En Angleterre, voter pour le suicide assisté ou communier, il faut choisir - France Catholique
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En Angleterre, voter pour le suicide assisté ou communier, il faut choisir

Des prêtres ont affirmé ne pas vouloir distribuer la communion aux parlementaires ayant voté en faveur de la légalisation du suicide assisté.
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La Chambre des communes, où siègent les députés britanniques. © House of Commons - CC by

Juin 2025. Alors que la Chambre des communes – chambre basse du Parlement britannique – se prépare à discuter du « Terminally Ill Adults Bill », qui vise à légaliser le suicide assisté pour les malades en phase terminale, le député libéral Chris Coghlan reçoit un message de son curé : s’il vote la loi, il sera interdit de communion. Loin d’être effrayé, le député catholique, paroissien de l’église Saint-Joseph de Dorking (comté de Surrey), vote malgré tout en faveur de la loi. En chaire, l’abbé Ian Vane, curé des lieux, officialise sa décision : le député ne pourra plus communier « en raison de son vote ». « C’est une chose d’avoir un avis sur le vote d’un député lors d’un vote libre au Parlement, c’en est une autre de les dénoncer publiquement et de les humilier », avait alors réagi Chris Coghlan.

Quelques semaines plus tard, c’est au tour d’un prêtre de l’Oratoire de Londres de faire une annonce similaire, adressée à une assemblée comptant parfois des parlementaires : toute personne ayant voté en faveur de la loi ne peut se présenter pour communier, à moins de s’être confessé auparavant. Le célébrant avait profité de cette mise en garde pour adresser un rappel général aux fidèles : la communion n’est pas automatique et il faut la recevoir « comme si c’était la première et la dernière fois ».

« Charité » et « fermeté »

Présentées par leurs détracteurs comme des abus de pouvoir, les décisions de ces deux prêtres britanniques ne sont toutefois que la conséquence logique de la condamnation sans appel portée par l’Église sur l’euthanasie – qui inclut le suicide assisté – dans son Catéchisme : « Quels qu’en soient les motifs et les moyens, l’euthanasie directe consiste à mettre fin à la vie de personnes handicapées, malades ou mourantes. Elle est moralement irrecevable. »

À l’époque, l’abbé Ian Vane avait aussi rappelé que le droit canon souligne que si les laïcs sont libres en société, ils « auront soin d’imprégner leur action d’esprit évangélique et ils seront attentifs à la doctrine proposée par le magistère de l’Église ». Or, dans une lettre à la Conférence épiscopale d’Amérique du Nord en juillet 2004, le cardinal Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, avait affirmé que le « vote systématique » en faveur des lois pour l’euthanasie – et l’avortement – relevait de la « coopération formelle [au péché grave que ces actes représentent] », une « situation objective de péché » entraînant un refus d’accorder la communion. Ce refus doit être notifié par les pasteurs avec « une extrême charité », mais « aussi avec fermeté, conscients de la valeur que possèdent ces signes de force, pour le bien de l’Église et des âmes », comme l’avait rappelé le Conseil pontifical pour les textes législatifs, en 2000.

Car, comme toujours, l’enjeu dépasse la seule personne de l’homme politique et a une incidence sur toute la communauté. À ce titre, la polémique anglaise de juin 2025 fait écho à celle qui a secoué l’épiscopat américain en 2022, lors de l’interdiction faite par l’archevêque de San Francisco de donner la communion à Nancy Pelosi, alors présidente de la Chambre des représentants des États-Unis et défenseur du droit à l’avortement. Mgr Salvatore Cordileone avait expliqué prendre cette décision « pour l’aider à comprendre le mal grave qu’elle commet, le scandale qu’elle provoque et le danger qu’elle fait courir à son âme ».