X - La porte et la tête

par le Père François de Vorges

vendredi 13 mai 2011

Berger et guide

Nous sommes tellement familiers de l’allégorie du bon pasteur, du bon berger, que nous oublions que Jésus commence par une autre allégorie, celle de la porte. C’est celle-là qui nous est proposée en ce quatrième dimanche de Pâques de l’année A. Elle nous introduit à une réflexion qui sera complétée par la réponse que Jésus fait à Philippe : « Je suis le Chemin », qui sera commentée dimanche prochain.

Dans cette allégorie, Jésus distingue le portier qui ouvre au brebis et le pasteur qui fait entrer et sortir les brebis. Comme souvent dans les textes qui le concernent, Jésus se plait à cumuler les deux rôles. Il est la porte, pour nous signifier qu’il est le point de passage obligé pour aller vers les bons pâturages, vers ces dons divins qu’il vient nous offrir par son incarnation. Il est aussi le portier car c’est lui qui nous ouvre l’entrée dans le Royaume, spécialement au moment de notre baptême. La suite de ce chapitre 10 dira qu’il est aussi le berger.

Mais on peut découvrir d’autres nuances. À l’imitation d’Ézékiel qui fustigeait les mauvais bergers, ceux qui ne cherchaient qu’à s’enrichir sur le troupeau, Jésus veut nous écarter des voleurs, de ceux qui veulent nous éloigner du but. Le baptisé se confie à lui pour échapper à ceux qui voudraient l’entraîner loin de lui.

Pour nous, baptisés, l’image de la porte a aussi son importance : nous sommes entrés dans la vie nouvelle par la porte qui est le Christ. Plus précisément, c’est lui qui nous a ouvert le chemin vers le Père. La foi du baptisé c’est de s’en remettre au Christ pour nous faire entrer dans la vraie vie, cette vie que Jésus veut nous donner en abondance.

Sans vouloir prendre le contre pied de cette allégorie, il faut remarquer que celle-ci a un petit inconvénient. En effet, dans la réalité du rôle du berger, celui-ci ne marche pas en tête, ça, c’est pour le chien ou le guide, il est derrière le troupeau, pour vérifier que toutes les brebis sont en bonne santé, qu’aucune ne boite ou ne s’égare. Celle qui s’écarte, il la rattrape avec son bâton fourchu qui s’accroche dans sa laine (origine de la crosse des évêques). Soit dit en passant, cela nous rappelle que toute allégorie a des limites et qu’il en faut plusieurs, qui se complètent pour approcher la vérité. La vérité de celle-ci est l’importance de la voix : « Elles connaissent sa voix ». C’est un élément du plus de notre vocation baptismale : Dieu nous a appelé, chacun par notre nom, ce nom nouveau dont parle plusieurs fois l’Apocalypse (2,17 ; 3,5), ce nom par lequel nous sommes irremplaçables aux yeux de Dieu, cet appel personnel que nous avons parfois du mal à entendre. Y répondre, c’est toute notre vie de baptisés.

Nous ne pouvons pourtant pas abandonner cette certitude que le Christ marche à notre tête. Le chemin vers les bons pâturages, c’est à dire vers le Père, ne se laisse pas découvrir tout seul. Par sa Parole et ses sacrements, Jésus est notre guide. Son Église, son corps dont il est la tête et le guide, est là pour nous répercuter sa voix et nous faire avancer dans la bonne direction.

Père de VORGES

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