Patrimoine chrétien

Va-t-on le laisser partir en fumée ?

par Véronique Jacquier

jeudi 17 septembre 2020

Notre-Dame en feu, 20h06
© GodefroyParis / CC by-sa

L’été a été marqué par l’incendie de la cathédrale de Nantes, des vandalismes, des profanations… Pourtant, le silence a régné parmi les politiques. Comment en sommes-nous arrivés là ? Enquête.

« Il y a aujourd’hui en France une destruction des racines chrétiennes à bas bruit. L’athée que je suis ne va pas aller contre l’évidence. Il y a environ un à deux actes anti-chrétiens par jour.  » Ainsi parle le philosophe Michel Onfray, le 20 juillet, au moment de l’incendie de la cathédrale Saint-Pierre-Saint-Paul de Nantes. Avant que ne suivent : une statue de la Vierge Marie décapitée à Montaud (Hérault) ; le Christ du calvaire de l’île d’Arz (Morbihan) brisé ; le feu allumé dans la buanderie de l’abbaye de Ligugé (Vienne)… Pour 2019, le chiffre précis des actes anti-chrétiens est de 1052 faits recensés par le ministère de l’Intérieur, soit 2,9 par jour, profanations et vandalismes confondus. Le sort subi par la cathédrale de Nantes est ainsi devenu le symbole de toutes nos défaillances. La députée Les Républicains (LR) des Bouches-du-Rhône, Valérie Boyer, s’indigne que les clefs aient été confiées à un bénévole en situation irrégulière [qui a été mis en examen dans cette affaire] : «  Imagine-t-on confier les clefs du Louvre à un tel profil ? Et que dire du dispositif anti-incendie inefficace ! Ce sont des riverains qui ont prévenu les pompiers alors que les flammes léchaient le grand orgue. À notre domicile, la loi nous oblige à avoir une alarme incendie !  »

À qui la faute ?

Pour Roselyne Bachelot, ministre de la Culture, la protection de ces édifices n’est pas qu’une question d’argent. «  La sécurité est complexe, dit-elle, car une cathédrale est un lieu dans lequel on entre sans discrimination et en toute liberté. Et il est difficile de sécuriser une nef de 37,5 mètres de haut avec des détecteurs de fumée.  »

Pour autant, la seule réponse du gouvernement est actuellement la vérification du système électrique des 89 cathédrales de France, l’exigence qu’elles soient toutes dotées de détecteurs de fumée et qu’un plan d’évacuation des œuvres soit mis en place. Des mesures qui figuraient déjà dans le plan «  Sécurité cathédrale  », édifié après l’incendie de Notre-Dame de Paris en avril 2019, pour un budget de 2 millions d’euros. Visiblement, l’épidémie de coronavirus a eu raison des volontés du ministère de la Culture ! Rien n’a été sérieusement engagé. Et surtout, le gouvernement se garde bien de considérer les cathédrales et plus largement les églises comme faisant partie de l’identité du pays. Il faudrait mettre en place une politique offensive, pour s’assurer que le patrimoine chrétien ne meure pas.

Retrouvez l’intégralité de l’article et du « Grand angle » sur le patrimoine religieux dans le magazine.

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