Tous mes vœux

par Gérard Leclerc

mardi 2 janvier 2018

Chers amis, en cette aube de l’an de grâce 2018, je vous adresse, bien sûr, tous mes vœux pour vous-mêmes, vos familles, tous ceux qui vous sont chers. Nous allons parcourir ensemble une nouvelle étape, avec toutes les surprises qu’elle nous réserve. Je ne veux pas les anticiper. Et par ailleurs, il est probable que les grandes questions qui ont été prédominantes en 2017 vont continuer à se poser, d’autant qu’elles déterminent la figure de notre humanité, celle dont nous avons la garde. Celle aussi – pour les gens de mon âge – que nous avons la hantise de transmettre à nos enfants et à nos petits-enfants. Et de ce point de vue, notre christianisme nous apporte la lumière décisive pour comprendre ce que c’est vraiment que cette humanité. Nous en ressentons la plus urgente nécessité.

Je suis frappé, en effet, par les discussions animées qui ont cours en ce moment sur l’intelligence artificielle et les mutations anthropologiques qui s’annoncent. Est-il vrai que nous sommes à la veille d’une révolution qui ne sera pas seulement technologique, puisqu’elle mettra en cause aussi bien la liberté humaine que l’intégrité de notre nature ? Bien sûr, il faut prendre garde aux idéologies du type transhumaniste qui vont bien au-delà de ce que permet ou promet le développement technique. Mais justement, le danger est là : la fabrication d’une utopie qui favorise une domestication de l’humanité, dès lors que celle-ci se laissera subjuguer par le vertige du transformisme et de la toute-puissance.

Philosophiquement, le problème n’est pas nouveau. Les Grecs l’avaient désigné par un mot : l’hubris, la démesure, la tentation de transgresser les limites sur lesquelles veillent les dieux. Et il n’y a plus d’obstacle à la transgression dès lors qu’on a perdu le sens de ce que nous sommes. Ne parle-t-on pas de libérer l’homme de sa condition corporelle et charnelle ? Il est effarant de considérer comment se trouve ainsi bafouée notre sensibilité profonde, dans l’éclatement de ce que le meilleur de nos arts, de notre littérature, de notre théologie nous a transmis. Voilà qui n’est guère optimiste ! Je ne voudrais pas que mon propos contredise les vœux que je formulais, mais ces vœux s’adressent au meilleur de nous-mêmes, pour que nous soyons supérieurs aux défis qui sont les nôtres.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 1er janvier 2018.

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