Éric Ghérardi, président de l'ICES : « L’éducation est une œuvre de civilisation » - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Éric Ghérardi, président de l’ICES : « L’éducation est une œuvre de civilisation »

Au moment où les étudiants vont exprimer leurs vœux sur Parcoursup, zoom sur les établissements universitaires catholiques, dont fait partie l’ICES, en Vendée. Entretien avec son président, Éric Ghérardi.
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© ICES

Il existe, en France, plusieurs « établissements universitaires catholiques ». Quelles sont les spécificités de ces « facultés libres » ?

Éric Ghérardi : Historiquement, ces établissements s’inscrivent dans la tradition de l’Université médiévale, créée par l’Église autour du XIIe siècle. Le pouvoir politique, à l’époque, ne s’investit pas vraiment dans l’éducation, et c’est bien l’Église qui va s’engager la première dans ce domaine : nous pourrions citer, bien sûr, la Sorbonne à Paris, fondée par le chapelain de Saint Louis, mais aussi les universités de Bologne, Milan, Vienne et bien d’autres encore. Les établissements universitaires catholiques sont, dans l’esprit, les héritiers de ces universités médiévales.

Comment cela se traduit-il dans leur enseignement ?

Cela se traduit dans les enseignements et dans l’attention portée aux élèves comme à leurs familles. à l’ICES, nous n’exigeons pas des élèves qu’ils soient catholiques : ils s’inscrivent via la plate-forme Parcoursup, selon la procédure que suit tout étudiant. Et ils reçoivent des enseignements d’une grande rigueur académique et scientifique – en droit, en lettres, en langues, en sciences politiques, en économie, en biologie… Mais nos enseignants bénéficient de cette liberté, liée à notre histoire et juridiquement reconnue, de rappeler quelle est la position de l‘Église sur les sujets qu’ils abordent. Il s’agit bien de conjuguer la foi et la raison, qui s’enrichissent mutuellement. Cette liberté est nécessaire à la recherche de la vérité. Elle permet aux étudiants de faire des choix éclairés, en leur âme et conscience. Il s’agit de les former intellectuellement, mais aussi humainement et spirituellement, dans une optique de formation intégrale.

Vous évoquez l’attention portée aux étudiants…

L’œuvre éducative est une œuvre de civilisation. Nous suivons, bien sûr, la progression des étudiants et veillons à les connaître. Mais nous nous attachons aussi à ce qu’ils respectent des règles de civilité et d’assiduité essentielles en société. Au-delà de cet encadrement de proximité, l’ICES est un écosystème où se côtoient des étudiants de différentes disciplines, de tous horizons géographiques et sociaux. Cela crée des habitudes d’échanges intellectuels et un climat d’émulation qui font, entre autres, la fécondité de l’institut. Sans compter qu’ils se croisent dans les nombreuses associations qu’il abrite.

Comment résumeriez-vous l’ambition de l’ICES ?

Nous tenons à honorer la confiance des familles qui nous confient leurs enfants en formant des hommes et des femmes équilibrés, éclairés et en capacité de s’insérer dans le monde professionnel. Et nous voulons être, par notre action, les témoins des valeurs de l’Évangile – ce qui nous conduit à prendre soin du plus faible pour l’amener au meilleur de ce qu’il est capable de faire. Pour résumer, la mission de l’ICES, qui lui est confiée par l’Église, est de former une génération qui va prendre sa part à la construction de la société : cela passe par l’exercice des vertus, mais aussi par l’engagement dans les domaines les plus divers – l’entreprise, la fonction publique, l’éducation… – et toujours au service de la collectivité.

Une nuit « Pie XII »

Le 22 janvier, l’ICES organise sa 6e Nuit de l’histoire sur Pie XII. Le but : dépasser les polémiques simplificatrices en s’appuyant sur les travaux les plus récents et sur l’ouverture des archives du Vatican. Le contexte politique, religieux et culturel de son action sera étudié. Des lectures et des moments artistiques ponctueront cette nuit.

Inscription : ices.fr/evenements/nuit-histoire-2026-pie-xii-ices/