À Paris, les 400 ans de Saint-Étienne-du-Mont - France Catholique
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À Paris, les 400 ans de Saint-Étienne-du-Mont

Connue pour son jubé et les reliques de sainte Geneviève, cette église parisienne fête les 400 ans de sa dédicace.
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Le jubé de l’église Saint-Étienne-du-Mont, dans le Ve arrondissement de Paris. © Philippe Lissac / Godong

Située au sommet de la montagne Sainte-Geneviève, l’église parisienne de Saint-Étienne-du-Mont pourrait être éclipsée par l’imposant Panthéon distant de quelques dizaines de mètres seulement. Pourtant, sa façade Renaissance, sa curieuse tour à la fois campanile et clocher, ainsi que les trésors qu’elle recèle, en font un lieu incontournable du Ve arrondissement de la capitale. Si elle fête aujourd’hui les 400 ans de sa dédicace, il faut en réalité remonter beaucoup plus loin dans le temps pour pleinement saisir l’histoire des lieux.

Depuis Clovis

Saint-Étienne-du-Mont est indissociable de l’abbaye royale de Sainte-Geneviève, elle-même héritière de la basilique Saints-Pierre-et-Paul qu’aurait fondée Clovis au VIe siècle et qui changea de nom à la mort de la protectrice de Paris. Incendiée par les Danois au IXe siècle, l’abbaye est rebâtie à la fin du XIIe siècle par Étienne de Tournay, abbé de Sainte-Geneviève. Ce n’est qu’en 1222 que ce qui n’est alors que la chapelle Saint-Étienne voit le jour. Accessible seulement via l’abbaye, la chapelle voit sa fréquentation augmenter au point que les religieux génovéfains réclament la construction d’une véritable église… dotée d’une porte donnant sur l’extérieur. Les travaux sont lancés en 1492 et s’achèveront par la consécration des lieux par l’archevêque de Paris, Mgr de Gondi, en 1626.

La Révolution malmena sérieusement les lieux, puisque les révolutionnaires brûlèrent les reliques de sainte Geneviève qu’abritait l’église. Le geste, public, fut d’autant plus brutal qu’il visait la patronne de Paris, dont la tradition rapporte qu’elle empêcha les Huns de ravager la ville. Sous le Directoire, Saint-Étienne-du-Mont devint même un « temple de la Piété filiale », et il faudra attendre 1801 pour que le culte catholique retrouve sa place. Les soubresauts ne s’arrêtèrent pas là puisque le 3 décembre 1857, l’archevêque de Paris, Mgr Dominique Sibour, y fut assassiné par l’abbé Jean-Louis Verger, prêtre frappé d’interdit pour avoir nié à plusieurs reprises le dogme de l’Immaculée Conception récemment proclamé.

Un jubé unique

Saint-Étienne-du-Mont doit sa réputation à un élément architectural unique à Paris et rare partout ailleurs : son jubé, datant de 1541. Cette tribune, située entre le chœur et la nef du sanctuaire, où étaient lus ou chantés épîtres et Évangile durant les offices, a échappé à la destruction généralisée survenue à cette époque, contrairement à ceux de Notre-Dame de Paris, Saint-Germain-l’Auxerrois ou encore Saint-Séverin, toujours à Paris. Sa balustrade remarquable est faite de dentelle de pierre et est encadrée par deux tourelles avec escalier à vis entourant les deux piliers de la nef.

Mais le vrai trésor de Saint-Étienne-du-Mont réside surtout dans la châsse de sainte Geneviève, renfermant plusieurs reliques subsistantes de la sainte, ainsi que des fragments du sarcophage du VIe siècle. Parmi les plus illustres fidèles s’étant recueillis devant les reliques de la sainte figure le Pape lui-même : Pie VII, venu célébrer la messe le 10 janvier 1805.

Cette année encore, comme le veut la tradition, la châsse a été portée en procession lors de la neuvaine à sainte Geneviève, du 3 au 11 janvier. Preuve que la dévotion à la protectrice de Paris est encore vivante et que Saint-Étienne-du-Mont, du haut de ses 400 ans, est loin d’être une histoire figée.

Programme du jubilé de l’église sur : www.saintetiennedumont.fr/400 ans/

Du 12 au 14 février, création théâtrale : D’une pierre blanche, de Fabrice Hadjadj.