Chaque semaine, des fleurs arrivent à l’accueil de la clinique adossée au couvent des Sœurs hospitalières de la Miséricorde de Jésus, à Malestroit. Elles ne sont pas destinées à des malades ou au personnel soignant mais bien à Mère Yvonne-Aimée qui repose au cimetière dans le jardin du monastère depuis 1951. Sa tombe est constamment fleurie et témoigne de son rayonnement. « On sent ici une présence, une paix, un supplément d’âme, confie Sœur Marie-Claude, augustine hospitalière. Nous recevons de nombreux mails, ainsi que des lettres qui proviennent pour certaines de l’étranger. Les personnes nous sollicitent pour être confiées à Mère Yvonne-Aimée mais aussi pour rendre compte de grâces reçues. »
Un héritage à perpétuer
Les vingt-trois Sœurs de la communauté s’efforcent modestement de perpétuer l’héritage de celle qui fut la supérieure générale des Augustines de Malestroit de 1935 à sa mort en 1951. Deux d’entre elles ont connu mère Yvonne-Aimée dont Sœur Odile, âgée de 93 ans : « Elle était très accueillante et mettait tout le monde à l’aise. Elle respirait une ouverture à quelque chose d’autre que l’ordinaire. » Sœur Odile l’a rencontrée alors qu’elle était jeune fille à Malestroit. Elle ne lui doit pas sa vocation mais, confie-t-elle, « j’ai été attirée à Malestroit alors que j’étais déjà dans une autre congrégation. J’ai été sensible à la façon dont des personnes que je rencontrais évoquaient Yvonne-Aimée. De son vivant, elle touchait les âmes en participant généreusement à la tendresse infinie de Dieu. »
Cette tendresse est au cœur de la vocation des Augustines hospitalières qui voient dans le malade la figure du pauvre et de Jésus. « La pauvreté contemporaine est multiforme, souligne Sœur Marie-Claude. Outre la maladie, nous portons dans notre prière les familles divisées, les enfants maltraités, la solitude, la perte de sens en la vie de ceux que nous accueillons. Nous témoignons de la Miséricorde de Dieu dans notre travail au sein de la clinique, dans notre vie de communauté que Mère Yvonne-Aimée voulait joyeuse et fraternelle et lors des messes et des offices. Chaque jour à 13 h 30, nous récitons la prière que Jésus a confiée à Yvonne-Aimée : « Ô Jésus, Roi d’amour, j’ai confiance en ta Miséricordieuse bonté. » » Toutes les intentions de prière sont ensuite portées dans la chambre de Mère Yvonne-Aimée où les religieuses aiment se recueillir, notamment le matin, pour prendre des forces avant le service des malades à la clinique.
Elles arpentent ensuite les couloirs de l’établissement où exercent une trentaine de médecins et 250 soignants pour 150 lits. Pour continuer à offrir un haut niveau de prestation à la clinique, elles n’ont pas hésité à solliciter Mère Yvonne-Aimée afin d’obtenir un scanner alors que deux instruments équipaient déjà des hôpitaux de la région. Elles l’ont obtenu, et remercié le Ciel. « Je voudrais devenir et rester éternellement ta semeuse d’amour », disait Mère Yvonne-Aimée à Jésus. Les Sœurs Augustines de Malestroit ne doutent jamais de sa maternelle fécondité.
