Les convertis de l’islam

Un défi pour l’Église

par Véronique Jacquier

vendredi 9 avril 2021

À Pâques, 3 639 catéchumènes ont reçu le baptême en France, dont près de 10 % d’anciens musulmans. L’aboutissement d’un parcours long, difficile, et même parfois dangereux. Un rapport récent de l’ECLJ souligne le risque de persécution qui pèse sur eux.

C’est un point commun qui unit la majorité des convertis de l’islam : le caractère soudain et radical de leur rencontre avec le Christ. L’enseignant et docteur en histoire Jean-François Chemain relate dans son ouvrage, Les convertis de l’islam (Artège – voir notre précédent dossier FC 3672, mars 2020), que la plupart des convertis interrogés deviennent catholiques après une apparition ou un songe. «  J’ai rencontré une femme de 30 ans, policière, qui a fait six rêves successifs de passages de l’Évangile, et au sixième, quand elle s’est réveillée, elle affirmait que le Christ était dans sa chambre ! Une autre, coiffeuse, voit dans un miroir un homme sur un âne [comme Jésus entrant à Jérusalem, NDLR] et elle entend une voix lui dire : "Cet homme va mourir." Ce sont des chocs très forts.  »

« Il n’est pas comme les autres  »

Le choc engendre alors un besoin de connaître la religion chrétienne et de l’embrasser très vite. Il rend le futur converti sûr de son choix, ce qui n’est pas évident tant l’environnement immédiat devient hostile, avec souvent un rejet de la famille et de la communauté. «  Il y a l’exemple d’un garçon maudit par sa mère et recherché par son frère, raconte Jean-François Chemain. Je connais aussi un converti qui travaille à Lyon dans un supermarché. Il est harcelé en permanence par les musulmans qui ne savent pas qu’il est chrétien, mais qui se rendent compte qu’il n’est pas comme les autres.  » Autre épreuve : les menaces de mort, avec des épouses obligées de changer d’identité pour échapper à leur mari. Le corollaire : la solitude,
car le converti se retrouve souvent isolé, sans conjoint.

Ce constat est palpable en France, mais il tend aussi à se rendre visible en terre d’islam. Marc Fromager est directeur de Mission Ismérie qui vient en aide aux convertis (voir encadré). Ancien directeur de l’Aide à l’Église en détresse, il observe qu’en Iran et en Égypte, de plus en plus de jeunes musulmans quittent l’islam parce qu’ils ne supportent plus la théocratie… «  Je remarque une vraie dynamique, mais pour aller vers quelle alternative ? C’est là que l’on voit surgir des phénomènes de conversion.  » Pourtant, à l’étranger comme en France, le nombre de convertis reste difficile à évaluer, car tous vivent dans la confidentialité. Y compris au sein de leur couple.

Retrouvez l’intégralité de notre Grand Angle sur les convertis de l’islam dans le magazine.

Messages

  • Il m’a été donné de rencontrer à la gare saint-Lazare un ancien musulman converti au christianisme. j’attendais le train et je lisais un livre d’histoire religieuse. Cet homme jeune a noué le dialogue avec moi et a parlé de sa "libération religieuse". Il rayonnait.
    Le 15 août 2017, un pélerinage eut lieu à Notre-Dame de Bonsecours, près de Rouen, in memoriam de M. l’abbé Hamel, récemment assassiné. Un habitant de Saint-Etienne du Rouvray, d’origine musulmane (converti ???) participait à la procession . Il portait en ex-voto le portrait du P ; Hamel qu’il venait de peindre. l’oeuvre est peut-être encore à N.-D. de Bonsecours.
    Amicalement

  • Terrible épreuve en plus : la tristesse et la déception des musulmans convertis à l’Église Catholique souvent au péril de leur vie, d’entendre le chef de cette même Église déclarer benoîtement avec son ami le Grand Mufti Ahmed Al Tayeb que "Le pluralisme et les diversités de religion [...] sont une sage volonté divine, par laquelle (sic !) Dieu a créé les êtres humains" (Document sur la fraternité humaine, février 2019)

  • Pourrait-t-on qualifier - sans exagération ni emphase - ce N° 3720 de France catholique de très spécial alors que le principal sujet abordé a déjà fait l’objet de nombre d’articles et forums ? Question posée en tenant compte des paramètres temps, événements, évolution et qualité des débats, méconnaissance et souvent ignorance de l’Islam etc. Enfin, un des aspects les plus regrettables (comment nommer le fait sans porter de jugement de valeur) serait à mettre au compte de nombre d’articles, discours et débats y afférents susceptibles de gangrener des situations très délicates au lieu d’aplanir les malentendus et/ou excès sous prétexte de faire acte de "soumission"...

    L’ensemble des articles de ce numéro d’avril 2021 sur l’Islam est à aborder sans a priori mais avec une ,juste compréhension des mots et un regard neuf, un peu celui de Christ sur nous. Le Seigneur ne nous propose-t-Il pas des conseils et une Voie à suivre plutôt que de s’acharner à nous sauver malgré nous ?

    Très bonne lecture !

  • "... nous demandons à tous de cesser d’instrumentaliser les religions pour inciter à la haine, à la violence, à l’extrêmisme et au fanatisme aveugle, et de cesser d’utiliser le Nom de Dieu pour justifier des actes d’homicide, d’exil, de terrorisme et d’oppression. Dieu, le Tout-Puissant, n’a pas besoin d’être défendu par personne et ne veut pas que son Nom soit utilisé pour terroriser les gens...". (extrait du § 21 du "Document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune" daté du 04 février 2019 et co-signé par le Pape François et le Prof. Ahmed El Tayeb à Abou-Dhabi).

    Sans se substituer à qui que ce soit pour exprimer un quelconque sentiment, les lignes ci-dessus pourraient refléter une large partie du document dit "d’Abu-Dhabi", en soulignant que rien dans le texte n’est en contradiction avec le Droit canon de l’Eglise catholique.

    En espérant qu’aussi bien la majorité des musulmans dits "convertis à l’Eglise catholique" que celle des chrétiens se considérant "de souche" pourront en toute liberté méditer cet aspect non négligeable du document.

    P.S. Cet extrait est tiré du texte en français édité par la Librairie du Vatican où nulle part - sauf erreur - n’ont été trouvés les termes tels qu’énoncés dans la citation du 10 avril, 14 :.13.

  • @Mme Gemayel

    Désolé de vous contredire

    http://www.vatican.va/content/francesco/fr/travels/2019/outside/documents/papa-francesco_20190204_documento-fratellanza-umana.html

    Relisez donc 3 paragraphes seulement en-dessous de ce que vous citez de ce document. "Le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine, par laquelle Dieu a créé les êtres humains"

  • @ M. Perrin

    Comme on le sait, un mot, une phrase, une citation rapportés partiellement et, en plus, hors de leur contexte peuvent semer gravement la confusion et le doute. Cela étant, votre nouvelle et fidèle retranscription du passage du document en question n’est pas en "contradiction" avec mon message du 12 avril puisqu’elle constitue un complément ou plutôt une rectification qui vient souligner les lignes où la liberté est mentionnée comme étant "un droit de toute personne : chacun jouit de la liberté de croyance, de pensée, d"expression et d’action" (fin de citation).

    L’ordre intimé de relire ("Relisez donc 3 paragraphes en dessous...") les fragments indiqués est superflu car on ne se hasarde pas à traiter un sujet aussi sérieux "à la légère" comme on dit et encore moins à assortir malencontreusement - j’allais dire benoîtement - son propos de quelque jugement de valeur que ce soit.

    Pour en terminer, un avis personnel : il n’y a aucun souci à se faire pour les musulmans convertis au catholicisme souvent au péril de leur vie face à l’un ou les deux co-signataires de ce document sur la "fraternité humaine" quand on sait que ces nouveaux baptisés sont plutôt attentifs à la façon dont les catholiques se comportent entre eux.

  • Dans ce forum généré par le N° 3720 une brève précision mériterait peut-être une place. Il s’agit de M. Ahmed El Tayeb qualifié d’abord de "Grand Mufti" alors que plus loin il est désigné comme "Professeur".

    En fait, le Grand Mufti d’Egypte n’est autre que M. Chawki Allam, sauf erreur, la qualité d’Imam étant attribuée à M. El Tayeb.

    Certains expliquent le titre "mufti" comme représentant "la plus haute autorité religieuse musulmane", bien qu’il n’existe pas de "clergé" dans l’Islam

    P.S.
    Cette petite précision de pure forme est rappelée vu le nombre de titres, à savoir : imam, alim (au pluriel : uléma), mufti, mollah, cheikh...

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