Théâtre : Le haori de soie

par Pierre François

vendredi 30 mars 2012

On l’a vue dans « Aphrodite » de Pierre Louÿs à la Maison de la Poésie, dans « Le Home Yid » et « 1669 » de Jacques Kraemer, à chaque fois des pièces qui marquent et dont on se souvient ! Elle a aussi joué sous la direction de Jean-Pierre Miquel, Joël Jouanneau, Jacques Weber, Dominique Quéhec... et est autant à l’aise pour servir le répertoire que les textes contemporains, dans le cadre du service public comme des salles privées.

Aujourd’hui, Emmanuelle Meyssignac présente son quatrième spectacle solo, tiré du roman de Yasushi Inoué « Le fusil de chasse » [1].. Et, là aussi on reste saisi par la façon dont elle interprète de la première à la dernière seconde et avec un égal talent trois personnages aussi différents qu’une jeune fille, une épouse légitime et une maîtresse ; écrivant toutes au même homme.

Le décor est d’une sobriété très travaillée, tout en nuances de noir. Les lumières ont fait l’objet des mêmes soins. Le contrebassiste, qui a une place à part entière dans le spectacle, pratique un jazz intimiste et original, qui dialogue avec les silences.

L’erreur à ne pas commettre en allant voir ce spectacle serait de chercher à reconstituer le puzzle des non-dits et des éléments fournis par chacune des trois femmes en même temps qu’on voit le spectacle pour déterminer l’identité du destinataire et le contenu du secret auquel il est fait allusion : on aurait alors sous les yeux une action qui se déroule à un rythme presque contemplatif pendant que les neurones s’emballeraient à la vitesse d’un moteur de Formule 1, et c’est au bout du compte la solution de continuité assurée.

Au contraire, il suffit de se laisser embarquer en sachant que, de toute façon, les éléments nous sont livrés en temps et heure sans avoir à se torturer l’esprit. On peut alors profiter pleinement du portrait psychologique de chacune de ces femmes à secret, une dimension qui est contrôlée de main de maitre par la comédienne.

Mais il faut faire vite : il ne reste que deux représentations, ce vendredi à 20 h 30 et dimanche à 16 heures, dans un beau lieu qui mérite d’être découvert : La Forge, à Nanterre.

Pierre FRANCOIS


[1« Le Haori de soie », inspiré du roman de Yasushi Inoué « Le fusil de chasse ». conception, interprétation et mise en scène d’Emmanuelle Meyssignac, avec Jean-Claude Oleksiak à la contrebasse. Jusqu’au 1er avril à « La Forge », 17-19, rue des anciennes mairies, Nanterre. RER : Nanterre-Ville (et moins de dix minutes à pied). Tél. : 01 47 24 78 35. laforge-theatre.com

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