Loi bioéthique

Une « vague verte  » pour quoi faire ?

par Aymeric Pourbaix

mercredi 1er juillet 2020

Le 6 juillet, le projet de loi bioéthique sera examiné en deuxième lecture à l’Assemblée nationale, alors même que Gilles Le Gendre, président du groupe LREM au Palais Bourbon, avait proposé de le renvoyer à la fin du quinquennat. Pourquoi donc cette urgence, qui se traduira aussi par la limitation du temps consacré à l’examen du texte, quand les bouleversements liés à la crise du coronavirus suggéreraient un autre calendrier ? La réforme des retraites, elle, a bien été «  suspendue  » lors du confinement…

Un tel enjeu aurait pourtant mérité davantage de recul, et d’être exempt de pressions idéologiques. Car il n’y a pas dans ce texte que la mesure emblématique de la PMA pour «  toutes les femmes  », laquelle fait écran à d’autres dispositions peut-être moins voyantes, mais sans doute encore plus préoccupantes.

C’est le cas de l’extension de la recherche à partir d’embryons – impliquant leur destruction –, au motif que les cellules qui en sont extraites ne sont pas «  une personne humaine potentielle  ». C’est d’autant plus étonnant qu’il existe d’autres alternatives éthiques, et prometteuses, pour avancer sur la voie d’une médecine régénérative.

On aurait aussi pu imaginer que la «  vague verte  », constatée aux municipales comme un reflet des aspirations de nos contemporains, porte également à la préservation de la vie humaine jusqu’en son commencement. Hélas, la motion de janvier 2020 du parti des Verts, favorable au projet de loi bioéthique, se montre étonnamment silencieuse sur ce point précis de la recherche sur l’embryon.

Il semble donc qu’il faille re-proposer à ces partisans d’une écologie politique une lecture moins sélective de l’encyclique Laudato si’ (2015) – et aux catholiques de porter plus fortement cette parole, sans en restreindre la portée et le caractère prophétique.

Car dans ce document, pourtant porté aux nues dans bien des milieux y compris en dehors de l’Église, le pape François y affirme la nécessité d’une écologie dite «  intégrale  », incluant aussi bien la protection de l’environnement que celle de l’enfant à naître. «  Puisque tout est lié, la défense de la nature n’est pas compatible non plus avec la justification de l’avortement  », y affirme le Souverain pontife (no 120), qui appelle aussi explicitement à «  protége[r]  » l’embryon humain.

Une nouvelle religion

Cette incohérence au sein de la mouvance écologiste s’explique aussi parce que la question environnementale est devenue «  une nouvelle matrice séculière  », selon le politologue Jérôme Fourquet dans Le Figaro, qui remplace «  l’ancienne matrice catholique  ». Et impliquant elle aussi une conversion, sur fond de «  crainte millénariste de la fin du monde  ».

Face à cette nouvelle «  religion  » de substitution – ou idole – il convient dès lors de rappeler que si la nature, comme toute la Création, est digne d’admiration et de contemplation, celle-ci ne peut pas être un absolu. Elle a aussi besoin de rédemption.

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