Vingt cardinaux, à l’image de l’Église

par Gérard Leclerc

mardi 6 janvier 2015

La nouvelle promotion de cardinaux que le Pape vient de désigner pour un prochain consistoire suscite, d’évidence, une grande curiosité. En pleine période réformatrice pour l’Église catholique, sa composition est scrutée pour mieux percevoir les intentions profondes de François. De ce point de vue, l’analyse est significative. Il est certain qu’on assiste à une toujours plus grande internationalisation du collège cardinalice, qui correspond à la réalité démographique qui pèse en faveur de l’Afrique et de l’Asie. Voilà déjà longtemps, que, pour notre part, nous insistons sur ces données irrécusables. Dans les dernières années du pontificat de Jean-Paul II, nous mettions en garde contre une vision trop eurocentrique de l’Église, qui faisait fi de sa nature universelle, celle qui correspondait de plus en plus à sa définition catholique.

François prolonge ainsi une évolution commencée sous ses prédécesseurs, mais qui atteint désormais un seuil critique. Avec la promotion des derniers cardinaux, des chrétientés, qui n’avaient jamais été distinguées pour accéder au sénat de l’Église, se trouvent intégrées dans un processus qui modifie profondément les équilibres de la structure centrale. Si l’on observe parallèlement le tarissement de la source italienne, qui jusqu’alors établissait la prépondérance de la péninsule dans l’appareil central, on en déduit que la « révolution » conduite par le pape argentin entre dans un étape décisive. La Curie sera fortement affectée par ce bouleversement. Il est encore difficile d’établir les contours du projet qui la concerne. La critique acérée d’une institution ancienne ne signifie pas nécessairement sa disparition. La preuve en est la promotion de notre compatriote Mgr Dominique Mamberti, dont le parcours de grand commis de l’Église est significatif des services éminents que continuera à rendre une institution dont on oublie, en ce moment, un peu vite, les qualités.

Il n’empêche que c’est vers de nouveaux horizons et de nouvelles manières d’être que se dirige l’Église, sous la conduite d’un pasteur qui tient fermement sa route. Le peuple chrétien se retrouvera d’autant plus en accord avec le cours du pontificat qu’il y reconnaîtra le charisme de Pierre, son souci de toutes les Églises et la fermeté de sa doctrine selon la tradition la plus ancienne. Car, comme le disait saint Irénée au second siècle, « c’est avec cette Église, en raison de son origine plus excellente, que doivent nécessairement s’accorder toutes les Églises, c’est-à-dire, les fidèles de partout, elle en qui toujours, au bénéfice des gens de partout, a été conservée la tradition qui vient des apôtres ».

Messages

  • Corse de Vicu, près de Cargese, Dominique, que j’ai connu avant son ordination par monseigneur Thomas en 1981, porte le titre d’évêque de Sagone, ancien évêché de Corse que fit disparaître Bonaparte en 1801. Sagone est maintenant la marine de Vicu, son village familial. Il se caractérise par une discrétion totale dans son service et son attitude s’oppose à celle de nombre de membres de la curie ou de rouages centraux de l’église romaine. Cet esprit de service humble explique largement ce choix, me semble-t-il.

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