Un vrai débat dans l’Église ?

par Gérard Leclerc

mardi 25 octobre 2016

Il ne faut pas se mentir. Il n’y a pas unanimité en ce moment dans l’Église de France, et la dernière prise de position de l’épiscopat sur le terrain politique [1] a suscité une contestation directe, souvent rude dans l’expression. Nous avions présenté ici-même ce texte, de façon positive, en nous félicitant qu’il prenne les choses par le haut, en rappelant notamment la primauté du bien commun et la nécessité de redéfinir le sens du politique. Beaucoup ne se sont pas reconnus dans cet essai de recentrage philosophique et cette volonté de passer outre aux oppositions frontales qui structurent aujourd’hui le débat national, singulièrement en cette période préélectorale. N’ayons pas peur des mots : les rédacteurs du document épiscopal sont directement accusés de conforter les bons sentiments du politiquement correct, en enterrant les sujets qui fâchent, qui ne sont pas vraiment traités dans leur charge la plus détonnante.

Ainsi lorsqu’est évoquée une situation mondiale peu rassurante, avec les incertitudes que posent « l’islam, sa présence dans notre pays, la crainte du terrorisme, les flux migratoires », le document n’apporterait pas vraiment de réponses. Les questions soulevées seraient même évacuées, car leur examen s’avèrerait trop pénible. La mondialisation elle-même, qui est à l’origine d’un bouleversement économique et culturel ne serait pas analysée avec l’attention qu’elle mérite. Et il est vrai qu’il manque au texte toute une dimension économique, avec le rôle des marchés financiers pourtant déterminant et le risque d’une crise généralisée dont celle dite des subprimes n’aurait été qu’un prodrome. Sur ce terrain, la parole du pape François apparaît infiniment plus incisive. Comment ne pas envisager en même temps la recomposition du tissu national, avec les zones qui ont bénéficié des échanges mondiaux et celles qui ont été reléguées dans un déclin qui affecte une grande partie de la population (la fameuse France périphérique de Christophe Guilluy).

Que notre épiscopat soit attentif au danger de l’exclusion et du rejet de l’autre, on peut le comprendre à l’aune des vertus évangéliques. Mais il y a aussi d’autres périls, qui émanent d’une incompréhension de la part de ceux qui estiment que, sous couvert de largeur d’esprit, on conforte l’illusion d’une société ouverte, masquant les fractures et les blessures des perdants de la mondialisation. C’est bien pourquoi il convient moins que jamais de fermer les yeux face aux insatisfactions qui se sont révélées à l’occasion d’une prise de position qui se voulait rassembleuse. Nous aurions tout à perdre d’ignorer des objections légitimes, dont le déni pourrait déstabiliser durablement l’Église de France.


[1Conseil permanent de la Conférence des évêques de France, Dans un monde qui change retrouver le sens du politique, 96 p., 4 €, Bayard, Cerf, Mame.

Messages

  • Le Conseil permanent de la conférence des évêques de France vient de publier un ouvrage intitulé Dans un monde qui change retrouver le sens du politique (Bayard, Mame, Cerf, 96 p., 4 €). C’est donc bien de politique qu’il s’agit, avec un épilogue proposant des éléments de réflexion en vue des prochaines élections. Une bonne heure suffit à la lecture attentive de ce livre d’une centaine de pages en petit format, composé d’une dizaine de chapitres très courts et agrémenté d’un quizz très à la mode.

    Le lecteur est d’abord frappé par la tonalité de l’exercice. Il se situe dans le registre sociologique du simple constat d’un certain nombre de maux qui affligent notre pays ou encore des formes de réaction des citoyens ; du désintérêt pour la politique aux modalités contemporaines d’expression « citoyenne ». Les courts chapitres comprennent souvent une grande quantité de questions, posées les unes après les autres, autant d’interrogations pour lesquelles on attend des réponses, a minima des pistes pour la réflexion. Par exemple, lorsque les évêques posent l’excellente question « Pour quoi suis-je prêt à donner ma vie aujourd’hui ? » [p. 52], on aimerait lire quelque chose de plus consistant et politique (et de moins relativiste) que : « la réponse est sans doute très personnelle et intime ». Ce registre sociologique est quelque peu gênant lorsqu’il est question des diverses initiatives citoyennes, le phénomène « Nuit debout » étant placé sur le même plan que les « Veilleurs », sans aucune appréciation de fond.

    Aucune analyse

    Les causes des fragilités, des difficultés ou impasses de notre société ne font jamais l’objet d’une analyse en profondeur. Or, sans diagnostic, comment proposer un remède ? Pourtant, il est écrit que « plus que d’armure, c’est de charpente que nos contemporains ont besoin pour vivre dans le monde d’aujourd’hui » [p. 42]. Voilà qui est bien dit. Mais alors pourquoi n’y a-t-il aucune allusion à la loi morale naturelle, dont la violation par les lois constitue l’une des causes majeures de nos maux contemporains ? Pourquoi n’y a-t-il aucune mention de l’ordre naturel sur lequel doit nécessairement s’appuyer l’ordre politique ? La Nation et la Patrie ne font l’objet d’aucune définition. Il est simplement dit que « les notions traditionnelles et fondamentales de Nation, Patrie, République sont bousculées et ne représentent plus la même chose pour tous » [p.15]. Pourquoi ne pas rappeler leur sens exact ? Nous ne trouvons également aucune définition substantielle du politique, en dehors du sacro-saint débat. Pour les auteurs, le politique suppose « la recherche du bien commun et de l’intérêt général qui doit trouver son fondement dans un véritable débat sur des valeurs et des orientations partagées » [p. 21]. Rien non plus sur les conditions du bien commun que sont la justice, l’unité, l’amitié politique… Aucune information n’est donnée sur ce qu’est une communauté politique, en quoi elle s’inscrit dans notre nature d’animal politique, prend corps au cours de l’Histoire dans une culture, des traditions, une langue, un patrimoine hérité, pour nous Français immense, riche de siècles d’efforts, de dons et de sacrifices. Cela n’apparaît qu’incidemment sous forme de questions. Dès lors, les justes remarques ou constats disséminés ici ou là, sur le respect de la vie et la famille par exemple, perdent l’essentiel de leur force, parce que leur fondement naturel a disparu.

    À ce stade, en faisant preuve d’un immense souci de compréhension eu égard à la qualité épiscopale des auteurs supposés, on pourrait en conclure que le choix d’un registre purement sociologique ne facilite pas l’exposé de ces notions fondamentales. Il s’agirait simplement d’éveiller l’attention sur le politique… Mais dans ce cas, pourquoi évoquer la nécessité d’une charpente sans en donner les grandes lignes ? Mais hélas, à y regarder de plus près, ce texte propose bien une charpente et ses grandes lignes… qui ne sont pas celles auxquelles nous aurions dû nous attendre. En effet, à défaut de rappeler que le politique découle de notre nature, l’ouvrage prend parti pour son antithèse radicale, le contrat social et son succédané la démocratie moderne et idéologique, bien supérieur qu’il nous faudrait défendre.

    Quel contrat ?

    Les auteurs nous expliquent que « le contrat social, le contrat républicain permettant de vivre ensemble sur le sol du territoire national ne semble donc plus aller de soi. Pourquoi ? Parce que les promesses du contrat ne sont plus tenues. Il a besoin d’être renoué, retissé, réaffirmé. Il a besoin d’être redéfini » (p. 30. Cette citation précède le chapitre 4 intitulé « Un contrat social à repenser »). La volonté humaine prend la place de la nature comme source du politique. Il est fait allusion à ceux « qui ne se sentent plus partie au contrat » [p.34]. Avis aux lecteurs : avez-vous entendu des Français victimes d’injustices dire qu’ils ne se sentaient plus partie du contrat ? Exit la France charnelle et son histoire. On apprend que la conception de l’identité nationale en France « supposait de façonner un citoyen dans le creuset républicain où il s’appropriait l’idée d’un pays » et que ce creuset aurait « plutôt bien fonctionné pendant des siècles » [p. 37-38]. Place maintenant à la redéfinition du contrat social et du pacte républicain en intégrant la diversité. Et en dehors de la République, il n’y a rien eu dans notre Histoire nationale ? Le baptême de Clovis, l’enthousiasme suscité par sainte Jeanne d’Arc pour la défense du royaume ne comptent semble-t-il pour rien dans notre identité. Le fait d’avoir traité au même niveau la Nation, la Patrie et la République, sans définir les termes, sous-entendait déjà la parfaite logique conceptuelle de l’ensemble.

    L’éloge du compromis

    Le reste coule de source. L’ouvrage fait l’éloge du compromis : « C’est, à partir de positions différentes, entrer dans un vrai dialogue où on ne cherche pas à prendre le dessus mais à construire ensemble quelque chose d’autre, où personne ne se renie, mais qui conduit forcément à quelque chose de différent des positions de départ. Ce ne doit pas être une confrontation de vérités, mais une recherche, ensemble, en vérité » [p. 58]. Logique. S’il n’y a pas de vérités politiques tirées de la nature de l’homme et de la Cité, le dialogue devient la source du « vrai ». Circonstance aggravante, ces propos suivent immédiatement un développement constatant, sans aucun jugement de valeur, qu’« il n’y a plus de vision anthropologique commune » avec une référence explicite au « mariage pour tous » et aux questions éthiques relatives au début et à la fin de vie. Sur ces sujets, nous sommes donc conviés au compromis. Les chrétiens ont des choses plus importantes à défendre … le débat ! (« Nous voudrions vous inviter à prendre la parole, à échanger avec d’autres » [p. 70]), dans une démocratie indépassable : « Les chrétiens, avec les autres, doivent veiller à la démocratie dans une société fragile et dure » [p. 59] – « si nous voulons progresser dans les pratiques démocratiques, nous devons promouvoir l’exercice du droit de vote » [p. 80]…

    Dans ces conditions, il n’y a plus de charité politique (expression absente), destinée au bien spirituel des âmes (jamais évoqué) assuré par de bonnes lois (jamais citées). L’objectif est autre : « Certains ont du mal à considérer que le religieux ait quelque chose de positif à apporter à la vie en société » [p. 61]. Quel serait donc cet apport ? Aider psychologiquement les caractères faibles, faire du social ? Une phrase a particulièrement retenu notre attention. À propos de la perte de repères résultant des évolutions économiques et sociales, il est question de « la disparition dans les villages des services de proximité, épicerie, bureau de poste, médecin, curé… » [p. 32] !!! L’Église assure un service de proximité identique à celui de l’épicier et des services postaux au cœur du pacte républicain. Voilà l’objectif.

    Le registre essentiellement sociologique n’a donc rien d’innocent. C’est celui de la modernité idéologique et du relativisme. Privés de leur fondement, les combats majeurs pour l’identité des personnes et pour la sauvegarde des communautés naturelles deviennent clairement seconds par rapport à la redéfinition du contrat social républicain et à la revitalisation de ses modalités d’exercice démocratique.

    C’est une reddition sans condition. Ce livre est définitivement refermé.

    • merci de préciser que cette analyse qui me parait, hélas, pertinente est extraite de "l’Homme nouveau".

    • Merci pour ce texte qui exprime ce que beaucoup de catholiques ont ressenti et je dirais même de non catholiques pour en avoir parlé avec eux à la lecture des pages épiscopales.
      Pendant les trente glorieuses et après le concile, la lecture insipide des lettres des évêques, à vrai dire, indifféraient les fidèles, les plus vieux se révoltaient certes mais les plus jeunes haussaient les épaules en nous disant de façon insouciante, cela passera !!
      Ce qui est triste, après Jean-Paul II et Benoît XVI et surtout après le retour du tragique que nous connaissons, c’est de voir que rien ne semble changé dans la prise de conscience.
      Les évêques comme toutes les élites sont "déphasés" et semblent ne pas comprendre ce qui se passe ou pire n’osent pas dire les choses.

      Après ce que nous avons vécu depuis deux ans où l’histoire et les périls se précisent, on est quand même en droit d’attendre des évêques, et je le dis sans acrimonie, autre chose. J’ai toujours déploré que l’Eglise qui s’intitulait de France devienne progressivement une Eglise des "habitants" de la France (en attendant sans doute un changement d’appellation : Hexagone ?...). Je ne défends pas une position "identitaire" en disant cela mais enfin on en revient toujours à la phrase de saint Jean Paul II : France qu’as-tu fait de ton baptême ? mais cette adresse peut se faire aux évêques " habitants de l’hexagone", j’évite ainsi le gros mot de "France", qu’est-ce que le pays de Saint Rémi pour eux. On aimerait qu’ils retrouvent la fierté et la fidélité due à nos héros et à nos saints qui finalement ont contribué pendant des siècles à faire ce qui s’appelle encore la France.

      Et je ne parle pas de l’absence dans ces phrases épiscopales de la folie de Dieu : avec de tels propos on se dit que Psichari, Charles de Foucauld et même la petite Thérèse n’auraient pu trouver la foi dans le christ, on se demande où ils auraient pu se perdre..la réponse me fait mal...Après la mort d’un prêtre égorgé pendant la messe et ce que cela veut dire, comment peut-on produire un texte aussi en dessous du désespoir non des habitants de la France mais de la France elle-même ?
      Je vois dans ces pages et dans beaucoup de déclarations, une forme de "trahison" de tous ceux qui nous ont précédés.
      C’est pourquoi, je n’avais pas compris le compte rendu enthousiaste de Gérard Leclerc à Radio Notre Dame sur ce texte navrant , à quand un texte et un vrai de l’Eglise de France et non d’un machin qui s’appelle la Conférence des évêques de France, on peut je le crains attendre encore longtemps, peut-être serons-nous tous morts et la France devenue un hexagone éclaté en mille morceaux, livrée à la barbarie et où le christ sera interdit.

    • @ 25 octobre 16:35
      @ 26 octobre 13:45

      La contribution de Joël Hautebert, parue dans "l’homme nouveau", est loin d’être « pertinente » comme "Paul" le prétend dans son titre de commentaire.

      Mais avant toute chose, il faut lire attentivement le texte de la CEF, en ayant pris soin, au préalable, de déposer toutes les œillères et les préjugés.

      http://www.eglise.catholique.fr/wp-content/uploads/sites/2/2016/10/Texte_Retrouver-le-sens-du-politique.pdf

      Tout d’abord, le texte publié est d’une très grande clarté. Nulle langue de bois, nulle langue de buis, il est accessible à un très large éventail de lecteurs.

      Les questions posées - car il s’agit essentiellement de questions renvoyées au lecteur - sont précises et pointent avec justesse sur les innombrables nœuds qui bloquent notre société.

      Joël Hautebert attendait vraisemblablement un catéchisme, une réponse identitaire à la crise de notre société. Peut-être même un écrit de combat faisant pièce à tous les écrits, polémiques, qui inondent le débat politique et social.

      Les évêques ne sont pas tombés dans ce double piège qui n’aurait pu qu’accentuer le clivage entre une société civile déchristianisée (indifférente ou hostile) et une Eglise (pasteurs et croyants) de plus en plus perçue comme un Ovni anachronique.

      Le catéchisme ? Il existe déjà (C.E.C.), il suffit de s’y référer !

      La problématique est posée (de façon très didactique) par le texte épiscopal. Il suffit donc au chrétien d’aller puiser les réponses dans un corpus qu’il devrait connaître : les encycliques, la doctrine sociale de l’Eglise et même la patristique...

      L’accusation de relativisme ne tient pas la route. Le rédacteur de l’HN se contente de faire des rapprochements en forçant les propos à des liens que le texte originel n’établit pas du tout.

      Pour ce qui est du compromis, non, le texte épiscopal n’est pas un « éloge du compromis » qui ferait fi des vérités et de La Vérité comme cela est caricaturalement affirmé en amalgamant des notions différentes.
      Il faudrait éviter de mélanger ce qui est de l’ordre des vérités révélées (auxquelles le chrétien adhère par un mouvement de foi) et ce qui est de l’ordre du débat social et politique ou même de la vision anthropologique.

      Il n’y a rien d’ignoble dans le compromis. C’est un art qui fait appel à la magnanimité du vainqueur tout autant qu’à la nécessaire empathie permettant aux protagonistes de comprendre les points de vue réciproques (et ce qu’ils peuvent comporter de juste).
      Tous les grands politiques qui ont façonné l’histoire du royaume de France en sont l’exemple, ils ont excellé dans le compromis, sans répugner par ailleurs à une fermeté remarquable dans de nombreuses décisions (Saint Louis, Louis XI, François premier,...).

      Il y a certainement quelques remarques à opérer sur certains aspects du texte (assez remarquable) que nous propose la CEF.
      Se permettre cependant de s’en gausser lourdement comme il est fait au travers de ce commentaire : « L’Église assure un service de proximité identique à celui de l’épicier et des services postaux au cœur du pacte républicain. Voilà l’objectif. » (!), démontre seulement une lecture univoque, orientée et de mauvaise foi.

      L’appareil critique de J.H. n’est pas sans défauts majeurs. Il invoque par exemple des « combats (...) pour la sauvegarde des communautés naturelles ». Comment pourrait-il définir ces fameuses « communautés naturelles » autrement que par une analyse sociologique et relativement à des espaces et à des temps ?

      Ou alors qu’il nous indique dans quelle sourate de la révélation divine une définition absolue et intangible de ce concept apparaît !

      « La volonté humaine prend la place de la nature comme source du politique »

      Notre critique est-il rousseauiste et nostalgique du bon sauvage s’ébattant dans un paradis perdu (et “naturel”) ?

      Il a certainement oublié que quelques-unes des pires dictatures faisaient l’éloge de la “nature”. (*)

      Quant à la République et la démocratie dont ce critique fait grief au texte de la CEF, force est pourtant d’admettre que, depuis 1871, nous vivons sans discontinuer dans un régime républicain et que, depuis 1958, notre consensus social repose sur une constitution - certes très largement malmenée et ébréchée - qui pose en avant des principes démocratiques et de souveraineté nationale reposant sur une souveraineté populaire.

      Il est tout à fait possible de remettre tout cela en cause (un Mélenchon, tout comme un Montebourg ne prêchent-ils pas pour une VIe République ?).
      Encore faut-il savoir pour aller vers quoi, et avec qui...

      En tout état de cause, ce n’est pas aux évêques de faire la révolution ni de définir les bases d’une nouvelle Constituante !

      * La cigüe qui pousse jusque dans nos jardins est on ne peut plus « naturelle » ; pourtant gare à qui se laisserait cajoler par sa nature...

    • Je partage la réaction de Réginald de Coucy lorsqu’il écrit notamment que les évêques ne sont pas tombés dans le double piège d’ "une réponse identitaire à la crise de notre société ...ou d’un écrit de combat faisant pièce à tous les écrits, polémiques, qui inondent le débat politique et social...ce qui n’aurait pu qu’accentuer le clivage entre une société civile déchristianisée (indifférente ou hostile) et une Eglise (pasteurs et croyants) de plus en plus perçue comme un Ovni anachronique". Bien vu.

      De plus, les évêques invitent à restaurer le débat politique, le débat sur le politique, et cette invitation ne s’adresse pas qu’aux catholiques.
      L’Eglise ne serait pas l’Eglise si sa parole n’était pas destinée à atteindre les personnes bien au-delà des limites sociologiques de nos paroisses...

      Et chacun reste libre en conscience quant à la façon de mettre en pratique cette exhortation en fonction de sa propre sensibilité politique et de ses engagements partisans ou associatifs.

      Certes, il peut paraître plus facile aujourd’hui de trouver une caution chrétienne à un vote à droite. L’homme français nouveau, catholique et de droite...Mais cette tendance est tout aussi trompeuse qu’elle a pu l’être dans le passé. En effet, à y regarder de plus près, l’offre politique aussi bien à droite qu’à gauche a dérivé assez loin des exigences de la doctrine sociale de l’Eglise catholique. Et c’est toute la difficulté des catholiques de droite comme de gauche que de tenter de combattre cette tendance...

      Que nos évêques ne laissent ainsi entrevoir que du blanc, sans aucun signe en filigrane sur le bulletin de vote catholique, n’est finalement pas si mal ciblé...

  • Réponse à Reginald de Coucy ;
    Personnellement j’ai été aussi quelque peu interloqué par le texte de la conférence des évêques et je crois comprendre l’analyse de Joël Hautebert., un éminent professeur d’histoire du droit à l’Université d’ Angers ; qui conteste Réginald de Coucy
    <J ene pense pas être le seul à avoir érpouvé un malaise légitime en lisant attentivement leur réflexion complète.
    D’abord avant de rentrer dans le vif du sujet une question me taraude :mais enfin d’’où parle ces évêques, quel est ce Christ , dont ils se disent disciples et cité en conclusion commel’invicible esperance d’uen lumière qui l’emporte sur toutes s les obscurités ; C’est un peu schématiqu
    . Bref ce n’est pas le Christ du retable d’Issenheim, ni celui pressenti par Dostoïevski, bref le Christ , celui qui nous fait vivre , non un simple éclaireur d’humanité, mais celui qui nous rejoint pas la kénose/
    Maintenant sur un point précis : quelle compétence ont ils pour parler du politique ? Je remarque une ange ou des expressions pauvres je cite : " L’ espérance chrétienne n’est pas seulement individuelle , elle aussi collective " : ( il ya de quoi frémir si on jette un coup d’œil aux espérances collectives du 20 siècle , et puis la lutte contre la massification n’est pas elle pas au cœur du combat chrétien . Le mot communauté est -il malséant pour nos évêques ?
    Et puis « que veut dire »réflexion citoyenne » j’aimerais que l’on précise. Les origines furent volontairement sanglantes ? le père, la mère et l’enfant du Temple ? ,
    Et puis quand je suis simplement poli, suis -je citoyen ou mû par mon cœur ?
    Et le summum : nous expliquer que la politique est l »affaire de tous, et qu’il « faut réhabiliter la politique « Désolé ; on se croirait à un meeting, nous attendons autre chose de nos évêque , une autre hauteur de vue plus exigeante. Oui, nous sommes exigeants !

    Pour Pierre Boutang dont la pensée n’est pas toujours facile à saisir, mais il nous incite à réfléchir : pour lui le politique est d’abord un souci . ‘Quel souci ? Celui de fonder, me semble-t-il - la relation, où le pouvoir au service du bien commun est reconnu au nom d’une transcendance qui est à cultiver aussi bien du coté des gouvernants que des gouvernés, bref un anti nihilisme réconfortant, puisque tout est toujours à faire naitre
    la légitimité étant dans cette reconnaissance réciproque en analogie avec la figure du père pour l’enfant . La nation n’étant pas cette réalité changeante vouée à disparaître, ( même si elle change de caractère) chère à nos évêques , mais cette pérennité due à notre naissance qui permet la jonction de notre destin singulier à l’universel ; la reconnaissance d’une communauté de naissance ce qui n’ a rien à voir avec le contrat.
    Enfin il ne s’agit pas de demander à nos évêques de donner un satisfecit à la droite ou à la gauche, mais de permettre de résister à ceux qui veulent , à droite comme à gauche, nous détruire tous : l’école, au nom de l’idéologie citoyenne, j’imagine , la famille, détruite le tissu social du pays, les paysans au nom d’une idéologie d e l a mondialisation, détruire la pudeur par une éducation sexuelle flirtant avec l a pornographie , détruire la maternité en interdisant tout e rappel de la vocation de la secrète femme, détruire la complémentarité homme femme ; La liste est longue . Est-ce le moment de parler de compromis à ceux qui veulent résister ?
    Enfin aussi mettre sur le même plan « nuit debout « et les veilleurs " est plus qu’inquiétant quand on observe que suite aux LMPT , pas un rétroviseur n’a été abîmé , alors que « Nuit debout a connu, sinon encouragé des débordement visant à brûler vif des policiers, ou à blesser grièvement des veilleurs totalement pacifiques,
    Quant aux communautés naturelles à préserver , ce sont des communautés humaines. Il s’agit bien sûr de l’animal politique d’Aristote , l’amitié etc..
    En conclusion si devons à tous nos évêques un attachement fidèle et un filial dévouement et c’est justement au nom de ce respect , nous devons en toute charité chrétienne discuter avec eux, quand en conscience éclairée , comme dirait Newman , nous ne sommes pas d’accord. L’Eglise a toujours fonctionné ainsi par la « disputatio » , la vraie école de démocratie et continuons dans la mesure d e nos moyens

    • @ 27 octobre 23:19

      Je ne vous comprends pas bien, Henri.

      Mais enfin, de quel Christ peut-il s’agir ? Les évêques catholiques (tout comme les orthodoxes) ne sont-ils pas en droite ligne les successeurs des apôtres, donc disciples du Christ ?

      Foin des retables et des Dostoïevski, le seul Christ est LE Christ, Celui qui est mort sur la croix et ressuscité ! Donc il n’y a pas vraiment à se poser de questions sur la nature et l’identité du Christ dont se réclament explicitement ou implicitement nos évêques...

      Y aurait-il là quelques germes de procès en hérésie à l’encontre des épiscopes gaulois ?

      « quelle compétence ont ils pour parler du politique ?  »

      Quelle compétence avons-nous, vous et moi, pour parler du politique ?

      Quelle compétence les millions de citoyens qui forment le corps électoral français ont-ils pour mettre leur bulletin de vote dans l’urne ?

      Dénierait-on aux évêques - au prétexte qu’ils sont évêques - la capacité d’avoir une réflexion sur le politique et sur la politique ?

      Ça me rappelle furieusement tous ces gens qui prétendent doctement que les prêtres n’auraient aucune qualification pour parler de la famille, des questions de couple et de morale sexuelle, sous prétexte qu’ils sont célibataires.

      A ce compte, qui peut parler de politique ? Les diplômés de Sciences Po, les énarques ?...

      Mais oui, « l’espérance chrétienne » est AUSSI « collective » ! Sinon, quel est le sens du mot Église ?
      Qu’y a-t-il de surprenant dans cette phrase des évêques qui rappelle une évidence évangélique ?

      « réflexion citoyenne » (contribuer à la)

      Pourquoi chercher midi à quatorze heures ? Un citoyen est quelqu’un qui s’intéresse à la vie de la cité et « contribuer à la réflexion citoyenne » est tout bonnement participer à la réflexion concernant la vie de la cité !
      Nul noir complot sous cette formule épiscopale, nulle connotation révolutionnaire, nulle apologie du sans-culotisme. Non, nos évêques ne sont pas les complices nostalgiques de Marat, ni des colonnes infernales...

      Vous appelez à une « hauteur de vue plus exigeante ». C’est le moment, en effet, de prendre de la hauteur dans la lecture de ce texte.
      Lorsque les évêques citent en exemple, pêle-mêle, « [les] Veilleurs, [les] Cercles du silence, (...) [les] Nuits debout », ce n’est évidemment pas pour les « mettre sur le même plan » mais bien pour illustrer « des désirs de parole » et des initiatives entreprises par les citoyens de ce pays (en réaction à la crise, au mal-être social et à une politique politicienne autiste et suicidaire).

      Je pourrais continuer sur de nombreux autres points...

      Le commentaire en question n’a pas grand chose à voir avec la discussion « en conscience éclairée » ni avec la disputatio mais avec la polémique et le procès d’intention.
      Il apparaît malheureusement qu’il y a dans cette lecture beaucoup d’a priori négatifs. Comment, dans ces conditions, la parole des évêques de France pourrait-elle être reçue à sa juste mesure ?

      Si des catholiques reçoivent aussi négativement les invitations de leurs évêques à la réflexion (à la réflexion politique), qu’en sera-t-il de ceux qui sont hostiles à la religion et au clergé ? (*)

      * Tiens, tout ça me fait penser soudain à l’une de ces innombrables conférences sur cassettes audio que j’écoutais lorsque j’étais sur la route et à cette invitation qui m’avait marqué : « Priez pour vos prêtres [évêques], au lieu de les critiquer !... »

    • Je crois que vous ne tenez pas suffisamment compte des facteurs suivants :

      1° comment l’épiscopat pourrait-il être vraiment rassembleur s’il est lui-même divisé quant à l’analyse de la crise du politique et aux réponses à apporter à cette crise ?

      2° est-ce que les évêques veulent ou peuvent même appréhender la crise du politique sur le seul terrain suffisamment solide qui est celui de la philosophie politique ?

      On peut en douter quand on observe l’absence de toute réflexion critique sur la dérive du projet européen qui fut longtemps un point de consensus parmi les catholiques et au sein de l’Eglise.

      Je crois pour ma part que les évêques s’y refusent car un discours aussi radical ne ferait que favoriser une tendance à la guerre civile déjà trop présente dans notre pays tout en plaçant l’Eglise dans une position sinon de dissidence du moins de résistance par rapport à un établissement politique de plus en plus libéralo-libertaire comme l’était par exemple l’Eglise polonaise sous le communisme...

      Il est clair que l’épiscopat n’est nullement prêt à assumer ce genre de posture à supposer qu’il en ait le potentiel intellectuel et humain. Il est tout de même frappant de constater le peu de moyens dont dispose l’Eglise en France pour exploiter les textes romains mis à sa disposition.
      Par exemple, l’épiscopat n’a encore lancé aucune mise à l’étude sérieuse de l’encyclique Laudato Si. Mais on pourrait dire la même du texte fondamental sur l’engagement des catholiques en politique de 2002. Et dans un autre registre, a-t-on observé l’amorce d’un débat au sein de l’Eglise sur un texte aussi intéressant que le livre de Pierre Manent sur la situation de la France ? Non, rien...

      En fait, l’Eglise en France donne surtout l’impression d’être hors jeu des grands débats intellectuels et c’est encore plus vrai au niveau des paroisses qui sont des lieux de "non-culture". Je ne vois d’ailleurs pas comment on pourra revitaliser la foi sans changer cet état de fait.

      3° j’ai l’impression les évêques sont confrontés à la même difficulté que l’établissement politique : alors que leur culture politique serait plutôt "social-démo-chrétienne", ils observent l’éloignement croissant des catholiques par rapport à ces références traditionnelles qui sont encore les leurs sans avoir les moyens de proposer une approche du politique qui puisse rassembler les chrétiens par-delà les différences de sensibilité politique : ils ont juste les moyens d’inviter à une interrogation sincère.

      4° Ma conclusion, c’est qu’on ne peut pas attendre des évêques aujourd’hui autre chose que le texte commenté, qui peut paraître bien décevant. Une sorte de service minimum, de point de départ.

      Mais doit-on attendre de nos évêques qu’il fasse le travail à notre place ?

      Ce qu’il faudrait en revanche, c’est que l’épiscopat accompagne mieux les laïcs qui, eux, s’activent pour en faire un peu plus. Mais ça supposerait d’inventer des rapports entre clergé et laïcs d’une autre nature que la tutelle sur l’action catholique et ça, les évêques ne savent pas trop faire car ils ont toujours la peur panique de se faire déborder ou récupérer à partir du moment où ils ne contrôleraient pas la chose...

    • Reginald, je n’ai aucun procès en hérésie à faire j’aurais simplement aimé une référence plus vivante à la figure du Christ des successeurs des apôtres. simple question de sensibilité et aussi d’efficacité.
      J’aurais aussi préféré que ces évêques disent que l’espérance chrétienne est pour tous, en relation implicite ou explicite avec la communion des Saints, qui la porte, plutôt que d’employer mot collectif qui est à mon avis un peu ambigu dans le contexte du siècle qui nous précède.
      La notion de" réflexion citoyenne "est nécessaire mais en France elle connotée à une époque où la logorrhée des valeurs républicaines tourne à vide. La conférence épiscopale, qui à mon avis ne représente pas toutes les sensibilités, mais toujours la même, parle bien de contrat social et d’identité à façonner dans le creuset républicain, c’est justement le fond du problème.
      Personnellement j’ai été 35 ans, non 50 ans si je compte ma scolarité -et je suis toujours d’une autre manière sur le terrain-, celui l’ école publique et je pose la question depuis plus de trente ans :
      N’avons-nous pas justement perdu la bataille d e l’école- comme en 39 nous avons bien perdu la guerre- avec ce discours abandonnant les enfant qui nous été confiés aux tentations aux dérives que nous connaissons ? . Bref je me reconnais une plus grande compétence en toute modestie de prof de banlieue sur ce plan là pensant que l’école n’a pas à servir de chien de garde à un régime quel qu’il soit ! Désolé, chacun sa compétence dans son métier.
      Maintenant vous parlez à juste titre de méfiance. Distinguons les personnes de l’appareil : chaque fois que j’ai pu rencontrer un évêque en personne, je lui ai témoigné en toute sincérité mon filial respect et dévouement et nous avons eu très brièvement un échange fécond sur d’autres sujets.
      Ici, je m’interroge, c’est vrai sur l’appareil épiscopal l en France et j’avoue que j’ai peu digéré l’intervention de Mgr Ribadeau – Dumas ; secrétaire de cette conférence, sur le « genre » désavouant implicitement le pape François sur ce domaine, oui vous avez raison de relever que ma confiance est entamée. Suis-je le seul ?
      Ma compétence est limitée, et je ne suis qu’ un laïc lambda, je peux me tromper certes et vous pouvez me le faire remarquer, mais je peux aussi comme tout un chacun avoir voix au chapitre dans discussion à mon niveau..
      Je réserve le terme « disputatio » à un niveau plus élevé, je vous l’accorde, mais puis-je poser des questions ?

    • Réginald de Coucy a sûrement raison sur un point : il faut prier pour nos évêques, nos pasteurs, et saluer leur souci du bien commun et celui de ne pas attiser les tensions. Le reste est à débattre sereinement .

  • Après avoir lu deux fois ce texte assez laborieux, qui m’a convaincu que nos puissances mitrées n’étaient vraiment pas faits pour s’attarder trop sur le monde séculier, je suis retourné vers l’opuscule de 1992, par notre regretté André Frossard « Le parti de Dieu. Lettre aux évêques ». Tout y était dit, il y a vingt-cinq ans.
    Et je me sens définitivement plus à l’aise en compagnie des excellentes critiques lues dans Lafautearousseau, par François Marcilhac,
    http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2016/10/25/des-eveques-plus-mondialistes-que-catholiques%C2%A0-5865530.html
    et
    http://lafautearousseau.hautetfort.com/archive/2016/10/25/l-episcopat-parle-mais-a-qui-aux-francais-non- aux-habitants-5865425.html

    Et l’on peut gagner du temps en spéculations, puisque la seule préoccupation de ces pauvres évêques bien peu spirituels, est de combattre le Front National. L’église du quartier populaire où j’ai grandi, La Ferrandière à Villeurbanne, où je suivais le catéchisme, où je chantais le dimanche, où j’ai servi la messe, où ma grand-mère m’emmenait aux ventes de charité, où nous nous sommes mariés, et où furent célébrés nombre des sept sacrements pour celles et ceux de ma famille, vient d’être démolie. Merveilleuse époque … Demandera-t-on à l’évêque Pontier de Marseille le nombre de nos lieux de cultes abattus sous son règne à travers la France ? A propos, a-t-il des nouvelles du Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine ? Un vrai courageux ce Pontier là …

  • Je suis bien d’accord avec les commentaires de Réginald de Coucy et Philippe Pouzoulet. Les évêques nous donnent des pistes de réflexions en posant selon moi de bonnes questions. Ils aident ainsi l’ exercice personnel de discernement que nous devons faire à l’occasion de cette élection essentielle pour notre pays. En dehors du catéchisme, l’Eglise nous offre un tas d’instruments pour aider notre réflexion ; encycliques sociales, doctrine sociale, et d’autres textes du magistère concernant la famille, la politique au sens noble du terme, c’est à dire l’organisation de la Cité, le progrès technique, l’environnement ... Ce n’est pas à l’Eglise de donner des solutions mais d’indiquer des pistes. En tant qu’ancien chef d’entreprises , moyennes et grandes, je me suis plusieurs fois inspiré de la doctrine sociale de notre Eglise. En tant que chef de famille nombreuse, j’ai pu trouver des réponses à mes questions dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique. Je n’ai pas demandé à l’institution me donner des instructions ; j’ai utilisé mon libre-arbitre, éclairé par les textes du magistère, mais toujours libre de mes choix. C’est cette liberté qui fait la grandeur, mais aussi la servitude du chrétien exerçant des responsabilités, avec en ligne de mire le service des autres.
    Je suis d’accord avec Gérard Leclerc quand il exprime une crainte de voir ressurgir un débat interne dans l’Eglise qui ne réglerait rien sauf satisfaire le " Malin."
    J’ai été quelque peu surpris par la virulence de certaines attaques, par exemple accusant les évêques de faire de la sociologie de comptoir. On trouve cette expression sous la plume d’Yves de Kerdrel dans son édito de la newsletter du 13/10. Ma propre plume n’a fait qu’un tour, et bien que lecteur de VA, j’ai osé dire à G de K que je trouvais son jugement incorrect. Vous trouverez ma lettre dans le dernier numéro, 4170, page 104 sous le titre " L’urgence de retrouver le sens politique." Juste avant est publiée une lettre d’un autre lecteur qui parle de la légèreté des évêques et qui cite le Cardinal Sarah appelant à un retour à la Source. Essayer d’opposer nos évêques et le Cardinal Sarah n’est sûrement pas la bonne approche d’un débat nécessaire que Gérard suggère à juste titre.

    • Quelques lignes parce que l’article de Gérard Leclerc ne peut laisser indifférent et encore moins le document épiscopal dont il est l’objet. Retenu : "...il est vrai qu’il manque au texte toute une dimension économique, avec le rôle des marchés financiers pourtant déterminant..." et "Que notre Episcopat soit attentif au danger de l’exclusion et du rejet de l’autre, on peut le comprendre à l’aune des vertus évangéliques. Mais il y a d’autres défis... C’est pourquoi nous aurions tout à perdre d’ignorer des objections légitimes....".

      Sans volonté d’entrer dans la discussion sur ce sujet, serait-il permis d’en dire quelques mots : tout d’abord le titre du texte présenté par le Conseil permanent de la CEF s’adresse apparemment non pas aux catholiques français, mais "aux habitants de notre pays"... D’autre part, en faisant référence au "service politique" était-il vraiment indispensable de citer des noms et taire celui de "bien d’autres de sensibilités politiques différentes (qui) ont montré toute la noblesse de ce service..." ? Mais il est vrai qu’aucun texte au monde ne saurait atteindre la perfection, comme tout ce qui est du ressort de l’humain, voilà pourquoi il ne s’agit, ici, que de souligner un des aspects lequel, pour légitime qu’il soit, risquerait de comme enlever ou priver ce texte "aux habitants de notre pays" d’un minimum d’entière neutralité. D’autre part, les membres du clergé sont autorisés à "parler politique" ne serait-ce que parce qu’ils sont aussi des citoyens bénéficiant du droit de vote.

      Force est de constater la forme qu’a prise la discussion initiée par l’article de G. Leclerc : les différentes interventions dans leur presque ensemble sont d’une tenue digne d’un débat sérieux, en dépit ici et là d’une certaine force dans les expressions contradictoires mais jamais dénuées de la bienséance et du respect dû à l’autre. Voilà qui donne valeur à un débat en lui faisant prendre de la hauteur. On trouve dans ces échanges les sensibilités des uns et des autres et que le plus souvent ils campent sur leur position ne signifie aucunement entêtement ou autre obstination. L’exemple de l’un deux qui donne raison au fait qu’"il faut prier pour nos évêques, nos pasteurs..." aura été perçu non comme une reddition découragée ou ironique puisqu’il est écrit aussi que "Le reste est à débattre sereinement".

      Finalement, la possibilité est offerte à la fin du document épiscopal de pouvoir s’adresser les yeux dans les yeux à nos pasteurs dans "Quelques pistes pour échanger à partir du texte du CPCEF aux habitants de notre pays". D’éventuelles réponses à cette invitation n’auraient-elle pas quelque vertu à les aider ?... Serait-on autorisé à souhaiter qu’ils se trouvent débordés par nombre réactions ? Qu’elle belle preuve se serait d’une guerre contre l’immobilisme. Après tout, ne l’auraient-ils pas cherchée...

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