Vous avez dit « violence catholique » ?

par Natalia Bottineau

mardi 23 août 2016

Le pape François ne cesse de penser à comment construire la paix en Syrie, quelle contribution apporter, et comment soulager les populations. C’est dans cette perspective qu’il a lancé, dans l’avion qui le ramenait de Cracovie à Rome, qu’il ne faudrait pas identifier islam et violence.

Ces paroles ont besoin d’un décryptage. Il faut rappeler ce que le Pape a vraiment dit, en le mettant en perspective, par exemple avec son affirmation, dans un message vidéo, que la paix est possible en Syrie : si islam égale violence, comment espérer la paix ?

Nous donnerons aussi des exemples de musulmans qui refusent la violence, au prix de leur vie. Même s’il n’y en avait qu’un, par respect pour lui, il ne faudrait pas identifier islam et violence. Les jeunes ont besoin qu’on leur présente une autre façon de vivre l’islam : qu’on leur présente ces exemples authentiquement héroïques, en faveur de la vie et non de la mort.

On essayera de comprendre aussi ce que le Pape a dit de la violence en terre catholique, refusant pourtant d’identifier, évidemment, violence et christianisme. Chemin faisant on essayera de comprendre des codes de lecture des propos d’un pape argentin et jésuite. C’est la première fois qu’un pape vient du sud du monde, et qu’il est fils de saint Ignace : il y a peut-être là des éléments qui déroutent.

Ce qui a été dit

Le pape François dénonce des causes profondes du terrorisme, dans son entretien avec la presse, sur le vol du retour Cracovie-Rome, dimanche 31 juillet 2016, notamment le manque de transmission de valeurs aux jeunes en Europe ou le terrorisme du « dieu argent », mais aussi le « terrorisme tribal en Afrique » et la violence en milieu catholique.

À Cracovie, samedi, 30 juillet, le pape vient de prier Dieu d’éloigner la violence et le terrorisme, et il a invoqué la paix, en l’église Saint-François où sont vénérées les reliques de deux martyrs franciscains polonais Zbigniew Strzałkowski et Michał Tomaszek, prêtres, victimes de la violence des miliciens du « Sentier lumineux » en 1995 au Pérou.

Et, dans l’avion, interrogé sur l’assassinat du père Jacques Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray (France), le 26 juillet, par deux jeunes se réclamant de Daech, le pape a refusé « d’identifier l’islam avec la violence ».

Il s’en est expliqué : « Je n’aime pas parler de violence musulmane, parce qu’en feuilletant les journaux je vois tous les jours des violences, ici, en Italie : celui qui tue sa fiancée, un autre qui tue sa belle-mère… Et ce sont des catholiques baptisés ! Ce sont des catholiques violents. Si je parlais de violence musulmane, je devrais parler de violence catholique. Tous les musulmans ne sont pas violents. (…) Il y a de tout. Il y a des violents de ces religions. »

« Une chose est vraie, ajouté le Pape, dans cet échange improvisé, je crois que dans presque toutes les religions, il y a toujours un petit groupe fondamentaliste. Fondamentaliste. Nous, nous en avons. Et quand le fondamentaliste en arrive à tuer – mais on peut tuer avec la langue, et cela c’est l’apôtre Jacques qui le dit, pas moi, et avec un couteau –, je ne crois pas que ce soit juste d’identifier l’islam avec la violence. Ce n’est pas juste et ce n’est pas vrai. »

Le Pape a évoqué son dialogue avec l’imam de l’université égyptienne de Al-Azhar qui est venu en visite au Vatican le 23 mai, et qui s’est rendu à Paris le lendemain pour déposer des fleurs et prier devant le Bataclan, un des lieux de l’attentat du 13 novembre 2015 : « Je sais ce qu’ils pensent, a confié le Pape : ils cherchent la paix, la rencontre. »

Le Pape a cité deux exemples, le premier, le récit d’un nonce : « Le nonce d’un pays africain me disait que dans la capitale où il est, il y a toujours une file de gens – c’est toujours plein – à la Porte sainte pour le Jubilé et certains viennent dans les confessionnaux, d’autres prient sur les bancs. Mais la majorité avance jusqu’à l’autel de la Vierge Marie pour prier. Ce sont des musulmans qui veulent faire le Jubilé : ce sont des frères. »

Le second exemple du Pape est tiré de sa propre expérience : « Quand je suis allé en Centrafrique, je suis allé auprès d’eux. Et l’imam est même monté dans la papamobile. On peut vivre ensemble, bien. Mais il y a des petits groupes fondamentalistes. »

Puis le pape a Posé une question de fond, dénonçant l’absence de transmission de valeurs aux jeunes en Europe : « Je me demande aussi : combien de jeunes – combien de jeunes ! – nous, Européens, nous avons laissés vides d’idéaux, qui n’ont pas de travail, et se tournent vers la drogue, vers l’alcool, et vont là-bas et s’engagent dans des groupes fondamentalistes. »

Daech fait partie de ces groupes fondamentalistes dont la violence est la « carte d’identité » ajoute le Pape : « Oui, on peut dire que le soi-disant Isis est un État islamique qui se présente comme violent, parce que quand il nous fait voir sa carte d’identité, il nous fait voir, comme sur les côtes de Libye, comment ils ont égorgé des Égyptiens ou d’autres. Mais c’est un petit groupe fondamentaliste, qui s’appelle Isis. On ne peut pas dire, je crois que ce n’est ni juste ni vrai, que l’islam soit terroriste. »
Le terrorisme, déplore le Pape « est partout » : « Pensez au terrorisme tribal de certains pays africains… »

Il dénonce aussi un autre terrorisme, celui du « dieu argent » : « Le terrorisme – je ne sais pas s’il faut le dire, parce que c’est un peu dangereux – grandit quand il n’y a pas d’autre option. Quand au centre de l’économie mondiale il y a le dieu argent et non la personne – l’homme et la femme – : c’est déjà le premier terrorisme. Tu as chassé la merveille de la Création, l’homme et la femme, et tu as placé là l’argent. Voilà le terrorisme de base, contre toute l’humanité. Réfléchissons-y. »

Agir, c’est l’urgence

Une prémisse : le pape François ne parle pas en théorie, il se situe au niveau réaliste, concret, des situations. Il ne fait pas d’affirmations théoriques sur l’islam, il se situe au niveau de l’action.
Une autre prémisse : l’action « ensemble », c’est déjà une façon de prévenir le basculement de l’autre dans la radicalisation. Les décennies de dialogue avec l’islam en cette visée : que les liens d’amitié tissés, que la connaissance et le respect mutuel développés soient des anticorps à tous les virus de violence et de division. On l’a vu lors du discours de Ratisbonne en 2006 : les réseaux de la diplomatie vaticane se sont activés immédiatement et les musulmans ont compris et ils ont arrêté leurs protestations. Le président iranien Ahmadinejad a lui-même créé la surprise en s’exprimant alors en faveur du pape Benoît.
Ce qu’avait dit Benoît XVI peut se résumer en deux affirmations simples, même si les 12 pages d’allemand étaient, pour des universitaires et niveau Bac+10. Il a d’ailleurs été prononcé un jour où le pape avait donné une homélie solide le matin et devait prononcer un discours œcuménique important le soir : préparer une analyse correcte, c’était quasi-mission impossible pour les rédactions non germanophones qui avaient le discours au dernier moment. Deux point donc : 1) la raison sans la foi s’enferme en elle-même et se condamne à ne pas pouvoir dialoguer avec la majorité de l’humanité qui est religieuse. 2) Mais la foi sans la raison, c’est la porte ouverte à tous les fondamentalismes intégristes. Et dans les deux cas, on engendre la violence.
Le dialogue a repris car foi et raison sont des alliées qui supposent le dialogue. Or justement c’est à la culture de la rencontre, à la culture du dialogue que le pape François appelle sans cesse. Deuxième prémisse. Le pape parle au niveau de l’action concrète et pour l’action ensemble.

Troisième prémisse : le Pape a pour objectif la paix et la paix partout. Ses propos veulent toujours apporter une pierre à l’édifice de la paix. Il l’a dit aussi dans son message aux médias pour la journée mondiale des communications : être artisan de miséricorde aussi dans nos paroles, y compris sur les réseaux sociaux. Une communication dans la miséricorde et en vue de la paix et du bien commun, voilà la troisième prémisse.

La paix est possible, il faut agir

Après ce préambule, un petit rappel du message du 5 juillet pour la campagne de Caritas Internationalis justement en vue de la paix en Syrie : la paix est possible dit le pape. « Je souhaite aujourd’hui vous parler d’une chose qui m’attriste le cœur : la guerre en Syrie, qui est entrée dans sa cinquième année. C’est une situation d’indicibles souffrances dont le peuple syrien est victime, contraint à survivre sous les bombes et à fuir vers d’autres pays ou zones en Syrie moins déchirées par la guerre ; ils quittent leur maison, tout… Je pense aussi aux communautés chrétiennes, à qui va tout mon soutien, à cause des discriminations qu’ils ont à subir. »

Il y dénonce le commerce des armes : « Voilà, je souhaite m’adresser à tous les fidèles et à ceux qui s’impliquent, avec Caritas, dans la construction d’une société plus juste. Alors que le peuple souffre, des quantités incroyables d’argent sont dépensées pour fournir des armes aux belligérants. Et certains des pays fournisseurs de ces armes font aussi partie de ceux qui parlent de paix. Comment peut-on croire en ceux qui, avec la main droite, vous caressent et avec la gauche, vous frappent ? »

Il invite à lutter contre toute forme de fatalisme : « J’encourage tout le monde, adultes et jeunes gens, à vivre avec enthousiasme cette Année de la Miséricorde, afin de vaincre l’indifférence et de proclamer avec force que la paix en Syrie est possible ! La paix en Syrie est possible ! Pour cela, nous sommes appelés à incarner cette Parole de Dieu : « Car je sais, moi, les desseins que je forme pour vous – oracle de Yahvé – desseins de paix et non de malheur, pour vous donner un avenir et une espérance. » (Jérémie 29 :11). »

La prière, certes, et des actions auprès des gouvernants à partir de la base pour qu’ils bougent en faveur de la paix de façon capillaire et jusqu’au niveau international – quel programme électoral inclura cet objectif et les moyens pour l’atteindre ? - : « Je vous incite donc à prier pour la paix en Syrie et pour son peuple, durant les veillées de prière, les initiatives de sensibilisation de groupes, dans les paroisses et dans les communautés, pour diffuser un message de paix, un message d’unité et d’espérance. Que la prière soit suivie des œuvres de paix. Je vous invite à vous adresser à ceux qui sont impliqués dans les négociations de paix, afin qu’ils prennent ces accords au sérieux et s’engagent à faciliter l’accès à l’aide humanitaire. Tous, nous devons reconnaître qu’il n’y a pas de solution militaire en Syrie ; il n’y a qu’une solution politique. La communauté internationale doit donc soutenir les pourparlers de paix, en direction de la construction d’un gouvernement d’unité nationale. Unissons nos forces, à tous les niveaux, pour rendre la paix possible dans notre bien-aimée Syrie. Ce serait là un exemple grandiose de miséricorde et d’amour vécu pour le bien de toute la communauté internationale ! Que le Seigneur vous bénisse et que sa Sainte-Mère vous protège. »

Les conséquences du conflit syrien ou irakien sont évidentes en Europe : la paix est urgente pour tous, et pour ces populations d’abord. Et face aux familles contraintes d’abandonner la Syrie sous la pression des bombardements, des familles qui ont tout perdu, le pape ne fait pas acception de personne : lorsqu’il va à Lesbos il fait venir en Italie des familles avec des enfants. On lui a reproché que ce n’étaient pas des chrétiens. C’est faire un procès d’intention. Sont reparties dans l’avion du pape des familles dont les papiers étaient en règle ! Lorsqu’il fait de nouveau venir des familles quelques semaines plus tard, même raison : des enfants, et des papiers en règles, tous ne sont pas chrétiens, et parmi les chrétiens, tous ne sont pas catholiques. Lorsque le pape met en pratique Matthieu 25, qu’il donne de quoi manger et de quoi se vêtir, il ne demande pas la religion ni des parents ni des enfants. Il met en œuvre la parole du Christ. Le Pape sait que cinq ans de guerre ont détruit la vie de ces personnes et qu’il faut tout faire pour en arracher le plus possible à l’enfer des camps, il donne l’exemple. Une limite mise à la violence par la miséricorde.

Les familles musulmanes qui ont refusé l’allégeance à Daech sont déjà pour le Pape une bonne raison de ne pas identifier islam et violence : les musulmans non violents ont payé de leur vie le refus d’allégeance. Des adolescents musulmans ont été crucifiés par Daech en Syrie.

Des refus héroïques de la violence

Il y a d’autres exemples de ce refus héroïque de la violence terroriste. Je voudrais citer deux cas, tout d’abord le jeune Faraaz Hossain, de 20 ans, à Dacca, au Bengladesh, lors de la prise d’otage qui a fait 20 morts dont 9 Italiens et 7 Japonais, le 1er juillet. Faraaz Hossain aussi a été pris en otage avec deux amies, Abinta Kabir, des États-Unis, 19 ans, étudiante à l’université Emory, musulmane, originaire du Bangladesh, mais parlant mal la langue de sa mère, et Tarishi Jain, Indienne, étudiante à Berkeley, 18 ans. Etant musulman et étant capable de citer le Coran dans leur langue (Abinta non), il aurait pu se sauver, les preneurs d’otages lui ont dit de partir : il n’a pas voulu sans elles. Des survivants musulmans, libérés, ont témoigné de ce qui s’est passé. Il est mort avec elle, tenant jusqu’au bout de la nuit de les protéger. La noblesse de ce refus de la violence, vécu au prix de sa vie vaudrait à elle seule qu’on n’identifie pas islam et violence. Imtiaz Khan Baboul, père de l’un des terroristes, disant sa honte, et sous le choc, a demandé pardon aux familles en deuil : lui aussi refuse et condamne cette violence.

À illustrer cette volonté, s’il fallait en citer un en France, le peintre Moubine, musulman, qui a brossé un portrait du père Jacques Hamel et l’a offert à la cathédrale de Rouen qui l’expose en permanence.

Autre exemple de ces musulmans qui refusent la violence terroriste, le cas de ce médecin palestinien qui voit une voiture faire des tonneaux sur la route de Hébron à Jérusalem : c’est la voiture d’un rabbin d’une implantation israélienne, le rabbin Michael Mark. Des terroristes viennent de tirer à l’arme automatique. Le rabbin est mort, mais sa femme et deux de leurs dix enfants sont dans la voiture, blessés. Le médecin palestinien allait prier à Jérusalem à la mosquée Al Aqsa sur l’esplanade du temple, avec son frère. Il s’arrête, un autre Palestinien et sa femme se sont arrêtés. Ils ont déjà mis les enfants à l’abri dans leur voiture : les terroristes auraient pu revenir et les tuer ou les enlever. Le médecin les soigne et puis s’occupe de la maman très gravement blessée. Des soldats israéliens arrivent. Il leur crie d’appeler une ambulance israélienne. La maman sera sauvée. Le médecin perdra son travail pour avoir secouru des juifs. Le Palestinien qui avait apporté les premiers secours aussi.

Le Dr Ali Abou Shareh sait qu’il a fait son devoir de médecin. Il a refusé la logique des terroristes qui n’hésitent pas à tirer sur une voiture où voyage une famille. « Mon boulot c’est de sauver les gens parce que ce sont des gens, des êtres humains », dit-il. Il a été limogé pour avoir refusé la violence terroriste.
Pour le geste de ce médecin comme pour le geste de Faraaz Hossain on ne peut identifier tout l’islam avec la violence : au cœur de l’islam, des hommes et des femmes refusent la violence, y compris au prix de leur vie. Les jeunes musulmans ont besoin de ces exemples qui leur montrent un autre chemin, un autre visage que celui de l’islam terroriste.

En Irak, en 2014 , l’Organisation pour la coopération islamique a condamné les violences contre les chrétiens comme un crime qui ne peut pas être toléré.
Lorsque le grand imam Ahmed el-Tayeb d’Al-Azhar, du Caire, la plus grande autorité sunnite, vient rencontrer le pape François, le 23 mai, dans une volonté de dialogue d’autant plus forte qu’il avait été interrompu, il n’arrête pas là son voyage. Il se rend le lendemain à Paris, et, devant le Bataclan, dépose des fleurs, se recueille et prononce une prière condamnant le terrorisme. Quel journal télévisé français en a parlé ? Les jeunes musulmans ont besoin de voir ces gestes. Et tout le monde aussi.

La violence en terre traditionnellement catholique

Mais le Pape fait couler de l’encre aussi parce qu’il dit que si l’on parle de violence musulmane, alors il faudrait aussi parler de violence catholique… Justement, ce qu’il refuse.

Rappelons le contexte. Des faits divers tragiques tout d’abord. La même semaine un Italien avait brûlé vive sa compagne et un autre avait tué sa femme de 12 coups de couteau : on estime qu’en Italie 7 millions de femmes sont victimes de violences. Au point que le terme « féminicide » (« femminicidio », meurtre d’une femme) est entré dans le vocabulaire courant des informations : 76 femmes tuées de janvier à début août, en 2016. Toutes ne meurent pas mais elles porteront toujours les séquelles visibles ou invisibles de l’agression. On dénombre 157 cas d’assassinat de femmes par un mari, un compagnon, un proche, en Italie en 2012, 179 en 2013, 136 en 2014, 128 en 2015. Les chiffres diminuent, des mesures sont prises, mais ils restent accablants.

En terre catholique aussi les assassinats de femmes au Mexique ou les populations terrorisées au Honduras, après 50 massacres, 200 morts, selon l’UNHCR, des milliers en fuite. L’Amérique latine, espérance de l’Église catholique, se révèle violente. On tue, on viole, des petites filles. Le pape latino-américain a cela en tête. Il va falloir se souvenir que le Pape n’est plus Européen et que lorsqu’il parle il a une autre réalité et une autre expérience à l’esprit que la France ou l’Europe occidentale. De même que, lorsqu’il parle de la « saleté » dans l’Église, le Vendredi Saint 2005 au Colisée, le cardinal Joseph Ratzinger ne vise pas les purs, mais l’examen de conscience et le repentir, la conversion là où cette « saleté » existe. Pourtant beaucoup se sont rebellés comme si le futur pape accusait l’Église, comme si dénoncer le mal en son sein allait l’affaiblir. On a vu au contraire que son action en tant que pape – tolérance zéro pour les cas de pédophilie – assure à l’Église des forces nouvelles et une estime nouvelle. Le pape François poursuit sur le chemin indiqué par son prédécesseur : la pédophilie est une violence inacceptable et intolérable, de la part de prêtres ou de religieux encore plus. Des évêques ont été démis de leur charge pour n’avoir pas su réagir adéquatement à cette violence. Le pape François, comme le pape Benoît, a en mémoire les témoignages des victimes qu’il a reçues, écoutées, réconfortées.

Dans l’histoire récente, les tortionnaires de la dictature argentine allaient à la messe et le Pape les a vus : faudrait-il parler de violence catholique ? Ou de violence chrétienne en remontant encore jusqu’aux horreurs des siècles passés ? Les nations soi-disant chrétiennes d’Occident ont entraîné le monde dans deux guerres mondiales : faut-il parler de violence chrétienne ? Plus près de nous le Pape a dénoncé la guerre entre Russie et Ukraine – des milliers de morts – comme une guerre fratricide entre chrétiens.

Et certes, il déplore aussi d’autres violences : la violence des économies qui écrasent les petits, avec ces 12 000 suicides d’agriculteurs indiens endettés, entre 2012 et 2014… Le commerce des armes… Il fait observer le tragique paradoxe : l’aide alimentaire pour les populations mourant de faim se heurte à un mur de bureaucratie douanière tandis que les armes passent sans souci d’un continent à l’autre.

Voilà quelques exemples qui expliquent, dans le concret - encore une fois le πape ne se situe jamais dans l’abstrait - pourquoi il serait faux d’identifier l’islam et la violence. Sinon, en terme de violence, les terres catholiques ne sont pas en reste ni hier, ni aujourd’hui.

Le Pape ne se prononce pas sur l’essence de l’islam ou l’essence du christianisme, il déplore seulement que la violence soit aussi présente au cœur des nations soi-disant chrétiennes, baptisées…

Or, si l’on identifie quelqu’un ou une catégorie avec le mal, alors le dialogue devient impossible : et seul le dialogue peut ramener la paix et la coopération en vue du bien commun. Si au contraire, la porte reste ouverte, la connaissance mutuelle et le respect peuvent créer des liens capables d’empêcher le basculement dans la violence.

Lorsqu’on parle de l’Église catholique, ici, en France, on a à l’esprit d’admirables engagements et les chrétiens d’Orient, martyrs. On a en tête les mouvements de renouveau catholique extraordinaires que l’Église a vécus depuis un siècle, porté par des grands mystiques comme Marthe Robin ou le père Marie-Eugène, les grandes apparitions de Marie aux XIXe et XXe s., l’engagement du catholicisme social… C’est très particulier. La France a été comme miséricordieusement protégée. La réaction à l’assassinat du père Hamel a été exemplaire.

Or, quand le pape Parle de l’Église, il a sous les yeux, comme le cardinal Ratzinger en 2005, la situation dans le monde entier, pas seulement la « Fille aînée ». Lorsqu’il évoque la violence en terre catholique, c’est d’ailleurs pour dire : le fait qu’il y a de la violence dans l’Église devrais-je parler de violence catholique ? Certes, non !

On peut contester le fait que tel meurtrier ne soit authentiquement « catholique » même si en terre catholique, baptisé et confirmé, marié à l’église. Mais beaucoup de musulmans contestent aussi que les égorgeurs au Nom de Dieu soient de vrais musulmans. Certains diagnostiquent : ce sont « les nazis de l’islam ».

Le Pape ne se situe pas au niveau abstrait de savoir d’où vient la violence (idéologique ou pulsionnelle…) : il y a dans tous les cas la patte de celui qui est « homicide dès le commencement » et il la condamne également quelle que soit son origine, et il invite l’Église à ne pas se croire dispensée en son sein de ce combat contre la violence. Mais il dit bien qu’il refuse de parler de « violence catholique » sous prétexte qu’il y aurait des violents parmi les catholiques. Ce qu’il vise c’est l’examen de conscience et la conversion des violents. Car c’est possible : d’anciens terroristes ont bénéficié de manifestations du Christ qui les ont fait renoncer à la violence.

À l’angélus du 14 août le Pape a dénoncé l’esclavage dont les femmes sont l’objet : notamment l’esclavage de la prostitution. Là encore il sait que des catholiques sont parmi les « clients » qui entretiennent le cercle de l’esclavage.
Dans la très catholique Irlande, la révélation de l’ampleur de la pédophilie – violence s’il en est – fut un séisme, comme en témoigne la lettre de Benoît XVI aux catholiques d’Irlande.

L’examen de conscience, en marche vers Assise
Enfin, c’est le point, quand les papes dénoncent, c’est d’abord en vue d’un examen de conscience, d’un repentir, d’une conversion, un renoncement à ce qui est contraire à l’Évangile : qui est sans faute doit être bien tranquille et ne pas se sentir accusé, mais prier pour le pape qui ose dénoncer et pour que la parole soit efficace.

Quand François met en garde la curie romaine contre les « maladies de l’âme » dont il fait une liste dans la plus grande tradition spirituelle (Évagre le Pontique…), il n’accuse pas tous dans la Curie d’avoir tous ces maux, il leur propose cette grille en vue de s’examiner et il signale les dangers inhérents à ce service.

C’est une clef de la spiritualité des jésuites que l’examen de conscience, pratiqué chaque jour. Qui s’examine et est trouvé sans faute sur les points sur lesquels il s’examine, est sans faute ! Deo gratias. Mais il faut s’examiner. En quelque sorte, le Pape allume un voyant : « attention danger spirituel sérieux ». Le rapport à la violence sous ses différentes formes en est un. Il renvoie chacun à sa conscience en vue d’une progression dans l’amour. Il ne veut pas qu’on s’arrête de progresser. Qu’on soit assis et satisfaits de soi. Il ne s’arrête pas aux batailles gagnées, il regarde le prochain objectif, il continue sa marche sans s’arrêter. Comprendre que pour la première fois dans l’histoire de l’Église un jésuite guide la barque de Pierre et reconnaître qu’on ne sait pas ce que cela signifie, est important pour apprendre à comprendre. C’est une nouveauté. Connaître saint Ignace de Loyola et l’histoire de la Compagnie de Jésus ou même faire une fois, même brièvement, les Exercices spirituels de saint Ignace pourrait être très éclairant sur comment le Pape « fonctionne » de l’intérieur. Pour fortifier la communion avec Pierre, la confiance en Pierre, sur qui l’Église repose, « le doux Christ en terre », disait un docteur, Catherine de Sienne.

Le Saint-Père part le 20 septembre à Assise, prolonger sa prière de Cracovie à l’église Saint-François, avec des représentants d’autres religions et des non-croyants qui ont à la paix à cœur, et pour marquer ainsi le 30e anniversaire de l’initiative de saint Jean-Paul II, à l’école du Poverello, et dans le sillage de Benoît XVI : « Je vous en prie, n’oubliez pas de prier pour moi », a-t-il demandé aux jeunes de la JMJ.

Pour aller plus loin :

Messages

  • "On a beaucoup parlé dans les médias de la revue anglophone de l’Etat islamique, Dabiq, dont le dernier numéro en cours appelle à « briser la croix » (Break the Cross). A ce slogan de une répond un contenu fortement structuré, proclamant une haine assumée du christianisme ou plutôt du « paganisme chrétien ». Tout aussi nettement, la revue dit son rejet d’un islam rendu compatible avec la « démocratie » et la coexistence pacifique avec l’Occident et son apostasie, ses religions « polythéistes », son laïcisme, ses principes de tolérance. Il y a bien une tentative de restructuration de l’islam, vidé de son contenu, que les hommes du califat abhorrent tout autant que la décadence de l’Occident, amplement dénoncée dans les colonnes de Dabiq. "

    http://reinformation.tv/dabiq-revue-etat-islamique-restructuration-islam-chretiens-dolhein-58768-2/

    • A noter que la revue "Dabiq" (du nom de la ville de Syrie) qui circule sur internet peut être parfaitement qualifiée d’outil de propagande intense. Il n’est pas interdit, mais bien au contraire, d’être bien renseigné sur ce site et d’en étudier le contenu.

      Cela dit, avant de se jeter sur ladite revue Dabiq, il serait peut-être utile de lire attentivement l’article ci-dessus de Natalia Bottineau. S’il pèche, semble-t-il, par sa longueur, ce billet est intéressant à plus d’un titre, ne serait-ce que pour mieux cerner la pensée du pape François à travers ses expressions verbales et certaines de ses actions.

      Si le pape déconcerte souvent, il me parait nécessaire, avant que de ne voir chez lui que des défauts et lui attribuer tous les torts, d’aller plus avant dans sa manière d’utiliser les mots et d’agir. C’est alors que la critique, en dépassant le stade de l’instantané, de l’émotion et des états d’âme, devient crédible et constructive. Il serait également utile de ne pas perdre de vue le fait que le successeur de Pierre, en dépit de son titre et de sa fonction, reste un homme avec ce que cela implique de manques et de limites.

      Sur un autre plan, traiter François de "pape argentin" - j’écris "traiter" car, parler ainsi de son origine n’est pas du tout loin de représenter une sorte de racisme - est une attaque que, personnellement, je rejette avec force. Etant habitué à ne voir que des Européens à la plus haute responsabilité de l’Eglise catholique, il semble que la majorité de catholiques d’occident a du mal à réaliser que, tout de même, les pays sud-américains, avec et magré tous leurs problèmes, représentent un poids non négligeable. Et si, comme je l’ai souvent lu, ici et là, on considère que son origine explique son "incapacité" à cerner l’âme européenne et son ignorance de la civilisation et des réalités de cette partie du monde et d’autres, je le regrette mais on aurait tout le droit de penser la même chose de bien de ses détracteurs concernant l’Amérique du Sud et d’autres région du monde.

      Il m’en souvient avoir, il y a longtemps, écrit ici même, que parfois des mots de François résonnaient en moi comme des claques, en précisant ma pensée que, loin de me laisser indifférent, son style, sa façon de dire les choses, me réveillaient. Rien n’a changé à ce stade, sauf une meilleure approche de la pensée du Saint Père. Aussi, mes lignes se veulent une tentative de proposition d’aller plus avant dans la compréhension du successeur de Pierre, incluant le fait que toute critique honnête et respectueuse émise à son endroit serait la bienvenue.

      A titre personnel et sous toutes réserves.

      MERCI.

    • Le pape François réveille les consciences des catholiques occidentaux endormis.

  • Cet article est édifiant et l’analyse remarquable.
    Oui nous devons faire notre examen de conscience par rapport à la violence. Chaque personne est concernée. Mais aujourd’hui, il est mal venu de faire apparaître au même niveau des violences domestiques et des violences idéologiques profondément anti-humaines. Partout dans le monde avance cette idéologie salafiste qui ne met pas tous les humains sur le même pied. Cette Idéologie est portée même par des personnes à la réputation exemplaire selon l’article. Vouloir la paix à tout prix, parfois avec un brin de mépris de nous-même, est-ce bien raisonnable ?

  • Merci au Saint Père, le Pape François, de nous donner des éléments de discernement dans cette période troublée. Que nous comprenions et adhérions tout de suite à sa pensée ou que du temps nous soit nécessaire, nous devons lui être d’une fidélité sans faille. Le Christ n’a-t-il pas lui-même dérouté ses apôtres à plusieurs reprises ?

  • Je lis dans cet article : "la violence chrétienne en remontant jusqu’aux horreurs des siècles passés. Les nations soi-disant chrétiennes d’Occident ont entraîné le monde dans les guerres mondiales" Je cherche à justifier ces propos" ont entraîné" . Evidemment Staline était un ancien séminariste et Von Papen un ancien catholique , c’est pourquoi sans doute, il y eut des millions de morts , d’évêques, de prêtres, de religieuses dans les camps de concentration de Sibérie ou d’Allemagne, c’est pourquoi les Français étaient si contents que Daladier et Chamberlain soient allés à Munich
    Lorsque je vois des enfants de chœur je pense à Landru enfant de choeur jusqu’à un âge avancé et ne me demande pas combien ils brûleront de femmes
    Les chrétiens ont surtout besoin de discernement pour ne pas se faire avoir : distinguer un régime totalitaire d’une dictature ou une démocratie d’une république à tendance dictatoriale par exemples
    Voir tant de jeunes aux JMJ voilà qui est tout de même réconfortant !

    • Comme si on n’avait pas eu le droit de vote et comme si on n’était pas responsable...

      Comme si les nazis et leurs suppôts qui mettaient les juifs dans les fours crématoires n’étaient pas baptisés : nous on dit : c’était pas des vrais chrétiens...

      Oui, ben un baptisé, pour un juif, c’est un chrétien... Pou un musulman aussi et c’est pour eux un motif de scandale...

      Les cathos n’étaient pas que parmi les victimes... Il n’y avait pas que des Maximilien Kolbe.

      Natalia

    • Il manque toutefois quelque chose d’essentiel dans votre raisonnement : lorsque des chrétiens font le mal ils ne peuvent touver de justification dans l’Evangile. En revanche, l’assassinat des "infidèles" peut trouver sa justification dans le Coran.................
      et je vous invite à lire sur ce sujet, non de dangereux extrêmistes, mais des gens savants et équilibrés comme Rémi Brague et le P Samir Khalil Samir ou Marc Sauvaget, responsable de l’AED....

    • Natalia Bottineau fait ressortir le souci du pape de dénoncer parmi guerres et violences, celles "du dieu argent". Ailleurs, cela aura suffi pour le qualifier "de gauche" et de "communiste". Le terrorisme du "dieu argent" serait-il une chimère ?

      Livres d’Histoire et media actuels citent "guerres civiles" et "guerres de religions". "L’instauration de la démocratie" est invoquée et les assassinats multipliés pour "débarrasser les peuples de dictateurs pourris". Gorbatchev disait hier aux Américains "vous voulez apporter la démocratie comme on livre du café instantané". Quand on a dénoncé hier la politique de l’URSS en quoi serait-il sacrilège de dénoncer aujourd’hui celle des USA et consorts. A qui ferait-on croire que l’horreur du début du XXI s. c’est pour seulement déboulonner Bachar El Assad. Le pape ne dénonce personne, il stigmatise "le dieu argent", la vente d’armes et de drogues.

      L"islamisme" de Daech ou EI, serait-elle la "religion-opium" moderne ? Car il s’agit bien de bandes organisées, avec bannière et coran, qui endoctrinent, forment et arment des êtres humains en en faisant des criminels. Les "enfants-soldats" surgisssent et sous ce qualificatif des meurtriers mineurs. Les guerres changent de forme. Après les militaires au front, les avions ont largué des bombes sur des villes, les troupes d’occupation asservissent des peuples. Les guerres urbaines sont apparues, des photos de Serbie et de Bosnie "montrent" la ville de Daraya, Syrie, et des images d’archives de Beyrouth démoli et population en fuite "montrent" des victimes de la guerre de religion au Sud-Soudan". Le Sud-Soudant dont les habitants sont des Africains Noirs... et le sous-sol farci d’uranium.

      Le pape François ne plait pas à tout le monde. Serait-ce, par ailleurs, son objectif ? On a le droit de contester ce qu’il dit, et les arguments solides sont les bienvenus. Quand il stigmatise "le dieu argent" on dirait qu’il n’y a pas bousculade pour lui donner raison. Comment comprendre sa logique si ce n’est à travers des media sérieux. Gardant en mémoire qu’il vient après un Benoit XVI, lui-même arrivé après un Jean-Paul II lui-même élu après un Jean-Paul I. Les époques changent elles aussi...

      MERCI.

    • Pourrait-on savoir à quelle date Marc Sauvaget aurait rejoint l’équipe de l’AED ?

      MERCI.

    • Marc Sauvaget est directeur de l’AED depuis 2005 : son expérience et sa connaissance du terrain au moyen orient donnent un certain poids à ses propos !

      j’observe que vous ne répondez pas sur le fond à la question qui mériterait une réponse : "toutes les religions veulent elles la paix ?" et quelle paix ? Je vous serais reconnaissant pour la clarté des débats d’indiquer votre appréciation à propos de l’Islam.
      Enfin, je vous invite, si comme moi vous habitez à proximité d’une mosquée contrôlée par les frères musulmans, à aller écouter les conférences ouvertes au public.......

    • Vous confondez Marc SAUVAGET avec Marc FROMAGER.

    • Merci pour le complément d’information demandé sur Monsieur Marc Sauvaget, précision que je n’avais pas réussi à trouver ailleurs.

      Pour le reste, êtes-vous sûr de vous adresser à la bonne personne sur la question de la paix ? Parce que je ne m’y vois pas concerné sur ce forum, sauf erreur.

      MERCI.

    • cf. : 28 août 14:47

      @ Roland

      Merci infiniment, ça m’enlève, comme on dit, une épine du pied. Il m’était apparu qu’il y avait petite distraction, mais pour ne pas avoir l’air de corriger l’erreur, s’y suis allé une 2e fois comme en marchant sur des oeufs, d’autant que le ton avait paru comme un peu énervé.

      Pour en revenir à Marc Fromager, et puisque l’occasion en est fournie, comment ne pas lui dire ici reconnaissance, ainsi qu’à toute l’équipe d’AED, pour ce qui est entrepris avec dévouement et conscience en venant en aide à la terrible misère qui s’est abattue sur tant de malheureux. D’autant que je connais le directeur de l’AED aussi par de bons amis sur place en contact avec lui et qui le rencontrent lors de ses déplacements.

      MERCI.

  • Je suis vraiment désolé mais ce n’est pas cet article alambiqué pour ne pas dire jésuite dans le mauvais sens du mot qui me fera changer d’avis : les propos du pape ont tendance à entretenir et amplifier la confusion sur l’islam parmi les catholiques et cet article en est une manifestation éloquente.

    On ne peut absolument pas mettre sur le même plan les musulmans pris en tant que personnes et l’islam pris en tant que religion-civilisation pour affirmer que le véritable islam n’est pas violent. Car le comportement collectif des musulmans en communauté organisée (oumma) n’a rien à voir avec le comportement d’un musulman face à un non-musulman a fortiori dans une société non islamique. Rien à voir.

    En revanche, ce que le pape veut certainement dire, c’est qu’une religion qui prône la soumission de l’homme à son Créateur ne peut pas être une religion qui prône la violence. Mais il faut alors déduire que l’islam prône la soumission à quelque chose d’autre que le Dieu des chrétiens...Et l’on se garde bien de le dire en haut lieu catholique pour ne pas avoir sur la conscience l’égorgement de chrétiens qu’une telle prise de position ne manquerait pas de provoquer...

    Pour clarifier ce qui est si confus dans cet article, je renvoie notamment à l’exposé de Mme Marie-Thérère Urvoy intitulé "Entretien sur l’islam". Mme Urvoy s’exprime sans langue de bois ni non plus langue de buis, ce qui tranche avec le discours de nombreux clercs catholiques sur le sujet. Et on peut dire que celle-ci connait un peu mieux le sujet que notre pape argentin. Chacun sa spécialité...

    On ne peut absolument pas faire des équivalences entre les actes de violence dont des personnes chrétiennes peuvent se rendre coupables et la violence en tant que prescription d’une religion. Le Christ ne prescrit aucune violence, l’Islam, si.

    Je le dis une nouvelle fois : l’islam inflige une double souffrance, la souffrance de voir tant d’hommes se vouer à une religion qui, pour nous chrétiens, ne peut pas être regardée comme inspirée par l’Esprit Saint mais aussi la souffrance de voir les chrétiens se fourvoyer dans des fausses directions ou pire, se diviser à propos de l’islam. J’en ai entendu des bêtises sur le sujet...Et que le pape ne contribue pas à dissiper les confusions rajoute à cette seconde souffrance. Mieux vaudrait qu’il parle moins sur le sujet...

    Il va falloir que l’Eglise romaine fasse un très sérieux effort pour apurer sa théologie de l’islam qui laisse fortement à désirer.

    Nostra Aetate est notoirement insuffisant. Et pour ce que j’ai pu connaître de la théologie pratiquée dans les cercles catholiques en milieu islamique (au Maroc où j’ai vécu, ça "déjantait" pas mal chez les "spécialistes" du sujet qui, au moins pour l’un d’entre eux, dérivait vers la relativité des voies du salut...), je suis loin d’être convaincu qu’on soit tellement plus avancé.

    • Liberté totale est donnée de n’être pas d’accord avec le contenu d’un article ou autre, mais qualifier ce billet de "jésuite dans le mauvais sens du terme" est une insulte intolérable et je ne la tolère pas. L’article en question a vocation à donner un point de vue en informant et non à faire changer d’avis qui que ce soit. Chacun est responsable de ce qu’il pense. Je rejette en bloc l’arrogance et l’injustice qui viennent de porter gravement atteinte à l’honnêteté intellectuelle de
      Natalia Bottineau.

      D’autre part il n’est pas loin le temps où, défendant bec et ongles le pape François, on écrivait ici même, à peu près ceci : que ce n’est pas le pape qui dérange c’est notre incapacité à le comprendre qui pose problème. Aujourd’hui François est accusé par le même "on" de "tenir des propos qui ont tendance à entretenir et à amplifier la confusion parmi les catholiques". Il faut quand même savoir ce que qu’on dit. Ce n’est pas, lui, François qui a changé de registre. C’est "on" qui, une fois de plus, vient de retourner sa veste.

      Il y en a qui, apparemment, bénéficient de la grâce exclusive de lire dans la pensée du pape, et ils avancent que "ce qu’il veut certainement dire c’est...". On n’est pas jaloux de ce charisme, on ne va donc pas perdre son temps à ergoter là-dessus. Mais tout de même : quel pot !

      Marie-Thérèse Urvoy écrit et parle en tant qu’experte en islamologie (parmi tant d’autres titres), et il en est de même du Père Samir Khalil Samir, jésuite égyptien, et d’autres. Sauf que leurs propos ne font pas courir le risque grave de provoquer un quelconque malentendu ou des problèmes à l’échelle planétaire (*). Le pape, lui, parle en tant que pasteur, successeur de Pierre et il est aussi chef d’Etat. Son titre et son rôle sont spécifiques et lui interdisent le moindre faux pas risquant d’être perçu ou interprété comme de l’huile jetée sur le feu. D’ailleurs on lit très bien sans binocles : "Chacun sa spécialité". Eh bien, alors ? Désolé, mais il faut quand même savoir de quoi de quoi on parle.

      Profitant de ces lignes sur François, je dénonce très vivement une fois de plus le terme "notre pape argentin" parce qu’ici il n’est qu’une fort indigente provocation, comme pour ne pas changer, à ce que j’écrivais plus haut et que je répète : "parler ainsi de son origine (du pape) n’est pas du tout loin de représenter une sorte de racisme - et une attaque que, personnellement je rejette avec force". Ici, je suis tout à fait dans mon droit quand je traite de raciste, je répète, je traite de raciste quiconque utilise une fois de plus le terme "argentin" pour qualifier le pape François.

      M’étant déjà exprimé sur la "violence", inutile d’y revenir. Mais quand je lis "on ne peut pas faire des équivalence entre..." et plus loin "Le Christ ne prescrit aucune violence, l’Islam, si" je me pose la très sérieuse question : comment peut-on comparer ce que le Christ qui est Dieu dit ou fait ou ne dit pas et ne fait pas avec le contenu d’un livre ?
      C’est quoi cette théologie de la fumisterie appliquée ? !

      Pour ce qui est des "bêtises entendues...", il y en a des tas, mais encore bien plus consignées dans les fichiers des différents forums de FC... S’il ne s’agissait que de bêtises... Il n’y a pas que les "grands esprits" qui aient souffert de bêtises entendues. Il y a des lecteurs des forums de FC qui en ont lu et sont repus de "grandes oeuvres" !

      Mais comment quitter ces lieux inhospitaliers sans souligner un fait tout à fait inédit : v’la-t-pas que c’est au tour de l’Eglise romaine d’en prendre, vlan ! pour son grade ! C’est pas que ça fasse plaisir, on n’est pas cynique ni méchant ni rancunier, mais après l’Eglise orthodoxe russe, l’Eglise melkite, l’Eglise maronite, bref, cueillies par grappes entières, toutes les Eglises orientales et arabes confondues, on constate le fait patent que l’Eglise romaine n’a, finalement, rien à envier à ses pauvres filles inférieures et égarées.

      Le glaive du Daech occidental vient de tomber sur le cou de l’Eglise romaine catholique et apostolique. Priez pour Elle.

      MERCI.

      PS

      (*) "... Mais alors il faut déduire que l’islam prône la soumission à quelque chose d’autre que le Dieu des chrétiens... Et l’on se garde bien de le dire en haut lieu catholique pour ne pas avoir sur la conscience l’égorgement de chrétiens qu’une telle prise de position ne manquerait pas de provoquer..." fin de citation, cf. : 26 août 22:15.

      On peut noter ce qu’il y a de tordu et de cynique dans ce passage. En effet, on admet donc que le pape ne peut se permettre la plus petite allusion sans mettre en péril la vie de chrétiens. Et on le lui reproche !
      Les milliers de victimes ne suffisent pas aux bourreaux invisibles, ceux-ci qui, non seulement n’ont jamais eu un seul mot de compassion pour les victimes de cette guerre qui pue le pétrole, mais qui au plus fort des persécutions sont tombés - et continuent - sur les chrétiens qui acceptent la dhimmitude et qui ressemblent aux musulmans. Faut-il à ces gens encore plus de sang, plus de malheurs, plus de supplices ?

      La contradiction dans les propos n’a de plus évident que la haine qui suinte au bout de chaque mot, de chaque phrase, de chaque expression
      de ces pharisiens qui ne font que clamer haut et fort leur christianisme.
      On aimerait leur dire qu’à leur religion on préfèrerait mille fois l’islam, les abandonnant à leur "wahhabisme chrétien" encore plus virulent et dangereux que le plus violent des islamismes.

      Islamistes chrétiens-catholiques-romains, ave !

    • PS

      Suite à mon billet posté tôt ce matin dont le 2ème paragraphe se réfère à la phrase du défenseur acharné, à l’époque, du pape François, voir si on veut le message du 22 mai 09:33 caché sous la signature d’un Romain 46 où le dernier para contient : "Ce ne donc pas les paroles et les actes de ce Pape qui divisent mais notre propre incapacité à comprendre l’actualité de l’Evangile." suit la comparaison avec le Christ Lui-même.

      Il s’agit d’un débat initié par un article paru dans The Catholic Thing "Amoris Laetitia - De belles paroles émouvantes mais qui divisent" du 21 mai au 30 mai 2016. Epoque épique qui, elle, a vu pousser des fleurons du genre pour voler à la rescousse du successeur de Pierre. On pourra, si l’on veut, s’en abreuver à satiété. Les ingrédients des multiples prises de position en faveur du pape s’y trouvent. Les écrits parlent d’eux-mêmes.

    • Encore une mise au point nécessaire.

      Lorsque je mentionne le "pape argentin", il ne s’agit évidemment pas d’une agression verbale.

      Je veux dire par là que le pape ne peut absolument pas apprécier la question de l’islam en Europe et singulièrement en France à l’aune de son expérience en Argentine qui est complètement excentrée par rapport à notre problème...pas plus qu’il n’est en mesure d’apprécier la crise européenne uniquement à partir de son expérience culturelle d’argentin issu de l’immigration italienne.

      Il en résulte que le pape est dépendant des éléments de langage élaborés par ses services. Et ces éléments, s’agissant de l’islam, peuvent être critiqués.

      Je pense d’ailleurs que le Pape Benoît XVI, en intellectuel de haute volée qu’il a toujours été, a quant à lui visé juste sur l’islam dans son discours de Ratisbonne...et c’est bien pour ça que le diable s’est mis à s’agiter furieusement dans le bénitier.

      Une fois de plus, je m’élève contre ceux, toujours les mêmes, qui veulent censurer la liberté d’expression sur ce forum ou pire, ceux qui voudraient que nous nous imposions une auto-censure...

    • Excellente explication : "...le pape ne peut absolument pas apprécier la question de l’islam en Europe et singulièrement en France à l’aune de son expérience en Argentine qui est complètement excentrée par rapport à notre problème...pas plus qu’il n’est en mesure d’apprécier la crise européenne uniquement à partir de son expérience culturelle d’argentin issu de l’immigration italienne. Il en résulte que le pape est dépendant des éléments...." bla-bla-bla...

      Pauvre type, franchement... Qui ? le pape ? Non, l’autre...

      1) Sur cette base il devient urgentissime de faire élire plusieurs papes, à la carte, un pape européen donc en mesure d’apprécier la crise européenne, un autre Français seul capable d’apprécier la question
      de l’islam singulièrement en France, un troisième Anglais seul en mesure de comprendre l’âme Britannique, etc, etc, etc....

      2) Si François, natif d’Argentine, donc handicapé par cette culture n’est pas en mesure etc...etc... de quelle autorité un bordelais peut surgir du fond de son trou pour inonder les forums de FC de ses logorrhées sans fond sur l’islam en Orient, les chrétiens orientaux, les orthodoxes russes, etc...etc...

      "mise au point" ou "mise au pilori" de l’auteur par lui-même ?...

      Pour ce qui est de la sempiternelle rengaine de "ceux qui veulent censurer la liberté..." on connait par coeur et depuis des lustres.
      Et il serait grand temps d’arrêter la farce.

      "Un mensonge éveille les soupçons, deux le confirment". D. Kennedy.

      MERCI.

    • Merci pour votre réaction que je partage totalement.
      J’ai personnellement été choqué par les propos du pape dans son avion de retour de Cracovie.
      Il n’y a pas de violence catholique car le Dieu des chrétiens est amour, il n’y a que la violence des hommes qui se servent de la religion catholique.
      Ce qui n’est pas le cas de la religion musulmane où "le monde entier est censé se soumettre tôt ou tard à la charia et les musulmans sont invités à oeuvre dans ce but" (Annie Laurent : l’Islam peu t-il rendre l’homme heureux ?).
      "Après que les mois sacrés se seront écoulés, tuez les polythéistes, partout où vous les trouverez, capturez les, assiégez les, dressez leur des embuscades" (Coran 9,5).
      Je ne peux pas croire que le dieu des musulmans soit le Dieu des chrétiens. Ou alors, à quoi cela sert-il d’être chrétien ?

    • cf. : 28 août 09:32

      La chose juste dans le message de Homarrabi c’est qu’il ne croit pas que le Dieu des musulmans soit celui des chrétiens, en effet, le Dieu des chrétien est Trine, un Seul Dieu en trois personnes. Cependant, la question de savoir "... à quoi cela sert-il d’être chrétien ?" est comme un peu ambigue. A quoi cela sert-il d’être chrétien ? Cela suppose qu’être chrétien devrait servir à quelque chose, et je ne vois pas le rapport.

      MERCI.

  • Je me permets de répondre à la page que vous avez placée sur votre site et intitulée : « Vous avez dit violence catholique ». Les propos spontanés de notre Pape sont parfois déroutants et ceux qui ont motivé votre article peuvent être considéré comme un extrêmes. Par ailleurs, certains arguments du Pape, rapportés par Natalia Bottineau, ne se justifient pas et sont même parfois à la limite du sophisme.
    Je tiens à bien préciser en préambule que je suis fidèle à Rome, et c’est bien la raison de ma peine, et si je parle de l’islam, je pense à la doctrine (le coran et les hadits) et non pas aux croyants (les musulmans).

    Je comprends tout à fait notre Pape lorsqu’il exprime sa préoccupation d’aboutir à la paix dans le monde et en particulier celui qui est confronté à l’islam et qui connait tant de souffrances et en particulier les chrétiens même si certains musulmans en sont également les victimes.

    1 - Lorsque le Pape dit qu’il refuse d’identifier islam et violence, je pense qu’il y a là une certaine ignorance de ce qu’est l’islam et cela pourrait se comprendre de la part d’une personne qui nous arrive d’un pays, l’Argentine, qui est confrontée à bien des problèmes idéologiques mais pratiquement pas à celui de l’islam. Cela doit-il justifier le fait que nous nous sentions déroutés alors que parvenu à ce niveau de responsabilités on est au moins en droit de s’attendre à une attitude de prudence. Comment peut-on refuser cette identification lorsque de par sa nature propre, la soumission, l’islam est un système tyrannique, donc violent, qui interdit tout libre arbitre, toute ouverture vers une autre religion et puni de mort toute tentative de conversion au point de devenir une idéologie de conquête qui utiliserait Dieu pour parvenir à ses fins. Je me limiterai à cet aspect même si d’autres sont évidents. Je pense en particulier à la situation de la femme en islam.

    2 - Avec votre première prémisse vous affirmez : « le pape François ne parle pas en théorie, il se situe au niveau réaliste, concret, des situations. Il ne fait pas d’affirmations théoriques sur l’islam, il se situe au niveau de l’action. ». Lorsqu’on parle de l’islam, comme de toute autre doctrine, peut-on faire abstraction de la théorie ? Peut-on oublier la doctrine et la culture qui la sous-tend ? Les êtres humains sont-ils des pions au point que l’on puisse n’en considérer qu’une partie, la forme, la couleur, la matière ? S’est s’engager, de cette manière, dans un raisonnement par avance biaisé.

    3 - L’argument majeur consiste à dénoncer certains baptisés présentés comme étant des catholiques violents. Cela me semble en contradiction avec les propos du Pape rapportés plus haut par l’auteur « le manque de transmission de valeurs aux jeunes en Europe ». En effet, nul n’est sensé ignorer l’absence grandissante de pratique religieuse et en particulier de la part des baptisés. Alors pourquoi cette démagogie qui consisterait à les prendre comme référence du monde catholique. A propos des tortionnaires de la dictature argentine allaient à la messe que le Pape aurait vus, l’Église ne nie pas cet orgueil chez l’homme : « La condition de l’orgueilleux est sans remède, car la racine du mal est en lui » (Livre de Ben Sira le Sage, chap.3) et nous avons même Juda. Sont-ce là des références pour le monde catholique ? Notre Pape serait-il un adepte du nivellement par le bas au point d’oublier des mère Theresa, des Charles de Foucault, des ’’père Popieluzko’’ et de tous ces saints que l’Église nous offre en exemple. S’il faut émettre un parallèle entre les mondes catholiques et musulmans, je souhaiterais connaître ne serais-ce qu’une mère Theresa musulmane.

    4 - « lorsqu’il va à Lesbos il fait venir en Italie des familles avec des enfants. On lui a reproché que ce n’étaient pas des chrétiens. C’est faire un procès d’intention. Sont reparties dans l’avion du pape des familles dont les papiers étaient en règle ! ». Le Pape n’est certainement pas sans savoir que les chrétiens d’Orient sont victimes de discriminations dans l’établissement de leurs visas de sortie de la part des administrations musulmanes. Comment leur reprocher alors de fuir sans papiers lorsque cette démarche devient impossible ?

    5 - Refus héroïque de la violence : Le cas du jeune Faraaz Hossain, au Bengladesh, est remarquable. En me faisant l’avocat de diable, au risque d’être accusé de chercher la petite bête, son comportement aurait-il été le même si ses amies n’avaient pas fait partie de l’oumma ? Ai-je le droit de poser la question ?

    6 - Le Pape a évoqué son dialogue avec l’imam de l’université égyptienne de Al-Azhar. Il a également reçu le président iranien et a rencontré cet imam de Centre Afrique. Comment peut s’établir un dialogue fructueux lors de rencontres aussi brèves alors que ces échanges se font avec des mots dont la signification n’est pas commune et que du point de vue musulman la Taqiya (principe de dissimulation stratégique dans un contexte de conquête) peut être de rigueur… Il n’est pas question de refuser le dialogue avec l’islam mais au vue de ce qui précède, on peut se demander ce qu’il en est de la mesure de prudence.

    CONCLUSION : Vous mettez très justement en évidence deux point : « 1) la raison sans la foi s’enferme en elle-même et se condamne à ne pas pouvoir dialoguer avec la majorité de l’humanité qui est religieuse. 2) Mais la foi sans la raison, c’est la porte ouverte à tous les fondamentalismes intégristes. ». Qu’en est-il alors de la foi AVEC la raison (ou l’inverse) ?

    La foi nous met dans une situation d’espérance incontournable puisque le Christ a affirmé qu’il serait avec nous jusqu’à la fin des temps, mais la raison, devant les paroles spontanées de NOTRE Pape, me place dans une situation de questionnements bien douloureux…

    • cf. : 25 août 14:36

      Une discrète, plutôt hésitante intrusion sans toutefois m’incruster dans le débat. Juste pour souligner que, comme on le sait, les mots ont leur importance. Et leur signification exacte se trouve plutôt chez les experts dans telle ou telle discipline que chez la plupart des journalistes.

      A l’occasion de la référence faite plus haut au Père Samir Khalil Samir,
      j’ai indiqué un petit entretien qu’il avait donné à son interlocuteur du site La Nef (2012 ?) Juste pour signaler un point qui parait inaperçu (comme tant d’autres quand ils sont d’importance), je cite de mémoire : Question :
      "Les chrétiens doivent-ils craindre l’islam ?" Réponse : "A mon avis, chrétiens et musulmans doivent craindre l’islamisme..."... et la suite aussi intéressante que cette fine nuance lourde pourtant de signification

      MERCI.

    • Merci à Roland sur sa sincérité. Je le comprends tout à fait.

      Maintenant à Réginald de Copucy qui assimile aux pharisiens ( que nous sommes tous si nous sommes lucides ) ceux qui discutent de l’expérience du pape sur notre vieille Europe , - avec un peu de polémique , j’en conviens, mais ce pape est polémique, je voudrais préciser une chose : le Christ sonde les reins et les cœurs et chaque page de l’évangile nous met à nu , me met met à nu , me démasque, chaque fois qu’elle est lue ! :. Mais le pape n’est pas le Christ et il n’a pas à nous faire personnellement, en donnant quasiment des noms ou nommant les catholiques la leçon en public, comme il a fait, même s’il doit rappeler la loi naturelle et les exigences de notre foi et notre condition de pécheur appelés au repentir et ensuite. Le pape n’est que e le successeur de Pierre, qui a erré , mais est resté fidèle et s’est accroché et sur lequel le Christ a bâti son Eglise. . Nous pouvons discuter Pierre ou son successeur, sans être ( saint) Paul sur ses choix humains ou formulations hasardeuse , qui n’ont rien à voir avec la foi, ( qu’il faut expliquer sur plusieurs pages ensuite comme le font certaines âmes dévouées ) qui nous plongent dans le désarroi car on a l’impression qu’il joue les uns contre les autres de manière brouillonne et parfois contradictoire. Je précise à R. de Coucy : je ne se suis pas protestant, mais à défaut de le devenir, je connais certain pasteur de très haut niveau , je n’accepterais pas que mon droit à la liberté des enfants de Dieu soit mis sous le boisseau et je n’ai aucune idolâtrie pour les papes, même si j’ai eu une affection immense pour Jean-Paul et Benoit XVI et un estime et un grand respect. . Ce pape, est mon pape, mais honnêtement il me reste un peu , comment dire, semeur du désarroi et trop médiatique et je pourrais avoir tendance à chercher ailleurs mes racines chrétiennes , qu’il a de fait désavoué, chez d’autres chrétiens et des catholiques conséquents. Je sais qu’il a des défenseurs sincères de grand talent, de grande culture et i ayant une vraie vie spirituelle mais qui ne défendent pas bec et ongles toutes ses formulations surprenantes !

    • cf. : 28 août 14:36

      Il est difficile de savoir à qui exactement s’adresse le message référencé, à Natalia Bottineau ou à Natalia Bottineau ? Parce qu’on lit "votre site" et plus loin "certains arguments du pape rapportés par Natalia Bottineau"... Mais bon, l’important est ailleurs.

      Cette bonne idée de poser les sujets sous § 1, 2, 3, etc. permet de faciliter les réponses éventuelles. Il y a un autre très fidèle messager qui utilise souvent cette structure très méthodique. Allons-y :

      1. Garder en mémoire que le pape François est un jésuite et, pour rappel, parce qu’on ne peut pas l’ignorer, l’étendue d’études et des connaissances et autres exigée avant l’ordination d’un séminariste de la Compagnie de Jésus est de taille. Ce qui fait que l’itinéraire de tout pape, qu’il soit d’Argentine, de Palerme, de Pétaouchnok ou d’Arabie saoudite (ça pourrait advenir un de ces quat’) n’a absolument rien à voir avec sa formation ;

      2. Quelle curieuse coîncidence ! Parce que pour être éclairé sur cette question, l’entretien du frère Adrien Candiard gracieusement indiqué tombe à pic.

      3. Ce paragraphe laisse à penser que l’auteur est très versé dans les Ecritures (Sira le Sage). Quant à Judas (en qui se serait trouvée "la racine du mal") bien de traits indiquent que de tous les disciples, il aurait été le premier qui ait compris, en son temps, la mission de Jésus. Et, malgré son baiser de traître, Jésus lui a dit : "Ami, est-ce.".
      D’autre part, comment ça "le pape...au point d’oublier Mère Térésa.."
      alors qu’il va la canoniser en grande pompe dimanche prochain, 04 Septembre 2016 ? ! Pour les "fans" de cette Albanaise, un tuyau : Ichtus organise, pour l’occasion, un voyage à Rome. Les prix y sont parait-il raisonnables et il resterait quelques places disponibles. Ne pas tarder trop tarder si intéressé.

      Quant au "parallèle entre les mondes catholiques et musulmans", le souhait est partagé. Mais, pas de précipitation : un jour émergera peut-être du tas une mère Fatma. Mais oui, Le Seigneur peut jouer parfois, ça Lui est déjà arrivé, des tours pendables. (Oups ! c’est l’évocation de Judas, qui aura soufflé ce mot).

      4. Enfin quelqu’un qui reconnait qu’on fait "des procès d’intention" au pape ! Mais là, il faut "déblayer" le hic ! de ce passage de l’enlèvement par le pape d’une famille musulmane : lorsqu’on est, autant que faire se peut, au courant de cette guerre qui pue le pétrole en Orient et dans ce contexte, les chrétiens de là-bas fuient en masse l’EI ou Etat islmaique, Daech, on se doute bien que, dans cette course, ils se précipitent vers nulle part sans visa de sortie. A moins que les mots "administrations musulmanes" stigmatisent l’EI et consorts, ces hordes de criminels.

      5. Tout le monde a le droit de poser toutes les questions qu’on veut. Ce sont les réponses qui doivent être exactes et dans le cas de cette atrocité à Dacca, cette question pertinente doit être posée à Faraaz Hossain. Malheureusement, comme il est chez le Bon Dieu...

      6. Il est vrai que les rencontres avec les responsables évoqués, rencontres qui ne durent qu’une vingtaine, voire une cinquantaine de minutes sont minimes, pour ne pas dire risibles, comparées à la taille aussi bien qu’à l’importance des enjeux discutés. Mais comme dans ce cas précis, et d’autres de la même veine, on peut facilement se douter qu’avant ces brefs entretiens, il y a eu en amont des heures, des jours, des semaines, des mois, peut-être quelques années de préparation, de va-et-vient, de correspondances officieuses et officielles de nature politique et diplomatiques. Ainsi que je l’écrivais un jour ici même, on n’entre pas chez le pape comme on s’introduirait dans un snack-bar.

      Conclusion : Raison sans la Foi, Foi sans la Raison, et puis la Foi AVEC la Raison (ou l’inverse). Dilemme ! Et les paroles spontanées de NOTRE pape, ça fait beaucoup et on comprend le questionnement douloureux.
      Mais ben voyons, la réponse est visible dès le début de ce dernier § :
      la Foi, c’est-à-dire la Confiance. Quand on se tourne vers l’Esprit Saint, et ça c’est magique, les douleurs s’estompent progressivement.

      MERCI.

      PS
      Confidence : après l’évocation de Charles Martel sur ce forum, un pressentiment que son petit-fils Charlemagne allait se manifester. Eh bien non ! Mais quand même, il y a eu Roland, le Preux...

    • 5. Tout le monde a le droit de poser toutes les questions qu’on veut.

      Il ne s’agit pas ici de psychologie mais d’une question de fond en rapport avec ce qu’est l’islam, raison pour laquelle - comme je le dis plus haut - faire abstraction de la théorie (ce que dit le coran qui est LA PAROLE de Dieu) conduit à des raisonnements biaisés.

      La doctrine islamique exclue tous les non croyants qu’elle qualifie de mécréants au point de suggérer leur suppression physique. Les associateurs, c’est à dire les chrétiens, sont inclus dans cette catégorie maudite.

      Le sens de ma question était donc de savoir si la générosité de ce Faraaz Hossain, dans son geste admirable, aurait été jusqu’à aller contre sa "religion" en se sacrifiant pour des mécréants et là, je n’en suis pas si convaincu...

      On ne peut pas parler de l’islam si on reste dans un environnement de pensée chrétienne, alors exclure la théorie (la doctrine et la culture islamique), comme semble le suggérer le Pape à travers ce que dit l’auteur du billet, est un non sens.

    • cf. : 30 août 12:21

      Message incompréhensible. Une question a été posée, et j’ai dévoilé sans respect humain mon incapacité d’y apporter la réponse.

      Concernant un sujet aussi délicat et complexe que l’islam, il m’est prouvé, une fois de plus, que tout ce qui y a trait, se trouve chez les experts en cette discipline. Inutile donc de perdre mon temps.

      Désolé, mais il n’y avait vraiment pas de quoi prendre la mouche.

      MERCI.

    • Je n’ai absolument pas pris la mouche mais souhaité faire une simple mise au point.

      Comme quoi aujourd’hui il devient délicat de s’exprimer sans toucher, par inadvertance, des sensibilités et regrette que cette dernière intervention ait pu avoir cet effet, ce qui n’en était pas le but.

      Il est vrai que la question de l’islam reste un sujet délicat qui nécessite de s’imprégner d’une doctrine et surtout d’une forme de pensée, d’une culture tout autre que la notre. Je me suis intéressé au sujet par la nécessité de m’informer. Cela m’a fait connaître, par contre coup, toute la richesse du christianisme et m’a conforté dans mes convictions de catholique aussi les propos du Saint Père m’ont particulièrement choqué ainsi que l’article qui m’a entraîné à intervenir dans cette rubrique.

      Je suis également étonné que le journal ne donne pas de suite aux objections exprimées ici.

    • cf. : 31 août 13:02

      Quelles sensibilités ? De quel effet s’agit-il ? Quel but ?Un message publié contenant 3 paragraphes suivi d’autres numérotés de 1 à 6 plus conclusion plus un dernier paragraphe. La réaction est arrivée avec 2 paragraphes suivis d’autres numérotés de 1 à 6 plus conclusion, et en rab un petit PS gentil tout plein à propos de Charles Martel (parce que évoqué), son petit-fils Charlemagne pour rappeler Roland le Chevalier. De quoi se plaint-on ? Il ne manquait que Durandal. Où est donc le problème si problème il y a ?

      "Comme quoi aujourd’hui il devient délicat de s’exprimer sans toucher, par inadvertance, des sensibilités et regrette que cette dernière intervention ait pu avoir cet effet, ce qui n’était le but". Cela est un point de vue de l’auteur,légitime, mais qui n’engage que lui.

      Les meilleures informations sur l’islam ont été données un peu par les uns et les autres avec des liens, évocation de noms d’auteurs etc. Pour plus amples informations s’y reporter. Ce n’est qu’un forum pas une fac’ d’islamologie. En tout cas, en ce qui me concerne je ne peux avancer que ce que je sais, que ce que je pense savoir, mais en aucun cas je ne me résoudrai à donner un cours de théologie, sur l’islam, etc. Mes connaissances sont limitées, contrairement à d’autres peut-être, mais c’est ainsi.

      Même le journal semble avoir déçu "parce qu’il ne donne pas suite aux objections". S’adresser au journal, je ne peux pas répondre à sa place.

      C’est tout.

      MERCI.

  • @26 août 18:22
    eh bien, bravo vous rendez la chrétienté responsable des horreurs du 20ème siècle car ils étaient tous baptisés avec un bulletin de vote, comme nous qui avons voté pour l’Union européenne, pour le traité de Lisbonne, la loi El Khomri et même la loi Taubira. Vous avez oublié le Grand Mufti de Jérusalem qui a passé la 2 ème guerre mondiale à Berlin chez les dignitaires nazis, des baptisés, c’était déjà de œcuménisme
    Au lieu de ce long article, reconnaissez que le Pape est âgé, et qu’après 70 ans, le temps de réaction aux questions des journalistes est plus long que pour une personne jeune, il arrive que la réponse vienne avant la réflexion. Aux USA, Hillary Clinton évite ce genre de situations et les questions pièges contrairement à Trump
    On peut être intelligent et âgé, mais prudent ou imprudent

  • Intéressantes réponses du dominicain Adrien Condiard dans le Figaro, dont le passage encadré d’astérisques :

    http://www.lefigaro.fr/vox/religion/2016/08/26/31004-20160826ARTFIG00189-le-salafisme-fantasme-l-islam-originel-contre-la-tradition-musulmane.php

    On observera que toute la difficulté avec l’islam est qu’il n’existe aucune autorité universellement reconnue dans l’oumma qui puisse disqualifier les interprétations de l’islam préconisant l’usage de la violence...puisque l’islam offre bien "une disponibilité à l’usage de la violence", pour reprendre l’affirmation prudente de ce dominicain.
    En d’autres termes, il n’y a pas dans l’islam d’éthique de la non-violence universellement partagée et cela même en raison de la genèse de la religion qui joue un grand rôle dans l’imaginaire collectif des musulmans.

    On n’ose pas ajouter pour ne pas provoquer de nouveaux aboiements : évidemment, pas même l’autorité du pape de Rome dont l’interprétation n’a aucune valeur pour un musulman...


    QU : Certains renvoient dos à dos la violence islamique et la violence d’autres religions. L’islam est-elle une religion spécifiquement violente ? Cette violence est-elle à chercher dans le Coran, ou bien sa racine se trouve-t-elle ailleurs ?

    Chaque religion a ses propres défis par rapport à la violence. Dans le cas de l’islam, la difficulté tient d’abord à l’ambiguïté des sources à cet égard : on trouve, dans le Coran ou les hadiths, des appréciations très différentes de la violence — d’où d’ailleurs notre désarroi. Ces textes réclament donc une interprétation, et ils ont pu être, dans la tradition musulmane, interprétés de manières très différentes. ***De plus, l’imaginaire lié à l’islam primitif n’est pas un imaginaire non-violent. L’islam offre une disponibilité à un usage violent. Cela ne fait pas de l’islam une religion violente par nature, car avec ces données, de très nombreux courants, nullement marginaux, ont pu et peuvent encore vivre un islam pacifique.*** Tout texte appelle une interprétation, spécialement un texte religieux, et même ceux qui prétendent qu’il ne faut pas interpréter ne font en fait pas autre chose ; or l’interprétation est un acte éthique, qui engage la responsabilité de l’interprète. Le croyant n’est pas seulement le jouet d’un texte ou d’une tradition ; la violence peut être favorisée par un contexte, mais elle est d’abord un choix.

    • cf. : 28 août 19:25

      Ah ! Ce cher frère Adrien Candiard (Can, pas Con), quel plaisir de le retrouver, même si c’est sur Figarovox. Quand on lit ses réponses, on croit entendre de loin, mais en plus moderne dans l’expression orale, un Serge de Beaurecueil, ou encore un Jacques Jomier, ou encore...y en a eu tellement de ces dominicains qu’on a connus. Sont présents aussi dans les réponses d’Adrien Condiard, mais dans un style différent, les explications d’Henri Boulad s.j., celui aux "propos de caniveau", ceux de Samir Khalil Samir s.j. et d’autres... D’autres dont j’écrivais justement plus haut que c’est à eux qu’il faut faire confiance et pas à ces meutes du journalisme à la petite semaine ni à ces, que sais-je, Mirza et Snoopy qui jappent dès qu’ils s’imaginent avoir découvert l’Amérique comme on disait naguère.

      Bonne idée que d’avoir fourni le lien. Ce morceau de choix mérite d’être lu avec attention car chaque mot, chaque phrase, chaque épithète et qualificatif sont très judicieusement pesés. Pour ma part j’ai retenu, entre autres : "action déplaisante", "réductrice", "fausse grille" de lecture, "islam et islamisme" etc...

      Manque de pot pour, peut-être, Figarovox ou autres, cet entretien invite irrésistiblement à revoir, sous l’éclairage fourni par Candiard, certains propos du pape François. Il y a des chances d’être drôlement surpris.

      On ne saurait trop recommander la lecture de cet entretien en ôtant, si possible, de notre mémoire idées reçues et autres fantaisies. Sinon, ce ne serait peut-être pas la peine de perdre son temps.

      Il est aussi possible que le frère Adrien Candiard ne plaise pas à tout le monde, ce qui serait normal et l’expression "on ne peut pas plaire..."
      le dit bien. Mais, en se laissant porter par l’Esprit... Bref...

      MERCI.

      PS
      Je vais ressortir le DVD que j’avais acheté après avoir assisté à la pièce "Pierre et Mohamed"... Souvenir...

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