Loi bioéthique

Une fracture de la conscience nationale

par Gérard Leclerc

lundi 12 octobre 2020

Manifestation place Vendôme, Paris.
© La Manif pour tous / Twitter

On ne peut dire que les médias se soient bousculés, hier dimanche, pour donner écho aux manifestations qui avaient eu lieu la veille, à travers la France, à propos de la loi de bioéthique, que le pouvoir entend faire passer en force, en dépit de toutes les urgences actuelles. On est bien obligé de s’interroger sur une telle obstination, qui se rapporte forcément à une orientation idéologique qui concerne l’essence même du macronisme. Qu’on le veuille ou pas, les dispositions de cette loi de bioéthique ont une portée anthropologique de la plus extrême gravité, et il y a lieu d’examiner avec le plus grand soin en quoi elle se réfère à une conception philosophique qui concerne la vie humaine dans sa totalité. Ce qu’on appelle aujourd’hui « lois sociétales » renvoie au-delà des dispositions pratiques, habituelles de la politique. On peut discuter par exemple du bien-fondé du budget de la nation, de l’aménagement du territoire, et même de la santé, dès lors qu’un consensus général ne laisse place qu’à la discussion sur la proportion des moyens.

Mais lorsqu’il s’agit du mariage, de la naissance, de la mort, on ne discute plus des moyens mais des fins. Il se produit alors une rupture de consensus, avec pour conséquence obligée, des fractures profondes de la conscience de la nation tout entière. Il y a trente ans déjà, un des intellectuels les plus en vue du pays m’affirmait que sur l’avortement il n’y aurait jamais de consensus possible, et pourtant il approuvait la législation votée en 1975. Justement, la question de l’avortement vient de resurgir, en révélant à une partie de l’opinion en quoi il pouvait être cruel.

On comprend, dans ces conditions, qu’une opposition résolue, jeune notamment, se manifeste dans la rue, et que l’épiscopat lui apporte tout son appui. Mgr Éric de Moulins-Beaufort, président de la Conférence des évêques de France a tenu à rencontrer les responsables des manifestations de samedi. C’est le signe d’un engagement supplémentaire, en raison de la gravité de la situation et du « drame à venir » dénoncé par Mgr de Moulins-Beaufort.

Chronique diffusée sur Radio Note-Dame le 12 octobre 2020.

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