Tragédie en Égypte

par Gérard Leclerc

lundi 10 avril 2017

Notre Semaine sainte, qui rassemble cette année l’Église indivise, protestants, catholiques et orthodoxes, s’est trouvée endeuillée le dimanche des Rameaux, par deux attentats cruels qui ont touché deux églises coptes en Égypte. Comment ne pas associer cette double tragédie à la Passion du Seigneur que nous célèbrerons vendredi, dans l’espérance de la résurrection de Pâques ? La douleur est bien là, même si elle a un sens que nous associons à la dramatique divine. Nous savons aussi que nos frères coptes égyptiens vivent sous la menace constante d’un terrorisme qui a déjà fait de nombreuses victimes et qui conspire particulièrement à les chasser en ce moment de la province du Sinaï.

Le Pape se rendra en Égypte à la fin de ce mois et nous ne pouvons qu’interpréter comme un avertissement, sinon comme une semonce, ce qui s’est passé hier et qui revêt une extraordinaire gravité. François a immédiatement réagi à l’événement en priant pour les victimes mais aussi pour celles de Stockholm et de « la guerre qui aujourd’hui touche l’humanité ». Il a prié aussi pour que la haine soit désarmée. Dix-neuf jours avant son arrivée au Caire, comment ne pas penser que c’est l’Église indivise dans son ensemble qui vit le même drame ?

Je ne puis m’empêcher de relier ces deux attentats à ce qui se passe en ce moment au Burkina Faso, où la terreur islamique vise en ce moment toute une région, semant la panique auprès des enseignants qui ont fui par centaines leurs écoles. Il se trouve que je suis attaché à ce pays que j’ai connu autrefois paisible et pacifique, avec des relations cordiales entre chrétiens et musulmans. Voir ce pays désorienté aujourd’hui par le poison de la haine et de la peur est un véritable crève-cœur. C’est l’Afrique presque toute entière qui se trouve menacée par les entreprises du fondamentalisme islamiste. Français, nous en savons quelque chose et nos politiques ne peuvent éluder le défi dans leurs projections stratégiques. Mais la visite de François en Égypte donnera aussi une dimension religieuse particulière à ce qui est aussi un défi interreligieux.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 10 avril 2017.

Messages

  • Avec des mots sobres G. Leclerc décrit les douloureux événements vécus, une fois de plus, par les coptes orthodoxes, premiers chrétiens apparus en Egypte.. Cette terre est citée dans l’AT et dans les Evangiles comme le lieu où ont trouvé refuge des populations fuyant les tyrannies et leurs lots de massacres. Relire l’Histoire de cette région pour se souvenir - ou découvrir - que l’Egypte a toujours été, et jusqu’à la seconde moitié du 20e siècle, le premier refuge des minorités persécutées dans cette région et au-delà depuis la nuit des temps. "La fuite en Egypte", tant de fois relatée dans des récits populaires et représentée dans des dessins primitifs aussi bien que dans des tableaux de maîtres est encore dans les mémoires. "La Sainte Famille" a traversé le désert pour atteindre Matarieh, petite banlieue du Caire, où la légende veut que Marie, Joseph et Jésus s’y seraient reposés un temps avant de pouvoir reprendre le chemin du retour au pays. Image de l’éternelle marche de l’Humanité à la recherche de Justice et de Paix.

    Nous n’avons que la prière pour que les petits grands et les faibles puissants de la Terre finissent par comprendre qu’on peut déplacer des êtres humains, des familles, des populations comme aussi les faire tomber sous les couteaux, les fusils et les missiles. Oui, tout cela est possible...Et visible...

    Mais peut-on tuer l’Esprit ?....

  • Avec des mots sobres G. Leclerc décrit les douloureux événements vécus, une fois de plus, par les coptes orthodoxes, premiers chrétiens apparus en Egypte. Cette terre est citée dans l’AT et dans les Evangiles comme le lieu où ont trouvé refuge des populations fuyant les tyrannies et leurs lots de massacres. Relire l’Histoire de cette région pour se souvenir - ou découvrir - que l’Egypte a toujours été, et jusqu’à la seconde moitié du 20e siècle, le premier refuge des minorités persécutées dans cette région et au-delà depuis la nuit des temps. "La fuite en Egypte", tant de fois relatée dans des récits populaires et représentée dans des dessins primitifs aussi bien que dans des tableaux de maîtres est encore dans les mémoires. "La Sainte Famille" a traversé le désert pour atteindre Matarieh, petite banlieue du Caire, où la légende veut que Marie, Joseph et Jésus s’y seraient reposés un temps avant de pouvoir reprendre le chemin du retour vers le pays. Image de l’éternelle marche de l’Humanité à la recherche de Justice et de Paix.

    Nous n’avons que la prière pour que les petits grands et les faibles puissants de la Terre finissent par comprendre qu’on peut déplacer des êtres humains, des familles, des populations entières comme aussi les faire tomber sous les couteaux, les fusils et les missiles. Oui, tout cela est possible... Et visible...

    Mais peut-on tuer l’Esprit ?...

    10/04/17

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