Simone Veil idolâtrée

par Tugdual Derville

vendredi 19 mars 2010

Je ne parle jamais de loi Veil. Non par déni, mais parce que je considère qu’il est impossible de faire porter à un seul nom une loi en général, et surtout ce type de loi. C’est une majorité transpartisane essentiellement masculine qui a assumé le vote de celle du 15 janvier 1975 instituant «  l’interruption volontaire de grossesse  » ; et je veux bien croire que la plupart des parlementaires qui l’ont soutenue n’en avaient pas saisi toutes les conséquences.

Aussi suis-je peu enclin à exprimer de l’agressivité contre la personne de la toute nouvelle académicienne. Avouons qu’il y a, dans la terrible histoire de l’adolescence de Simone Veil, des éléments supplémentaires qui nous incitent au silence, ou du moins à une certaine réserve. Une réserve que d’ailleurs je crois déceler dans une personnalité assez fermée et presque inaccessible. Madame Veil ne s’étale pas sur son parcours, pas autant que ceux qui en ont fait leur idole. Le mot est lâché. Car, à son cœur défendant sans doute, Simone Veil est devenue progressivement plus qu’une icône, l’idole de la République.

Un tel unanimisme a rarement été atteint autour d’une personne. La savoir ainsi «  femme préférée des Français  » provoque en moi une sourde douleur. Et je sais bien que je ne suis pas le seul, y compris parmi les invités à la grand-messe républicaine qui vit trois présidents honorer la grande dame de leur présence.

Mais qu’est-ce qui nous fait si mal ? Est-ce le principe même que soit accueillie en cette enceinte prestigieuse, dernière marche avant la gloire dérisoire de l’Histoire, celle dont le nom est d’abord attaché à un grand mensonge ? Je veux parler de cette équation qui associe au bel idéal de la liberté des femmes un acte aussi absurde que celui d’avorter, légalement. Est-ce la façon stupéfiante dont le sympathique Jean d’Ormesson a cru devoir encenser l’élue de ses pairs ? En un raccourci foudroyant, quoique insistant, il a rapproché des faits manipulés : les avortements clandestins, l’affaire de Bobigny et celle, toute récente, de la petite fille de Recife ; il les a lus par le prisme déformant de l’idéologie dominante ; il a récité le petit catéchisme du Planning familial, jusqu’à attribuer à l’académicienne le statut d’Antigone face à Créon ! Morale inversée. Comme si les opposants à la loi de 1975 (plus de la moitié des parlementaires de la majorité de l’époque, dont un certain Pierre Messmer dans le fauteuil duquel Simone Veil s’est assise sans mot dire) étaient d’affreux tyrans, et Simone Veil une incontestable libératrice. Comme si on devait taire la réalité concrète que vivent depuis cette date des millions et des millions de femmes, qu’on le veuille ou non endeuillées par la perte de leur enfant. Comme si le débat était clos.

«  Cent millions de morts en cent ans  » a lancé Jean d’Ormesson, après avoir additionné les grands tyrans du XXe siècle : «  Hitler, Staline, Mao et Pol Pot  », auxquels il a associé «  le colonialisme  ». Mais, sans vouloir comparer ces crimes et leurs mobiles avec les drames de l’avortement, les sept millions d’êtres humains non nés en France du fait de l’IVG qu’Éric Zemmour a l’autre jour évoqués en trublion sur RTL, devraient-ils être passés par pertes et profits dans nos manuels d’Histoire ?

Certes, Jean d’Ormesson a reconnu hier que l’avortement «  meurtrit les femmes  » et «  ne les soustrait pas à l’autorité des hommes  ». Mais c’était, paradoxalement, pour légitimer sa légalisation. Pourquoi, surtout, l’académicien s’est-il cru obligé d’assimiler les opposants à l’avortement d’hier et de maintenant à des «  intégristes  » ou des «  antisémites  » ? Que n’est-il allé jusqu’au bout de sa logique en listant les noms prestigieux de Mère Teresa et de Jean-Paul II, sans oublier le pape actuel ? A-t-on oublié qu’une assemblée comparable à celle d’hier est venue respectueusement écouter ce dernier au Collège des Bernardins parler tout autrement de l’Histoire, il n’y a pas si longtemps ? Au moins, Mgr Claude Dagens, l’évêque académicien, absent sous la Coupole, n’a pas eu à entendre les amalgames antichrétiens.

Gar­dons-nous des « stratégies mon­­daines  », conseille Benoît XVI dans son Dieu est amour, à propos de la théologie de la Libération que Jean d’Ormesson a saluée dans son discours. Tant de mondanité, j’en suis persuadé, dépasse infiniment la personne de Simone Veil, bien qu’on puisse craindre que tous ceux qui ont à cœur le respect de la vie n’en aient pas suffisamment conscience. Visiblement fatiguée, mais aussi parfaitement lucide – elle l’a ouvertement déclaré – sur le fait que sa nomination ne tient aucunement à ses talents littéraires, mais bien au symbole qu’elle est forcée d’incarner, Madame Veil semble à distance de notre monde. Les ornements quasi liturgiques dont elle était parée paraissent même l’enfermer dans les étapes de son parcours : déportation, IVG, Europe et le bonus du Conseil constitutionnel.

Dépassée par l’excès d’honneur et d’adulation, dépassée par le rôle qu’on veut lui faire tenir. D’ailleurs, les féministes ultras qui continuent d’influencer les gouvernements successifs en matière d’avortement ne se reconnaissent pas en elle. Et l’ancien ministre de la Santé a elle-même déjà laissé entendre qu’elle ne se retrouvait pas tant que cela dans ce qu’il est advenu de l’avortement dans notre pays. À entendre Jean d’Ormesson, l’académicienne a pourtant «  inscrit à jamais [son] nom au tableau d’honneur de la lutte, si ardente dans le monde contemporain, pour la dignité de la femme  ».

Peut-on résister à cet âge à une adoration si terrifiante ? Les célébrations d’une telle solennité ne sont-elles pas, en principe, réservées aux grands enterrements ? Immortelle, d’après ce qu’on dit, en tout cas inscrite comme l’un des plus douloureux paradoxes de notre Histoire à mes yeux, Simone Veil porte en elle un mystérieux secret. Quel temps lui reste-t-il pour le ré­véler ?

Il serait bien naïf de prétendre entamer une statue d’acier aussi inoxydable, quand toute contestation semble indécente. À force de scruter de loin sa personnalité énigmatique, au fil d’une carrière à rebondissements dont elle vient de franchir la dernière étape, j’aimerais comprendre, s’il en est encore temps.

Mais qui sommes-nous, qui n’avons pas connu la Shoah, pour lui demander avec l’infini respect que mérite toute personne : «  Madame, parlez !  » ?


Discours de Simone Veil :

http://www.academie-francaise.fr

Discours de Jean d’Ormesson :

http://www.academie-francaise.fr

Dans "Le Monde" :

http://www.lemonde.fr

Dans "Le Figaro" :

http://www.lefigaro.fr/

Dans "Marie-Claire" :

http://www.marieclaire.fr/,simone-veil-academie-francaise,20123,45495.asp

Dans "Le Point" :

http://www.lepoint.fr/actualites-societe/2010-03-18/extraits-academie-francaise-le-discours-de-reception-de-d-ormesson-pour/920/0/435090


Simone Veil à l’Académie française
envoyé par BFM. - L’info internationale vidéo.

Reportage de l’abbé Laguérie sur son blogue

http://blog.institutdubonpasteur.org/spip.php?article128

Humour ?

http://www.lepost.fr/article/2010/03/19/1994807_humour-simone-veil-a-l-academie-apres-l-avortement-son-nouveau-combat.html

Messages

  • Article puant, que je ne m’attendais pas à lire dans vos colonnes. En creux, on lit l’éternelle apologie de la loi du plus fort, celle des Hommes.
    Article d’Homme qui cache son machisme et son manque absolu de compassion devant le sort des femmes, qui ne comprend rien au peu d’évolution positive de la morale, je veux dire la morale au-dessus de la morale religieuse.
    Ce n’est pas la première fois que vous publiez une telle saleté, faites attention. Qui donc se cache sous le nom du signataire ? Un vieux prélat ? Il ferait mieux de se taire, et de se rappeler en silence ce que les femmes ont été autrefois contraintes de lui confier en confession.
    Heureusement, devant un regard aussi glauque, Simone Veil est forte, elle a été à la pointe du combat pour la liberté et la dignité des femmes, et elle restera l’étendard de cette victoire qu’a été la dépénalisation et la médicalisation simple de l’avortement. C’est d’elle que l’Histoire se souviendra, et non de ses tartufes censeurs.

  • Très bon article de Tugdual. Bonne information, position ferme, à contre-courant de l’idéologiquement et politiquement correct, respect des personnes...

    Mais je le trouve bien trop gentil !
    A l’égard de Madame Veil, qui a laissé dériver la loi de 1975, dont elle est l’auteur principal dans l’opinion, vers ce qu’elle est devenue : une loi favorisant l’avortement et où l’enfant en formation n’est pas reconnu...
    A l’égard du "sympathique académicien Jean d’Ormesson", qui est l’expression parfaite, molle et distinguée de l’aveuglement collectif, de la bonne conscience officielle, du mensonge sciemment répandu...
    A l’égard de l’Académie tout entière, ecclésiastiques y compris, qui s’est elle aussi déconsidérée par ce choix idolâtre.
    Fr. Cath. a raison d’assumer ce combat, mais il ne peut être mené, ni celui-ci ni d’autres, dans le style de la conversation entre gens de bonne compagnie qui feraient valoir poliment leurs arguments dans un salon parisien : et là, on reste un peu sur sa faim.

    J’aurais aimé quelques phrases de ce type (que je ne vous demande pas de reproduire, sauf peut-être une ou deux)

    TOUS CES EMBRYONS JETÉS, MADAME VEIL
    NE HANTENT-ILS PAS VOTRE SOMMEIL ?

    7 MILLIONS D’AVORTEMENTS DEPUIS VOTRE LOI
    ET VOUS N’AVEZ PAS REMUÉ LE PETIT DOIGT !

    POUR TOUS CES PETITS DÉPORTÉS DE LA VIE,
    VOUS N’AVEZ PAS FAIT ENTENDRE UN CRI !
    (du moins, ne l’avons-nous pas entendu...)

    NOTRE GLORIEUSE ACADÉMIE,
    DES ENFANTS IMPRÉVUS : L’ ENNEMIE

    DANS UN FAUTEUIL À L’ACADÉMIE FRANCAISE !
    AU TRIBUNAL DE L ’HISTOIRE, VOUS SEREZ MOINS A L’AISE...

    génocide moderne, démocratique et libéral, féministe et social :
    TOUS CES FRANCAIS INNOCENTS ET MANQUANTS :
    SOLIDAIRES DES JUIFS GAZÉS DANS LES CAMPS...

    France, patrie des droits de l’homme ? et de l’enfant ? - Parlons-en !
    VOUS AVEZ SOULAGÉ BIEN DES FEMMES EN SOUFFRANCE !
    MAIS Où EST PASSÉE L’ÂME DE LA FRANCE ?

    Merci quand même et félicitations !
    fraternellement : Benoît A. Dumas

  • Très bel article de T. Derville qui démontre qu’aller manifester devant l’Académie était, une fois de plus ,une erreur qui n’aura contribué qu’à conforter les mondains endurcis dans leur conviction morticole. L’article souligne à juste titre , l’extraordinaire aptitude à la reptation de l’écrivain de service.Monsieur d’O qui parle de liberté, a-t-il songé que ses propos font de lui, au mieux un écrivain de cour, au pire un de ces valets de plume qui servirent si bien la cause de l’URSS ?

  • Je suis bien évidemment opposé à l’avortement et pour moi, comme me le dit l’Eglise, l’enfant est complet dès la conception (il suffit de voir bouger le foetus de 12 semaines à l’échographie). L’avortement est donc un infanticide.

    Mais ... car il y a un mais. Cet absolu que, nous catholiques, avons dans l’âme, tout le monde ne l’a pas. Il n’y a plus de morale unique et nous ne pouvons pas imposer la nôtre.

    La loi Veil avait pour objectif premier, non pas de rendre moralement licite l’avortement, ce n’est pas l’objet de la loi, mais d’encadrer cet avortement.

    Vous savez tous que des femmes mourraient en avortant dans des conditions clandestines : celles-là devaient être poussées par un désespoir que nous ne pouvons juger.

    Vous savez tous que des jeunes filles de bonne famille qui avaient eu un petit moment d’égarement pouvaient, quant à elles, aller se faire avorter en Suisse dans des conditions de villégiature plus proche des sports d’hiver que de l’hôpital.

    Il fallait mettre bon ordre à cela. Mais la loi a été détournée. Et plus personne n’examine s’il y a une autre alternative à l’avortement qui devient une contraception de dernier recours.

    Nous ne pourrons donc pas régler le problème en faisant abroger la loi. Je crois que l’urgence est de sauver des vies, celles des mères et des enfants. Peu de femmes avortent de gaité de coeur. Et si on les écoutait et qu’on les soutenait dans leur détresse, elles auraient le bonheur de conserver leur petit, de le voir grandir et d’oublier cette détresse plus ou moins passagère. Quant aux autres, laissons-les face à leur conscience, il ne nous revient pas de juger.

    Le juste combat des catholiques en la matière serait à mon avis :

    1/ demander l’application intégrale de la loi Veil, y compris son volet prévention.

    2/ soutenir des associations telles que Tom Pouce qui viennent en aide aux mamans qui souhaitent garder leur petit.

    Si un seul avortement sur cent était ainsi évité, 2000 enfants par an seraient sauvés. Le jeu n’en vaut-il pas la chandelle ?

    Ce serait mieux que les échanges stériles d’invectives et d’anathèmes.

  • Je fais partie de cette immense majorité qui a salué avec joie l’entrée de Simone Veil à l’Académie française. Les attaques dont elle fait l’objet et que vous colportez dans votre journal sont indignes d’un journal catholique.

    Heureusement, je n’identifie pas l’ Eglise que j’aime à de telles attitudes et à un tel mépris.

    Ce n’est pas avec gaité de coeur que la dépénalisation de L’IVG fut votée il y a trente-cinq ans mais pour répondre à des situations de détresse. Songeons à cette mineure violée à laquelle Simone Veil fait allusion dans ses mémoires : "Une vie" (Stock 2007). Songeons à ces douloureuses situations où des femmes méprisées par leur mari les réduisant à n’être qu’un objet étaient obligées de recourir à des "faiseuses d’anges" dans des conditions sanitaires atroces où elles perdaient parfois la vie tandis que les riches pouvaient se payer le luxe d’aller en Suisse ou en Angleterre ! C’est tout cela qu’il faut mettre en perspective et non pas faire un amalgame entre l’holocauste et et les conséquences douloureuses de la loi.

    Simone Veil connaît trop bien le prix de la vie pour avoir fait ces réformes à la légère. "Les réformes de société s’effectuent toujours dans la douleur" P 193 de "Une vie".

    Peut on la placer sur le même plan que les bourreaux des camps de la mort dont elle a suffisamment éprouvé dans sa vie la sinistre idéologie ? Qui peut se permettre de lui donner des leçons dans ce domaine ? Ces attaques sont proprement abjectes et malheureusement récurrentes...

    La politique, comme le disait Aristote, "c’est l’art du possible" et la loi faite pour le plus grand nombre ne peut pas toujours se calquer sur les exigences morales les plus élevées, mais répondre à des situations difficiles. Simone Veil le sait et dans son livre, elle nous fait part de ses combats, de ses tourments face à une société en pleine mutation qu’elle a dû analyser avec plus d’intelligence et de circonspection que ceux qui n’ont jamais eu la grave et lourde tâche d’avoir des responsabilités politiques et de prendre des initiatives à un niveau national !

    Si l’on en croit ses détracteurs, il faudrait alors supprimer la pilule, mettre en prison tous les homosexuel, les divorcés et les femmes qui ont avorté sous prétexte que ce n’est "pas bien" !

    Notre académicienne a mené son travail avec discernement et courage et avec beaucoup d’autres, je m’en réjouis.

    Il souffle malheureusement dans certains endroits de l’Eglise un vent réactionnaire qui n’est pas ans rappeler les heures les plus noires du pétainisme et c’est contre cela que nous ne serons jamais assez nombreux à réagir.

    Jacques Dumas

    enseignant

    31 Toulouse

  • Pour ma part, j’ai rarement lu un propos qui s’efforce avec autant de souci de la justice, "de dire la vérité sans cesser d’être généreux" pour citer Albert Camus. En revanche, certains succombent ici à ce dont ils veulent à tout prix charger T. Derville, et à quoi, pour le lire depuis des années, il se refuse et s’est toujours refusé. Il n’y a pas là l’ombre d’une pensée médiocre et encore moins sectaire. Il exprime avant tout une souffrance, qu’il accompagne d’un regard qui se veut lucide, sans jamais attenter à l’honneur de Simone Veil. Ce qu’il dénonce est l’esprit de banalisation de l’horreur, de confusion de la pensée et de la Morale.

    Et, peut-être le plus douloureux est-il de constater comment l’esprit de ce monde a progressivement réussi à mystifier les consciences. En se servant de l’évidente valeur humaine, voire de la grandeur d’âme de personnes telles que Simone Veil, mais surtout en utilisant sa dramatique et bouleversante histoire personnelle de jeune déportée pour en faire un symbole vivant de ce qui est juste et bon. Comment alors une personne aussi estimable pourrait-elle défendre une cause qui ne soit honorable ? C’est ce détournement moral qui est en cause. Personne ne doute de l’authenticité de Mme Veil, bien au-contraire, mais, au-delà, on peut et on doit s’interroger:comprendre comment il est possible que l’avortement ne soit plus spontanément perçu par des esprits sensibles comme une atteinte ESSENTIELLE aux droits de l’homme, dont le premier est le droit de vivre. N’est-ce pas en sacralisant l’EMOTION, qui permet à présent (avec le Rire) d’ "ouvrir" les esprits aux pires atteintes à la vie et au Bon sens, refusant de voir que la barbarie, qui n’a pas disparu du cœur de l’homme, se nourrit de ces viols du sacré de la vie ? De plus, comment peut-on ignorer le démenti, la négation que porte en lui-même l’avortement ; démenti à l’aspiration, y compris "républicaine", à la fraternité, et négation même de la notion d’égalité. Quant à la liberté, l’avortement est hélas la plus grande démonstration de ce que l’homme peut faire de sa liberté : un choix arbitraire, qu’il n’a de cesse de justifier quel qu’en soit le coût : le reniement de sa conscience. Et pourquoi ce reniement ? Pour pouvoir jouir de la vie en étant préservé de la morsure du scrupule. Et je veux dire par avance que j’ai une idée précise de ce qu’est l’avortement, pour y avoir recouru, quand mes yeux ne pouvaient ou ne voulaient pas voir le prix insensé qu’il faut consentir, homme et femme ravagés de l’intérieur, la femme de manière indicible, pour une illusion, spécieusement entretenue, de tranquillité. Toutes ces lois ennemies de l’humain, qui se prévalent honteusement de l’humanisme, invention maline de la Modernité, exercent une grande attractivité. Parce qu’elles ne font que rejoindre et flatter la pente naturelle de l’homme : que tout soit permis sans que rien ne nous culpabilise. L’esprit moderne, ennemi de la Révélation, s’y emploie avec acharnement.

    L’avenir n’est certainement pas à l’avortement, il est à la Vérité. Mais il est essentiel de se souvenir que le combat spirituel est d’une grande violence et qu’il se vit en chacun de nous. Et que sans l’Esprit Saint, nous sommes livrés à nos propres forces, autant dire promis au découragement, incapables de juger sainement des temps présents et d’œuvrer par amour. Alors, viens en nous Père des Pauvres !
    JMA

  • Bel article de Tugal Derville sur le drame de l’avortement à propos de l’idolâtrie de Simone Veil. Oui il a raison le problème dépasse sa personne et nul, comme il dit si bien, ne songe à exprimer de l’agressivité à une personne qui a traversé l’enfer de la seconde guerre mondiale mais dont le nom reste quand même attaché à une loi ,qui fait toujours débat et dont on réclame toujours plus. .
    Oui, nous connaissons ce drame jusque parfois dans nos familles les plus proches, nos amis comme cette douleur niée devant cet échec de l’accueil à la vie, parfois heureusement évité grâce au conseil lumineux d’une femme, qui ne cède pas au terrorisme ambiant, mais sait réconforter et donner à la mère le courage d’accueillir ce qu’elle ne regrettera jamais après. Nous connaissons aussi cette perversion du regard qu’on nous impose , qui est peut être plus grave que l’acte lui-même dont nous ne connaitrons jamais toute la complexité. .
    Les procès d’intention, pour ne pas dire les insultes de certaines réactions à ce bel article, ne peuvent changer ou masquer ce terrible état des lieux. Cette manière rageuse de nier tout simplement la réalité, qui est double, la tragédie de ces enfants qu’on a empêché de naitre et aussi la douleur faite aux femmes, douleur qui est leur niée , dérobée, au nom d’un féminisme qui est le contraire du vrai féminisme, celui qui reconnait à la femme sa vocation multiple, d’accueil à la vie, mais aussi de fécondation spirituelle dans le travail ,de veille sur la société et dans le couple.
    Jean d’Ormesson, en baladin de son époque, virevolte de « Racine à la bienséance républicaine », Monsieur Loyal d’un monde qui chavire, dans un jeu mondain avec des raccourcis superficiels et assassins, , carrément insultants sur les opposants à cette fameuse loi. Il veut tirer son épingle du jeu, sans jamais, oh grand jamais vouloir faire autre chose qu’effleurer et se débarrasser donc des problèmes, maitre des cérémonies, jaloux de ses prérogatives. Que peut- on retenir de son discours, sinon finalement un pur exercice brillant amusant et mondain pour champagne et petits fours, très loin, immensément loin des enjeux de notre monde, c’est-à-dire ce qui donne sens à notre vie ? Ah certes, il n’est pas Dostoïevski, Tourgueniev plutôt ! On pourrait lui rappeler, comme à son ancêtre, Le Peletier Saint Fargeau,( le régicide) que sa pieuse famille a exfiltré du Panthéon, que le but d’une classe sociale, en l’occurrence la sienne, n’est pas de se survivre à un monde qui n’aurait pas ses vertus ni sa patine , mais aussi de servir et témoigner avec tous les risques que cela comporte, et que noblesse oblige !

  • Le régime de Pétain a collaboré à la politique eugéniste et meurtrière de l’Allemagne nazie.

    Donc inutile de recycler ce genre d’amalgames. L’enseignement de l’Eglise ne peut être réduit à de vieux souvenirs franco-français. Les Pères apostoliques condamnaient déjà fermement l’avortement. Le païen Hypocrate également (la pratique abortive a longtemps été interdite dans le serment du même nom).

    Par ailleurs, Tugdual Derville est très clair : il ne s’en prend pas à Simone Veil en tant que telle, mais à ceux qui en ont fait une icone, à ceux qui ont fini par l’élire à l’académie.

    La loi Veil était justifiable. Ce qui ne l’est plus du tout, c’est de prétendre -comme le font justement les admirateurs de Mme Veil - que l’avortement est un droit, et un moyen d’émancipation de la femme !

    Ainsi les femmes deviendraient libres en tuant leurs propres enfants !!!

    Le Féminisme - ou du moins ceux qui prétendent le repésenter -devrait se demander s’ils ne sont pas dans une impasse.

  • Je souscris entièrement à la "sourde douleur" de M. Derville face à l’encensement paradoxal de S. Veil, et face à son "mystère". Je crois aussi que ce qu’elle a vécu est trop grand pour qui que ce soit, et donc pour elle. A-t-elle conscience de la récupération symbolique dont elle est l’objet ? En est-elle lassée depuis longtemps et a-t-elle renoncé à s’en préoccuper ?

  • Cher M. Derville,

    J’ai lu votre lettre aux tons de supplication adressée à Mme Veil. Je vous ai trouvé très touchant, et autant que possible étant donné la gravité de l’avortement. Mais voyons, ne savez-vous pas que c’est par humanitarisme que Mme Veil s’enorgueillit d’avoir fait voter cette loi dont l’impact sur notre pays et notre culture est des plus insidieux et néfaste. L’humanitarisme est une subversion aussi subtile que dangereuse du christianisme que le communisme le fut en son temps. Sous couvert de liberté individuelle, de modernisme, et de féminisme, de libertarisme, et de progrès technique médical cette loi est devenue un blanc-seing pour un massacre de masse qui s’inscrit dans une refus de la vie et de l’enfant comme l’avait eu l’intuition l’historien Pierre Chaunu dans "La peste blanche".

    Oui, je comprends que vous essayiez d’interpeler Mme Veil, mais je doute fort qu’elle vous lise ou vous entende jamais, ou qu’elle accède à votre supplication, car voyez-vous, elle est encensée et intronisée à l’Académie française, ce qui est déjà tellement insensé au regard de ses qualités d’écrivain, mais d’autant plus pour son œuvre politique...M. D’Ormesson l’a même complimentée y compris pour la légalisation de l’avortement, alors vous comprendrez qu’elle ne va pas bouder son plaisir d’être ainsi flattée.

    Décidément, avec Mme Veil à l’Académie française, le diable ne se refuse rien, ce gentil diable qui se drape en habit de lumières, bariolé de bonnes intentions dont il pave son domaine...

    Oui, l’inversion des valeurs est à son comble, mais jusqu’où irons-nous encore ?

    A bons entendeurs salut !

  • Vous trouverez ci-joint un lien qui vous permettra de voir M Derville aux prises avec le Dr Nisand et Fiametta Venner. En voyant ces derniers parler, je leur aurais mis une casquette de SS sur la tête tant leurs propos sont d’un cynisme et d’une dureté incroyables...et M. Derville semble marcher sur des œufs tant il fait attention à ce qu’il dit...

    Voir en ligne : C dans l’air : avorter pas si simple

  • Je me suis retrouvée sur votre site en faisant des recherches sur Madame Veil, et je me trouve bouche bée de voir qu’en 2019 ce genre d’article ne soit pas banni. Encore une réflexion complétement fasciste et réactionnaire qui ne fait en aucun cas progresser les mentalités, bien au contraire. Comment peut on penser ainsi ? C’est facile, quand on est un homme de parler de cette façon de la loi sur l’avortement, quand on sait, de toute façon que l’on ne se retrouvera jamais concrètement confronté à la situation. La loi sur l’avortement gratuit a été et est toujours une des plus grande fierté de la France, contrairement à une bande d’arriérés qui feraient mieux d’ouvrir les yeux plutôt que d’écrire des articles honteux.

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