Zizanie périlleuse près du gouvernail de Pierre

par Denis Lensel

mardi 23 octobre 2018

Quand un navire est pris dans une tempête, il semble contre-indiqué de hurler à son capitaine de lâcher la barre. Et encore moins de chercher à le jeter par-dessus bord. C’est ce qu’il serait utile de faire comprendre aux gens qui réclament la démission du Pape François dans la bourrasque qui secoue l’Eglise après les derniers scandales de discipline et de mœurs.

Après ces affaires de moralité, notamment de « pédophilie », qui éclatent à plusieurs niveaux, on a vu successivement des prises de position pour le moins paradoxales parmi les clercs.

D’une part, les héritiers d’un « progressisme » laxiste, ennemis de toute autorité hiérarchique dans l’Eglise et opposés à toute règle morale depuis les décennies de l’après 1968, ont soudain reproché à cor et à cris aux évêques et à toute la hiérarchie d’avoir péché… par un manque d’autorité et de vigilance en matière morale vis-à-vis de leur clergé… ou par une aveugle complicité avec les brebis galeuses. Réveil tardif de contestataires devenus censeurs et procureurs sur le tard…

D’autre part, des ténors « conservateurs » d’une tradition autoritaire se sont ligués non sans virulence contre le Saint-Père, détenteur de l’autorité suprême dans la hiérarchie ecclésiale : ils lui reprochent… un exercice solitaire du pouvoir, des propos vite jugés hétérodoxes et des complaisances arbitraires pour des responsables réputés sulfureux. Et certains vont jusqu’à réclamer son départ, sans plus attendre et sans autre forme de procès… Rébellion inattendue, en un discours devenu plus papiste que le pape…

Apparemment, çà et là, on n’en est plus à un paradoxe près, quand ce n’est pas à une contradiction près. Si près du gouvernail de la Barque de Pierre, cette zizanie est périlleuse. Certes, on peut craindre ici ou là les effets de gestes maladroits ou de paroles mal transmises, et, le cas échéant, on doit chercher à les rectifier. Mais la Foi, l’Espérance et la Charité n’impliquent-elle pas le maintien de la paix et de la loyauté dans la maison de Dieu ?

Messages

  • Qui a, le premier, joué avec le feu ?

  • Vos guillemets entourant le mot pédophilie m’interrogent plus que tout le reste de votre article.... Pourquoi mettre des guillemets ????

  • Comme déjà indiqué à plusieurs reprises dans différents forums de Fr. Cath. il y a des contributeurs qui refusent l’utilisation de termes relevant de la politique pour désigner des, comment dire, sensibilités différentes au sein de l’Eglise. Pour illustrer ce propos : il est souvent question de "traditionalistes" vs "progressistes" et vice-versa. Ce qui exclut automatiquement une frange de catholiques qui refusent d’entrer ou de se laisser entraîner - ou les deux - dans une catégorie. Denis Lensel va plus loin, apparemment, puisqu’ il stigmatise - on permettra ce verbe, merci - en qualifiant : héritiers d’un "progressisme" laxiste ennemis de toute autorité hiérarchique" d’une part et, d’autre part, ténors "conservateurs" d’une tradition autoritaire", tout ce petit monde prenant le pape François en étau pour lui reprocher (voir la liste). Cela fait beaucoup de monde pour tomber sur une seule personne qui se trouve être comme par hasard le successeur de Pierre, autrement dit celui qui met d’accord entre eux - enfin du positif - des catholiques aux postures diamétralement opposées. Dans le décor du concert de ces bruyantes contestations y aurait-il une place pour celles et ceux qui suspecteraient la présence invisible mais gourmande d’un "troisième larron" qui guette en ricanant la mise K.O. mutuelle et prévisible des "protagonistes antagonistes" d’une empoignade au but pourtant identique ? ce "troisième larron" en coulisses étant peut-être l’initiateur-supposé/bénéficiaire-attendu d’une lutte fratricide ?...

    On peut n’être pas d’accord avec le vocabulaire du pape et de prises de positions qui ne seraient pas du goût de tous et le lui dire, mais aller jusqu’à lui imposer de "dégager" et autres injonctions ne serait-ce pas donner finalement raison à ceux-là qui n’attendent que la disparition de l’Eglise catholique... Quelque part où on peut rejoindre la pensée de D. Lensel : dans les turbulences où se trouve le Peuple de Dieu, ne serait pas plus constructif pour le bien commun de s’entr’ aider à surmonter les difficultés plutôt que de perdre son temps en de vaines guerres d’avance vouées à l’échec ? Et plutôt que d’être complice même involontaire d’actions souterraines pour couler la barque de Pierre prier et construire ensemble l’Eglise dont Christ est la pierre d’angle ?

    La question reste posée...

  • @ F. Durtal
    Il y a ceux-là qui jouent avec le feu de la discorde (Denis Lensel pointe très exactement qui ils sont) et il y a ceux qui appellent à répandre le feu de l’Esprit (le pape François est de ceux-ci) ...

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