaires ou embryonnaires. Le Parlement européen a atténué le texte mais les libérateurs des animaux n’en démordent pas.

En France, l’Office par­le­­mentaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques vient de rendre pu­bliques les conclusions d’un rapport de deux députés sur ce sujet. Un rapport qui fait suite aux rencontres « Animal et société » organisées en marge du Grenelle de l’environnement, à la demande du président de la République. Les députés soulignent que « l’utilisation d’animaux à des fins expérimentales est coûteuse » et « exige des installations adaptées et un personnel qualifié ». Ils notent que l’usage des « primates non humains [ndlr : les singes] ou certains animaux domestiques, tels que les chiens » génèrent les plus fortes tensions. Alors qu’ils seraient les seuls à permettre certains tests contre le can­cer, des associations trou­veraient plus justes une expérimentation directe sur l’homme. Comme alternative à l’animal, en toxicologie, un récent rapport du CNRS prône également l’utilisation des cellules embryonnaires humaines, dans le cadre de « Reach ».

Pour le moment, homo sapiens se considère encore majoritairement comme le seul à avoir véritablement des droits… parce qu’il a des devoirs. Dont celui de ne pas maltraiter abusivement les animaux ! Il y a évidemment d’importants efforts d’information et de contrôle à réaliser pour éviter de traiter les animaux avec cruauté.
Mais qu’en est-il des droits de l’homme tout juste conçu ? Pour travailler sur la souris, il faut passer un coûteux diplôme universitaire d’expérimentation animale. Aucun cadre n’est prévu pour tout étudiant, technicien ou chercheur amené à travailler sur les embryons humains.

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