Charles de Foucauld face à l’islam

Un enseignement pour notre temps

par Annie Laurent

vendredi 19 juin 2020

Le désert du Hoggar, en Algérie, où le Père de Foucauld construisit son troisième ermitage, "l’Assekrem".
© Jacques Savoye / Pixabay

L’évolution de Charles de Foucauld vis-à-vis de l’islam comporte des enseignements précieux pour aujourd’hui.

Lorsque l’Église catholique proclame la sainteté de l’un de ses membres, c’est pour le donner en modèle à toute la chrétienté. Et la Providence a l’art de susciter les saints qui correspondent aux besoins de l’Église à chaque étape de son pèlerinage terrestre. Cela se vérifie pour Charles de Foucauld.

Sa béatification, célébrée à Rome par le pape Benoît XVI le 13 novembre 2005, est intervenue à un moment significatif de l’histoire : la mondialisation qui favorise comme jamais le mélange des peuples, des cultures et des religions, notamment du christianisme et de l’islam. La vie, la spiritualité et les écrits du Frère Charles de Jésus contiennent de précieux enseignements aptes à aider les chrétiens à aborder cette réalité géopolitique dans la fidélité à leur vocation baptismale.

Pourtant, l’héritage de celui qui se désignait lui-même comme «  frère universel  » n’a pas toujours été bien compris dans ses profondeurs. Quand il n’a pas, quelquefois, été récupéré à des fins idéologiques liées à certaines circonstances historiques, en particulier le «  complexe  » qui a atteint une large part de la société française après l’accession de l’Algérie à l’indépendance (1962), associant du même coup en une approche négative colonisation et évangélisation. Alors qu’au contraire, l’administration coloniale, laïque, entravait l’effort missionnaire.

Charles de Foucauld s’en plaignait d’ailleurs, comme en témoigne sa célèbre sentence contenue dans une lettre adressée à René Bazin, son premier biographe, le 16 juillet 1916 : «  Si nous n’avons pas su faire des Français de ces peuples, ils nous chasseront. Le seul moyen qu’ils deviennent français est qu’ils deviennent chrétiens  » (in Charles de Foucauld, explorateur du Maroc, ermite au Sahara, Plon, 1921).

Cependant, cette position ne reposait sur aucun calcul politique. La vocation du Frère Charles, était avant tout missionnaire, et il en parlait abondamment dans ses correspondances, diaires et notes spirituelles, sur lesquels s’est appuyé Pierre Sourisseau pour rédiger sa biographie de référence (Charles de Foucauld. Biographie, Salvator, 2016). Il rejetait d’ailleurs l’idée, alors répandue dans les milieux français, selon laquelle les musulmans seraient inconvertissables, ce qui revenait, selon lui, à les considérer comme incapables de connaître la vérité et manifestait un insupportable manquement à la charité.

Retrouvez l’intégralité de l’article dans le magazine.

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