Une Église de France qui s’interroge

par Gérard Leclerc

mardi 7 novembre 2017

L’assemblée des évêques de France à Lourdes, cette année, ne s’est pas déroulée dans une franche euphorie. Les constats n’incitent pas à l’optimisme. En seize ans, le nombre de séminaristes a diminué de 30 %. Ce chiffre dit à lui seul la situation délicate de notre Église. Certes, ainsi que le disait le pasteur évangélique Étienne Lhermenault à nos évêques : «  Si je comprends bien, le peuple de votre Église est moins nombreux, mais plus confessant.  » Si c’est vrai – pourquoi pas ? – il y aurait tout lieu de faire confiance à un élan missionnaire capable de faire retentir la Bonne Nouvelle face à ce que le même pasteur appelait «   l’immense désespérance du monde  ».

Mais comment faire face aux défis actuels dans cette position de faiblesse ? Mgr Pontier, dans son discours d’ouverture, a désigné le débat à propos de la procréation médicalement assistée comme un de ceux auquel les chrétiens devront participer pleinement. Comment procéder, dès lors qu’on se répand par ailleurs en lamentations sur «  un combat des idées que nous aurions déjà perdu   » ? Il y avait, chez beaucoup, la même résignation à propos du pseudo-mariage pour tous, avant même que la bataille ait vraiment commencé. Et certains ont même regretté par la suite l’immense vague de La Manif pour tous, qui avait réussi pourtant à secouer l’opinion et ébranler la pensée unique du moment.

Rien n’est jamais perdu d’avance, à condition de ne pas se laisser prendre au piège d’une sorte de déterminisme progressiste, qui annihilerait toute velléité de résistance. Georges Bernanos s’était déjà trouvé, après la guerre, confronté à l’inéluctabilité de l’avènement du communisme. Ce n’est pas parce que la masse de l’opinion semble avoir choisi la direction que lui indiquent les idéologues de la mutation sociétale qu’il convient de se rendre à la loi du plus fort. Comme le disait précisément Bernanos, «  le difficile pour un chrétien, n’est pas de se trouver au côté du pauvre (à l’époque phagocyté par le communisme), mais de s’y trouver avec Jésus Christ   ». De même, la difficulté n’est pas de se trouver au côté de l’opinion majoritaire, mais de s’y retrouver avec Jésus Christ. Et avec Jésus Christ, il s’agit de témoigner en faveur d’une exigence anthropologique, celle qui résulte de l’image du Seigneur, telle qu’elle se reflète sur la face de chaque visage humain. Selon la parole de l’apôtre, «  nous tous qui, le visage découvert, réfléchissons comme en miroir la gloire du Seigneur  » (2 Co 3,18).

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