Traduit par Aurélie D.

Un nouveau départ pour 2018

par le Rév. Jerry J. Pokorsky

mardi 16 janvier 2018

Le ministère de Jean le Baptiste était un appel à la repentance, la renonciation au péché comme prophétisé par Isaïe : « Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez ses sentiers. » (Mt 3, 3). Les dix commandements fournissent la base morale de la foi, avec le premier commandement, le plus important de tous : « Je suis Yahweh ton Dieu, tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face. »

Les fausses divinités apparaissent sous toute forme et toute taille. Comme la culture rejette de plus en plus notre héritage judéo-chrétien, nous ne pouvons pas exclure un retour des fausses idoles, faites de pierre. Mais une fausse divinité peut aussi être une obsession si forte qu’elle éclipse totalement l’adoration du Dieu unique. Ces obsessions sont nombreuses, mais il est utile de se concentrer sur un seul type d’obsession : la colère.

Quelque chose de curieux se passe lorsque nous vieillissions. Nos vies semblent se compresser et nous perdons la notion du temps. Les événements qui paraissaient avoir eu lieu plus tôt dans l’année ont en fait eu lieu il y a déjà plusieurs années. Curieusement, même les souvenirs distants, bons ou mauvais, sont plus présents. Le jour de la commémoration de Pearl Harbor, les journaux états-uniens ont montré des vétérans âgés de 90 ans avec des visages exprimant un chagrin tel, qu’ils semblaient être de retour en 1941, à cette date fatidique.

Il existe une vielle blague à propos des Irlandais atteints de la maladie d’Alzheimer : vous oubliez tout sauf les rancunes. Mais elle n’est pas seulement destinée aux Irlandais. La colère est facile à comprendre, la plupart d’entre nous la connaisse bien, celle-là même de notre enfance. Enlevez un hochet à un bébé et il pique une colère. En vieillissant, nous exprimons simplement notre colère d’une manière un peu plus sophistiquée… quand certains nous piquent notre hochet.

Si nous ne sommes pas vigilants, il est tout à fait possible de s’aigrir pour une insignifiante colère qui reste de se transformer en véritable haine. Nous sommes capables de laisser un mécontentement momentané devenir la raison de nourrir une rancune.

Nous ne devons d’ignorer l’outrage qui accompagne l’injustice. L’outrage a sa place. Par exemple, l’Eglise reconnait le rôle de l’état en administrant la peine capitale précisément dans ce désir de justice : « Mais les [peine de mort] sanctions infligées par les autorités civiles, en vengeance légitime du crime commis … permet la sécurité de la vie en réprimant l’outrage et la violence. » Mais même un outrage légitime qui résulte d’une injustice doit être contrôlé et réglé.

De plus, nous ne pouvons nous appuyer sur aucun gouvernement pour parfaire l’application de toutes les lois justes. Outre le fait de tenir les criminels déséquilibrés à l’écart pour le reste de leurs vies par la menace de poursuites judiciaires, il est déraisonnable d’attendre de leur part que tous les malfaiteurs soient jugés. Mais cultiver une colère fourmillante à propos d’une injustice non-résolue n’est pas la réponse aux faits de la vie humaine. Cultiver la rage n’est pas seulement autodestructrice ; l’obsession devient un type de fausse divinité, au centre de nos vies.

Il y a quelques années, un célèbre traqueur juif de nazis a fait remarquer que la plus grande tragédie de l’Holocauste avait peut-être été de devenir plus importante que l’Exode dans l’histoire juive.

Qui sommes-nous, à la grâce de Dieu, pour enlever cette fausse divinité de la haine en cette période où nous devons accueillir la venue du Seigneur et faire face à une toute nouvelle année ? Ce n’est pas évident, comme nous le savons tous.

Quelques suggestions bibliques :

Reconnaissez que la colère juste n’est pas un péché. La colère pousse à agir, à équilibrer les balances de la justice. « Emportez-vous, mais ne commettez pas le péché. » (Ep 4, 26).

La colère juste doit être proportionnée et raisonnée : « que le soleil ne se couche pas sur votre colère. » (Ep 4, 26).

Contez jusqu’à 10 après avoir été provoqué avant de répondre : « Chacun doit être prompt à écouter, mais lent à parler et lent à se mettre en colère. » (Jc 1,19) (« Mon chéri, pourquoi est-ce que tu ne me réponds pas ? « Ma chérie, je suis en train de compter jusqu’à 10).

Soyez prêts à pardonner et pardonner encore : « Alors Pierre s’approcha de Jésus et lui demanda : « Seigneur, combien de fois devrai-je pardonner à mon frère s’il se rend coupable envers moi ? jusqu’à sept fois ? » « Non, répondit Jésus, je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. » (Mt 18, 21-22).

Supportez patiemment les fautes des autres en vous rappelant vos propres erreurs : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. »

Reconnaissez que les émotions fortes comme la colère sont volatiles et ne peuvent être contrôlées sans la grâce de Dieu. Ne négligez donc pas la prière, le Sacrement de Pénitence et la Sainte Communion : « Eh bien, moi je vous dis : aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent. » (Mt 5, 44).
Ne négligez pas la valeur rédemptrice de la souffrance de l’injustice : « Maintenant, je me réjouis des souffrances que j’éprouve pour vous. Car, en ma personne, je complète ainsi ce qui manque encore aux souffrances du Christ pour son corps, qui est l’Église. » (Col 1, 24).

Essayez la gentillesse chrétienne d’antan : « Si ton ennemi a faim, donne-lui à manger ; s’il a soif, donne-lui à boire ; car, en agissant ainsi, ce sera comme si tu amassais des charbons ardents sur sa tête. Ne te laisse pas vaincre par le mal. Sois au contraire vainqueur du mal par le bien. » (Rm 12, 20-21).
Enfin, surtout pour les injustices sérieuses, chroniques et non résolues, ayez confiance en la justice de Dieu. Malgré les apparences, personne n’échappe à la justice pour un meurtre : « pour le jour de la vengeance et de la rétribution, quand viendra le moment de leur chute. Ce jour de malheur ne tardera pas, le moment de leur déchéance est proche. » (Dt 32, 35). Personne n’échappera à la place du jugement de Dieu car il y a un paradis et il y a un enfer.

Nous avons le choix d’être obsédés par les injustices et de risquer nos âmes ou d’anticiper le Christ avec une foi ferme. Soyez résolus à simplement arrêter à … Arrêtons de nourrir nos peines, petites ou grandes, et préparons la voie du Seigneur en cette nouvelle année et chaque année.

Dimanche 31 décembre 2017

Source : https://www.thecatholicthing.org/2017/12/31/a-fresh-start-for-2018/

Image : jean Baptiste Léonard de Vinci, 151 [Louvre, Paris]

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