Charles de Foucauld et l’islam

«  Une relation sans ambiguïté  »

propos recueillis par Constantin de Vergennes

vendredi 6 mai 2022

L’imitation de Jésus était l’un des axes d’évangélisation de Charles de Foucauld.

Mal interprété, le regard de Charles de Foucauld sur l’islam peut conduire à des dérives syncrétistes problématiques. Les précisions de Laurent Touchagues, président des Amitiés Charles de Foucauld.

En quoi l’islam a-t-il attiré le Père de Foucauld ?

Laurent Touchagues : C’est en voyant quelques musulmans très pieux pendant sa reconnaissance au Maroc, tout abandonnés à Dieu et confiants, qu’il a pris conscience, dit-il dans une lettre à son ami Henry de Castries, que l’homme est fait pour «  quelque chose de plus grand et de plus vrai que les occupations mondaines  ».

La précision est importante : ce n’est pas en voyant l’islam en général, ou «  les musulmans  » du Maroc qu’il ressent cet attrait, mais bien quelques musulmans. On oublie également que, dans la même lettre où il avoue avoir été séduit par l’islam, Charles de Foucauld dit qu’il s’est aperçu que là n’était pas la vérité. Par la suite, il affirme qu’on ne peut comparer christianisme et islam, que l’on peut suivre Jésus et non Mahomet – qui n’est guère un exemple –, et que les vertus prônées par l’islam ne permettent pas d’être un vrai adorateur de Dieu. Puis, il ne s’intéressera plus à l’islam comme religion, mais davantage aux musulmans comme hommes. Pour lui, cette religion est une erreur qui entraîne les fidèles au péché et au mal. Même si, reconnaissait-il, il y a dans cette religion des parts de vérités qui produisent du bien, non pas par elles-mêmes, mais parce qu’elles proviennent d’un tronc commun…

Que représente pour lui le désert algérien dans lequel il part en 1901 ? Une terre de retraite, ou une terre à évangéliser ?

Quand il repart pour l’Afrique du Nord après son ordination sacerdotale le 9 juin 1901, c’est parce qu’il veut, dans le mystère de la Visitation, porter le Christ aux plus pauvres. Et pour lui, les plus pauvres qu’il connaisse alors, ce sont les Marocains qu’il a visités lors de son expédition. Pour lui, la pauvreté c’est n’avoir jamais entendu le nom de Jésus, entendu parler ou lu un verset de l’Évangile. Il veut donc partir au Maroc pour évangéliser les musulmans.

D’où lui vient cette intuition ?

Il a cette idée lors de ses séjours en Terre sainte, en 1888-1889 puis 1897-1900. Il ne se sent pas l’âme d’un prédicateur et, en marchant dans les rues de Nazareth, il songe à la Visitation, lorsque la Vierge, après l’Annonciation, se rend auprès de sa cousine enceinte de plusieurs mois, portant en elle le Verbe incarné dont la présence est ressentie par Élisabeth et Jean-Baptiste, qui tressaille dans le ventre de sa mère.

Retrouvez l’intégralité de l’entretien dans notre numéro spécial.

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