Un synode pour les jeunes

par Gérard Leclerc

mardi 17 janvier 2017

Le prochain synode des évêques, qui se tiendra à Rome en 2018, se rapportera à la jeunesse dans la perspective de son accueil de la foi et du discernement des vocations. Un questionnaire a été envoyé à ce propos aux conférences épiscopales qui devront apporter leurs réponses en septembre prochain. La pastorale des jeunes n’est évidemment pas une nouveauté pour l’Église, qui a déjà une longue expérience dans ce domaine et dispose aujourd’hui de structures et de mouvements d’une belle vitalité. Il est vrai aussi que ce n’est qu’une minorité qui se trouve ainsi touchée et qu’il est d’une nécessité criante de s’intéresser aux masses qui n’accèdent ni à la culture chrétienne ni à la sociologie ecclésiale actuelle. De là la mise en œuvre d’une vaste enquête à l’échelle de la planète entière.

La complexité du sujet devrait vraisemblablement susciter un travail de discernement, car l’objectif qui consiste à « se mettre à l’écoute des désirs, des projets, des rêves » de la jeunesse, dans l’orientation des existences singulières et des aspirations collectives apparaît très ambitieux. D’un continent à l’autre, les différences de sensibilité apparaîtront en raison des modes de vie, des situations politiques, du développement économique, ainsi que du patrimoine de civilisation. D’ailleurs, le questionnaire proposé cible les continents. L’Europe se caractérise notamment par « la richesse de sa mémoire chrétienne », par un potentiel de protestation de la part d’une génération mise à l’écart et rejetée par le système établi, et aussi par les distances intergénérationnelles.

Comment notre Église de France entend-elle mener cette entreprise de reconnaissance plutôt ardue ? Nous ne le savons pas encore, mais d’ores et déjà il appartient à tous ceux qui sont partie prenante de l’action pastorale, de participer à la réflexion commune. Nous serions tenté pour notre part d’attirer l’attention sur le récent ouvrage d’Alexandre Devecchio intitulé Les nouveaux enfants du siècle (Éditions du Cerf). Certes on peut contester le point de vue de l’auteur qui ne cache pas ses options personnelles. Mais justement, la réaction même négative à sa classification entre plusieurs types de jeunesse peut être stimulante et aider à approfondir une réalité sociale propre à secouer les idées toutes faites et les mentalités trop habituées. Il n’y a pas seulement la jeunesse du Bataclan, glorifiée par Libération, il y a aussi la jeunesse des quartiers perdus de la République, celle de la France périphérique, celle de La Manif pour tous… Ce n’est qu’en reconnaissant sans tabou les caractéristiques contrastées des nouveaux enfants du siècle que nous serons en mesure de réfléchir aux propositions de foi rendues urgentes par la perte de la mémoire chrétienne en France et en Europe. 

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