Toujours l’identité nationale

par Gérard Leclerc

jeudi 14 septembre 2017

Une thématique obsédante plane sur notre temps. C’est celle de l’identité, en particulier de l’identité nationale. Elle n’a pas qu’un contenu politique, puisqu’elle s’est emparée aussi du milieu catholique cette année, avec des accents spécifiques et en produisant, du moins à mon sens, plus d’aigreurs que de clarifications. La vieille tentation des excommunications réciproques se trouve périodiquement attisée. Mais c’est sur le terrain politique que cette question de l’identité, en l’espèce nationale, connaît le plus de développements. Édouard Balladur, l’ancien Premier ministre et Alain Duhamel, doyen de l’expertise journalistique, en débattent dans un livre commun. Le premier est beaucoup plus inquiet que le second : « Y a-t-il encore une nation française, mérite-t-elle d’être défendue, jusqu’où aller dans l’adaptation aux évolutions du monde sans risquer de perdre son âme ? Certes, au cours de son histoire la France a connu des moments de grave anxiété, mais jamais comme aujourd’hui où l’on évoque “une angoisse de dépossession qui traverse la société française”, inquiète de de ne plus être ce qu’elle a toujours été » (Grandeur, déclin et destin de la Ve République, Éditions de l’Observatoire).

Il est vrai aussi que sur ce terrain politique la discussion peut tourner à l’aigre. J’ai feuilleté hier dans une librairie un livre qui s’en prend violemment à Alain Finkielkraut et à sa crainte de décomposition de la culture française. Faut-il craindre qu’avec les processus de la mondialisation, la diversité des peuples s’anéantisse ? Ce n’est pas l’avis d’Emmanuel Todd, qui réapparaît aussi à cette rentrée avec un essai où il tire les conclusions actuelles de ses recherches d’anthropologue (Où en sommes nous ?, Seuil). À l’encontre d’une certaine vision économiste du monde, l’anthropologue met l’accent sur la permanence de certains caractères invariants d’ordre familial. Emmanuel Todd considère que cette diversité persiste et doit être préservée. Voilà au moins un des mérites de la rentrée littéraire de septembre : nous donner beaucoup à réfléchir. Réfléchir dans un climat d’échange, plutôt que de violence. Profitons-en !

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 14 septembre 2017.

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