Vivre la Semaine sainte

par Gérard Leclerc

jeudi 2 avril 2020

Procession des Rameaux sur la Place Saint-Pierre.
© Antoine Mekary / Godong

Comment les Chrétiens pourront-ils célébrer la Semaine sainte qui s’ouvre avec le dimanche des Rameaux ? Pourraient-ils bénéficier de leurs églises dans des conditions particulières ? Et qu’en est-il du ministère des aumôniers dans les hôpitaux ?

Dimanche, ce sera déjà la célébration des Rameaux et l’entrée dans la grande semaine de l’année. Les conditions très particulières dans lesquelles nous la vivrons donnent lieu à des directives propres à chaque diocèse, mais qui convergent toutes vers une participation purement spirituelle des fidèles qui pourront suivre les cérémonies sur leurs écrans ou grâce à la radio. Faut-il aller plus loin ? Trois personnalités viennent de plaider pour une participation plus active, même si elle tient compte des obligations de prudence. Guillaume Drago, professeur à Paris II, Christophe Eoche Duval, haut fonctionnaire et Geoffroy de Vries, avocat à la Cour, rappellent que les religions ont une fonction fondamentale dans l’épreuve que nous traversons : « Elles contribuent à redonner du lien social, de façon mystérieuse, là où les relations courantes sont interrompues. » Tous trois rappellent aussi que la liberté religieuse ne concerne pas seulement une dimension intérieure et personnelle, mais aussi « une manifestation d’ordre extérieur et collectif ».

Comment celle-ci peut-elle se traduire concrètement ? Peut-on se fonder sur la possibilité de rassemblements, en milieu clos ou ouverts, de moins de cent personnes ? Les trois signataires évoquent un encadrement par le bénévolat sanitaire confessionnel, tel celui de l’Ordre de Malte pour les catholiques. Franchement, je ne sais pas si cela est possible, mais on sait que les lieux de culte ne sont pas totalement fermés et qu’ils permettent de maintenir un lien précieux pour les médiations nécessaires d’une communion spirituelle, voire sacramentelle.

Enfin, le texte insiste sur la mission des aumôniers des établissements de santé publique qui doivent être reconnus comme professionnels bénéficiant d’accès aux stocks de masques. Voilà qui rejoint l’appel solennel de Mgr Benoît de Sinety, vicaire général du diocèse de Paris : « Je demande avec gravité que puisse être respecté ce droit fondamental à être un homme jusqu’au bout de sa vie : que ceux qui en expriment le désir, ou dont la famille le manifeste, puissent bénéficier de la présence du ministre de leur religion à leur côté, pour prier avec eux et pour eux, pour leur tenir la main, pour ne pas les laisser mourir sans bénéficier d’un accompagnement spirituel. »

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 2 avril 2020.

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