Il ne demandait rien, ce pauvre clerc que le Pape désigne d’office comme membre d’un groupe de onze inquisiteurs chargés d’aller en Languedoc afin de rétablir la vraie foi auprès des Albigeois. Après avoir subi de nombreuses vexations, ils finissent tous les onze par tomber dans un traquenard à Avignonet, dans le diocèse de Toulouse. Ils sont soumis à d’horribles tortures jusqu’à ce que mort s’ensuive pour chacun, le 29 mai 1242.
Nous ne savons pas grand-chose de chacun de ces inquisiteurs qui furent lancés dans une guerre contre les Cathares. Celle-ci durera presque un siècle et avait déjà vu les tentatives de réconciliation de saint Bernard en 1147, les conférences contradictoires, l’assassinat du légat du Pape en 1208, le bain de sang de Béziers en 1209… Évêques du Midi et roi de France plaident pour la manière forte, et « en espèrent des gains territoriaux appréciables ». On est loin des débats d’idées et de convictions !
Les miracles qui suivent la mort des inquisiteurs aideront à leur béatification. Nous connaissons le nom de ces onze martyrs : Guillaume Arnaud de Montpellier – Bernard de Rochefort – Garcia d’Aure – Stéphan et Raymond Carbonius, du diocèse de Tarbes – le prieur d’Avignonet, prieur de Cluse – Raymond l’Écrivain, chanoine de Toulouse – Pierre d’Arnaud, notaire de l’Inquisition – Bernard, clerc de Toulouse – Fortanier… et notre Aymar, tous deux clercs.
Étymologie
D’origine germanique, heim « maison » et har « dur ». On retrouve cette racine dans les mots home en anglais et Heimat « patrie » en allemand.
Pensée spirituelle
« Les guerres de Religion sont souvent les plus féroces. Les haines qu’elles suscitent sont les plus difficiles à apaiser. Aussi ne devrait-on jamais défendre la foi avec les armes ! » (J. Mathieu-Rosay).
Courte prière
« Montre-nous, Seigneur, ton indulgence, et accorde-nous aussi la paix » (liturgie romaine).