Stephen Hawking

par Gérard Leclerc

jeudi 15 mars 2018

La mort de l’astrophysicien Stephen Hawking est pour nous l’occasion de nous incliner devant une personnalité exceptionnelle. Je ne m’aventurerai pas à parler de son travail scientifique, faute de la compétence nécessaire. Mais je retiendrai l’exemple du courage exceptionnel d’un homme qui a su surmonter les pires handicaps de la maladie, en manifestant un génie intellectuel reconnu par ses pairs. À l’heure des jeux paralympiques, on pourrait parler d’une performance physique et morale, mais ce serait insuffisant eu égard à un véritable prodige. Stephen Hawking a, en effet, défié jusqu’aux lois de la médecine, en infirmant toutes les prévisions raisonnables à l’égard de la maladie neurovégétative dont il était affecté. Cette terrible maladie de Charcot semblait le condamner à ne vivre que quelques années de plus. Deux à trois ans, disaient les médecins. Ne déclarait-il pas lui-même : « Mes espoirs ont été réduits à zéro quand j’avais vingt-et-un an. Tout ce qui est arrivé depuis n’est que du bonus. » Ce bonus a duré plus d’un demi-siècle, puisqu’il nous a quittés à soixante-seize ans.

La leçon qu’il nous donne est un défi à la tentation bien contemporaine de l’eugénisme. N’y a-t-il pas aujourd’hui, par les possibilités de la technique, avec le tri des embryons, cette tentation de choisir le type parfait, qui correspond à nos choix, et du même coup une volonté d’éliminer tout ce qui ne correspond pas à nos critères. Mais à ce compte, on a déjà pu démontrer qu’un Beethoven n’aurait jamais eu le droit à l’existence, accumulant tous les défauts génétiques, ceux qui ne se pardonnent pas. Nous garderons, pour notre part, l’image très impressionnante, de cet homme, paralysé dans son fauteuil, privé même de toute parole articulée et ne s’exprimant que par un étonnant synthétiseur vocal. Ainsi l’esprit pouvait-il dominer toutes les faiblesses d’un corps affaibli à l’extrême.

Stephen Hawking, bien qu’il se déclara athée, faisait partie de l’Académie pontificale des sciences. Il avait rencontré quatre papes dans sa vie : Paul VI, Jean-Paul II, Benoît XVI et François. À noter pour lui la difficulté d’aborder la question de l’origine de l’univers en termes scientifiques. Cela avait amené Jean-Paul II à déclarer qu’en dehors de la création du monde par Dieu, on ne pouvait trouver dans la Bible aucun renseignement sur l’origine et la formation de l’univers. Un univers qui n’est pas le siège des dieux, mais le lieu créé pour servir l’Homme et la gloire du Créateur.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 15 mars 2018.

Pour aller plus loin :

Messages

  • Grand scientifique mais grand défenseur de l’avortement et de l’eugénisme....

  • Conclusion de l’article de Gérard Leclerc consacré à Hawkins : "A noter pour lui la difficulté d’aborder la question de l’origine de l’univers en termes scientifiques. Cela avait amené Jean-Paul II à déclarer qu’en dehors de la création du monde par Dieu, on ne pouvait trouver dans la Bible aucun renseignement sur l’origine de la formation de l’univers...".

    "Pour aller plus loin", FC a eu l’excellente idée de remettre en ligne, entre autres, le billet de James V. Schall traduit par Bernadette Cosyn et publié le 13 juin 2016 sous le titre "Schall dans l’espace intersidéral". Ce "morceau choisi" du Père Schall, un parmi tant d’autres, prend fin sur ce simple constat : "Il existe une corrélation entre le savoir qui découle de l’univers et la pensée. Pourquoi cela ? Ni l’un ni l’autre ne sont la cause de leur existence même. De vrai, le savoir semble exister avant l’univers lui-même. S’il n’avait pas été là en premier, l’univers n’aurait pas pu exister du tout." Et le Père James Schall de terminer avec la coutumière pointe d’humour tout en finesse qui rejoint la clarté de l’exposé : "Pourquoi cela ? Peut-être que des intelligences extra-terrestres pourraient nous aider à creuser la question plus avant"....

    En ces temps de tourbillons divers qui nous prennent en otage dans la névrose de leurs violences et mensonges, comment résister à la tentation de s’en extirper pour rejoindre "Schall dans l’espace intersidéral"...

  • Tentation de l’eugénisme et tentation de l’euthanasie, Hawkins est passé au travers de ces deux écueils mortels, mais il faut noter qu’il est né dans les années quarante. Une génération qui conservait encore quelques principes

    Aujourd’hui, il n’est pas sûr qu’il réchapperait des oukases de la nouvelle morale, à l’heure en particulier où l’on considère qu’il est "compassionnel" de liquider les mourants, les grabataires et tous ceux que l’on a vite fait de cataloguer "légumes"...

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