Situation d’urgence

par Gérard Leclerc

lundi 15 janvier 2018

La question du sort des migrants, de leur accueil, de leur possible intégration est permanente. La loi que le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, s’apprête à présenter au parlement sur ce sujet précis provoque le feu des contestations, aussi bien à droite qu’à gauche. Les réactions, surtout à gauche, sont souvent extrêmement violentes. Julien Dray n’a-t-il pas parlé de « rafles », employant ainsi une expression dont le contenu historique fait forcément frémir. On sait aussi que les associations humanitaires sont opposées à un certain nombre de mesures prévues dans ce projet de loi sur la ville et l’immigration.

J’ai moi-même souvent abordé le sujet dans cette chronique, et je craindrais d’abuser de la patience de nos auditeurs à trop me répéter. Mais s’abstenir ne serait pas digne de la confiance qui doit présider à une nécessaire réflexion commune. Aussi, en écho à la parole réitérée du Saint-Père, qui s’est encore exprimé nettement hier, je me permets de suggérer au moins une ligne de discussion. Car l’ampleur des problèmes posés ne peut se résoudre en solutions simples. Il vaut mieux essayer de désigner les difficultés les unes après les autres, quitte à les ressaisir dans une problématisation générale.

La première difficulté consiste en la façon de considérer les drames quotidiens dont nous sommes les témoins dans une ville comme Paris. Je sais un coude de couloir dans le métro où je suis à peu près sûr de trouver des migrants allongés sous des couvertures. Mais il y a aussi des campements de fortune sous le métro aérien, sous le périphérique, avec des centaines de personnes vivant dans des conditions insupportables. Mgr Aupetit, nouvel archevêque de Paris, a évoqué hier leur situation, après avoir rencontré, à Saint-Denis de la Chapelle, nombre d’entre elles qui avaient été secourues par des chrétiens. Quel que soit l’avenir de ces personnes, qu’il soit lié ou non à notre pays, nous ne pouvons les laisser à la rue !

C’est un premier pas, les autres suivront. Ce n’est pas la simple solidarité humanitaire ou caritative qui pourra résoudre une question de cette dimension. Mais celle-ci s’impose dans l’immédiat et dans l’urgence.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 15 janvier 2018.

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