Un mort, 219 blessés, 178 policiers et gendarmes touchés, plus de 890 interpellations. À cela s’ajoutent les véhicules brûlés et les commerces vandalisés sur les Champs-Élysées. Les images ont fait le tour du monde et la une de certains journaux étrangers comme La Stampa en Italie qui n’hésite pas à parler d’émeutes et enquête sur la « guerre qui a suivi la Coupe des Champions. » Ce sont encore une fois des hordes de jeunes gens dont de nombreux mineurs, souvent issus des cités, qui ont durant des heures généré le chaos, qui plus est en visant délibérément les policiers avec des mortiers d’artifice. « Par-delà les questions techniques de maintien de l’ordre, c’est un arrière-fond de sécession dont témoignent les événements. (…) La France ne fabrique plus des citoyens, mais des atomes individualisés, elle ne produit plus des Français mais des minorités communautarisées » écrit Arnaud Benedetti, le rédacteur en chef de La Nouvelle Revue Politique. L’État a-t-il tiré les leçons d’une nuit de violences qui a touché 71 villes alors que 22 000 policiers et gendarmes étaient déployés sur le territoire dont 8 000 à Paris ? Laurent Nuñez, le ministre de l’Intérieur, réfute être dans le déni et estime que « la situation était sous contrôle ». Yves Thréard dans son éditorial du Figaro rappelle que « des épisodes identiques ou presque se déroulent maintenant les soirs du Nouvel An ou lors des festivités du 14-Juillet. Et malheureusement les fauteurs de troubles ne sont pas arrêtés ou condamnés comme il le faudrait. (…) Ces jours-là, on ne peut s’empêcher de penser que la France est effectivement malade. »
Poser un bon diagnostic
Qui a le courage de poser le bon diagnostic et de proposer les remèdes pour relever le pays ? Emmanuel Macron a estimé que « le foot ce n’était pas cela » et « qu’il fallait être intraitable avec les casseurs ». La gauche a minimisé les faits, LFI redoutant la « récupération de l’extrême droite ». Éric Zemmour a lui parlé de « guérilla de civilisation » et Bruno Retailleau a évoqué une « crise d’autorité liée à un désordre migratoire ». Sur un tel sujet, la classe politique devrait être unanime pour répondre aux défis – sécurité, immigration, éducation, famillle – et au-delà, du péril de l’effondrement de notre société.
