Un prêtre ordonné pour l’Eglise gréco-catholique ukrainienne en France

par Vincent AUCANTE

mardi 23 juin 2015

Dimanche 31 mai, Sviatoslav Horetskyi a été ordonné prêtre par Mgr Borys Gudziak dans le rite gréco-catholique ukrainien en la cathédrale Saint-Volodymyr-le-Grand, à Paris.

La communauté ukrainienne s’était rassemblée nombreuse ce jour-là pour fêter la pentecôte. Cet événement s’est déroulé en présence du cardinal Sandri, préfet pour la Congrégation pontificale des Églises orientales, et de Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient.

Cette ordination est révélatrice à la fois du dynamisme de la communauté grécocatho lique ukrainiennen face aux défis du monde présent (cf. FC n° 3440), et de ses spécificités. Comme toutes les Églises gréco-catholiques, en effet, les Ukrainiens suivent le calendrier julien, tout comme les orthodoxes, et ont donc fêté cette année la Pentecôte plus tard que les catholiques des autres rites. Par ailleurs, le P. Horetskyi est aussi marié et père de famille : en parfaite union avec Rome, les Églises catholiques de rite oriental ont en effet conservé la faculté d’ordonner à la prêtrise des hommes mariés. Jusqu’à présent, cette possibilité canonique était réservée aux territoires d’origine de ces communautés, une restriction dérogeant aux conciles successifs qui ont conduit au rattachement des communautés de rite oriental à Rome. Elle a donc été levée, et l’ordination de Sviatoslav Horetskyi est une première qui sera suivie d’autres. Plusieurs diacres mariés se préparent ainsi à une ordination prochaine en France dans l’Église gréco-catholique ukrainienne, et l’Église arménienne catholique envisage aussi cette possibilité (cf. FC n°  3443).

Il y a actuellement vingt séminaristes ukrainiens en formation pour l’éparchie gréco-catholique ukrainienne, qui comprend le Benelux, la Suisse et la France. Mgr Gudziak accorde une attention particulière à ceux qui sont fiancés, et à leurs futures épouses qui sont aussi accompagnées spirituellement. Car ceux qui sont mariés ou fiancés doivent projeter à deux leur avenir familial dans la perspective de cette mission pastorale.

L’adhésion du conjoint comprend en effet la vie pastorale du futur prêtre, une condition indispensable que l’on retrouve chez les épouses des futurs diacres ordonnés dans le rite latin.

Interrogés quelques semaines avant l’ordination Justine et Sviatoslav en témoignent en chœur : «  Nous sommes prêts à aller là où nous serons envoyés  ».

Les questions matérielles, qui ne sont pas du même ordre pour une famille et pour un prêtre célibataire, ne les soucient pas : on retrouve chez eux la confiance et la vigueur sereine des premiers chrétiens et des communautés nouvelles. Ils adhèrent aussi pleinement au regard que porte leur évêque Mgr Gudziak sur la vocation des diacres et des prêtres : «  Servir une Église pauvre pour les pauvres, avec la volonté, le désir de servir cette communauté de fidèles toujours en augmentation.  »

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