Une écologie totale

par Gérard Leclerc

mercredi 25 septembre 2019

Greta Thunberg devant le parlement suédois
CC by sa : Anders Hellberg

Greta Thunberg, la jeune Suédoise qui est devenue la figure de proue du combat écologiste, ne fait pas l’unanimité. Elle est l’objet de féroces critiques qui sont le pendant de louanges extrêmes. J’écoute les arguments des uns et des autres, mais je ne puis me défendre du sentiment que si l’on admet la gravité du défi écologique, on ne peut rejeter dédaigneusement le symbole qu’est devenue cette très jeune fille. C’est pourquoi la tribune qu’a donnée au Figaro hier Gaultier Bès, de la jeune revue Limite, m’a touché. À ceux qui citent la phrase célèbre de l’Ecclésiaste : « Malheur à toi, pays dont le roi n’est qu’un enfant… », Gaultier Bès la rétablit dans son intégralité : « Malheur à toi, pays dont le roi n’est qu’un enfant et dont les princes festoient dès l’aurore ! » Eh oui ! c’est bien le problème. Greta n’est qu’une enfant, mais si elle est devenue la voix de sa génération c’est sans doute que les grands, les importants, ont été inférieurs à leur tâche, à leur devoir.

Le réchauffement climatique est-il un mythe ? Les catastrophes qu’on nous décrit, records de chaleur, fonte des glaces au pôle, disparition des forêts, extinction vertigineuse des espèces sont-elles des réalités dramatiques ou non ? Si oui, Gaultier Bès a parfaitement raison : « Face à la catastrophe écologique qui s’accélère, toute voix qui s’élève pour résister, prôner la sobriété, exiger un changement de modèle, devrait être reçue avec gratitude. » Mais au-delà de Greta Thunberg, il y aurait lieu de reposer la question écologique dans toute son ampleur. Pour moi, elle ne se sépare pas de l’écologie humaine. Si l’on veut que l’homme cesse d’être un prédateur, il faudrait le resituer face à sa responsabilité à l’égard de la Création. Comme Jacques Ellul, le grand précurseur de la pensée écologique, je préfère le terme de Création à celui de nature.

Au cœur de la Création, l’humanité doit prendre conscience de sa vocation et cela ne se fera pas sans une réflexion anthropologique intense qui ne peut faire l’économie de son rapport à la technique. C’est pourquoi la discussion actuelle sur la PMA ne peut être dissociée de la question écologique comme l’a très bien compris un José Bové, qui s’en expliquait justement il y a quelque temps dans la revue Limite. L’instrumentalisation de la procréation par la technique n’est pas neutre du tout, d’autant qu’elle intervient dans ce qu’il y a de plus précieux dans la Création, la naissance.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 25 septembre 2019.

Messages

  • la conclusion de votre commentaire me convient beaucoup mieux que le début :
    ne soyons pas dupe : cette très jeune personne est bien manipulée par des ONG dont vous ne pouvez ignorer la puissance - notamment financées par le très discret Georges SOROS - qui déverse des milliards en communication (manipulation des opinions) et en logistique pour mener son combat idéologique (pro-migrant,multiculturalisme,pro-PMA/GPA etc...)
    Alors, quand je vois tous ces représentants des Etats à l’ONU applaudir le "discours" de Greta Thunberg , je trouve cela bien désolant ;
    De plus, mettre en cause et déposer plainte contre quelques pays dont la France, alors que les mastodontes Chine, Inde et USA ne le sont pas (parce qu’ils n’ont pas ratifié la convention) bien qu’ils soient très largement le trio de tête des gros pollueurs, c’est risible de bêtise.
    beaucoup de tartufferie dans tout ça. !
    bien à vous,

  • « Malheur à toi, pays dont le roi n’est qu’un enfant et dont les princes festoient dès l’aurore ! »
    Cette parole de l’Ecclésiaste, il faut la tirer un peu par les cheveux pour l’appliquer à la jeune Thunberg. En revanche, elle s’ajuste comme un gant à notre Macron de président, entouré de sa cour pléthorique qui festoie sans complexe tandis que la multitude est priée de se serrer solidairement la ceinture.
    La valeur n’attend certes pas le nombre des années et plusieurs des jeunes souverains du royaume de France l’ont jadis démontré. Mais ici on a affaire à quelqu’un qui, en dépit de son âge physiologique, est resté infantile à bien des égards.
    Il y a quelques décennies les enfants trépignaient d’impatience de se voir offrir une de ces nombreuses panoplies proposées par les magasins de jouets. Loin des panoplies d’indien ou de Zorro, le petit Emmanuel s’est, lui, vu offrir une panoplie de président avec tous les accessoires. Un peu trop grande pour lui, toutefois. Un cadeau à l’initiative de ses parrains et de ses oncles d’adoption, tous princes de la finance et du média qui tiennent table abondamment garnie et qui comptent bien profiter eux aussi des facéties que permet la possession par leur protégé d’une telle panoplie...

    Et Greta, dans tout ça ? Elle n’est qu’un pauvre singe savant à qui l’on a appris à faire la grimace et que l’on traîne de spectacle en spectacle, tandis que ses parents tiennent la caisse...
    Il y a un siècle et plus on se pressait pour aller voir le pétomane ou bien la Vénus hottentote dont les qualités callipyges attiraient les badauds.
    Aujourd’hui, c’est Greta qui polarise la versatilité des médias et des foules.
    Des citoyens adultes et équilibrés ont-ils besoin d’une adolescente pour prendre conscience des graves désordres que les comportements humains engendrent dans l’équilibre environnemental (sociétal, écologique, économique, etc) ?
    Les administrateurs du système voudraient nous en persuader. Tant que le petit peuple s’esbaudit à l’énoncé des platitudes sentencieuses de “la jeune suédoise”, il ne songe pas à renverser la table orgiaque où festoient ses (nombreux) princes...

    Le conte d’Andersen me paraît plus approprié pour décrire l’enthousiasme de circonstance des courtisans, et autres gens importants, qui font des ovations à la jeune Thunberg. Sauf qu’ici ceux qui osent dire que l’héroïne est désespérément nue se prennent des taloches pour leur manque de « solidarité avec la planète » ...

  • Comment expliquer qu’une adolescente de 16 ans puisse venir sermonner, avec des accents de folie, la terre entière à la tribune de L’ONU ? La revue Limite, qui avec raison s’attaque au libéralisme, devrait précisément s’interroger sur les soutiens financiers et logistiques de la jeune suédoise... Cela pourrait éclairer l’opinion publique..... Y compris jusques au Saint Siège....

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