Une véritable espérance à Pâques

par Gérard Leclerc

lundi 22 avril 2019

Chemin de Croix 19 avril 2019
© Michel Pourny

Décidément, nous ne sommes pas maîtres des événements. Qui aurait pu prédire que cette Semaine sainte et la fête de Pâques seraient marquées par cet incendie de Notre-Dame qui a provoqué l’émotion du monde entier ? Hier matin, dans ma paroisse, notre vicaire, qui est d’origine vietnamienne, nous a expliqué que dans son village natal la cloche de l’Église avait sonné le glas à l’unisson de nos propres paroisses. Il m’a semblé que la tristesse donnait à la célébration de la Résurrection un accent très particulier et que les alléluia jaillissaient des cœurs avec une étonnante ferveur. En tout cas, nos église étaient pleines, comme pour démentir les rumeurs alarmistes sur l’inéluctable déclin du christianisme dans notre pays.

La veillée pascale que j’ai vécue avec les miens, a été, de ce point de vue, particulièrement remarquable. Il faut préciser que l’assistance était composée d’une énorme majorité de fidèles issus d’Afrique formant une communauté habituée à célébrer chez nous. Après la proclamation de l’Évangile de la Résurrection, j’ai eu l’impression que l’Église allait exploser tellement l’enthousiasme était vibrant et semblait propulser l’édifice hors de ses fondations. Non, je n’exagère pas. J’étais subjugué par la foi de ces frères, qui s’expriment avec une fraîcheur et une spontanéité qui nous réveillent quand nous sommes en danger, sinon d’assoupissement, du moins de trop de réserve. Sans doute est-il des modes différents d’expression de la piété, et je suis également sensible à une belle messe en plain chant, dont le ton méditatif permet d’accéder d’autre façon, à la profondeur du mystère chrétien.

Mais cette année, il y avait cette tonalité liée aux événements, que j’ai appréciée notamment lors du chemin de croix, présidé par Mgr Aupetit, sur les bords de la Seine, tout près de Notre-Dame. Notre-Dame, que je n’avais pas encore osé aborder depuis le terrible sinistre et que nous avons saluée d’une seule voix, au final, par un magnifique cantique. Il faut dire encore que nous avons été rattrapés hier par la tragédie des attentats du Sri Lanka avec plus de 200 morts et des centaines de blessés. Oui, Pâques demeure vraiment le moment où l’espérance chrétienne est affrontée au scandale du mal. D’où l’impossible dissociation du Vendredi saint d’avec la veillée pascale.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 22 avril 2019.

Un message, un commentaire ?


Les forums restent ouverts durant 15 jours après la date de publication

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.