Sectes et protestants

mercredi 6 juin 2007

Cher Gérard Leclerc,

Abonné depuis très peu de temps à " France Catholique ", je découvre avec joie ce beau journal.

Dans le dernier numéro, j’ai lu intégralement votre éditorial page 3, ainsi que votre " journal " pages 25 à 27 , bien intéressants l’un et l’autre.

Mais je ne puis m’empêcher de vous faire part de ma réaction à certains termes de votre éditorial.

Profondément catholique et attaché à la doctrine, je suis en même temps actif dans les milieux du Renouveau charismatique et dans des groupes interconfessionnels.

Je réagis donc à deux passages de votre édito :

" face à l’effervescence évangélique, celle qui attire vers les sectes tout un petit peuple latino-américain " ; plus loin : " le succès des sectes pentecôtistes ".

Je m’interroge. Vous n’êtes pas le seul, loin s’en faut, parmi les représentants attitrés de la culture catholique, à utiliser ce vocabulaire dépréciatif : effervescence, sectes.

Et pourtant ! que de fois, depuis le Concile Vatican II, avons-nous entendu nos pasteurs, papes y compris, nous rappeler que le Seigneur désire l’unité des chrétiens. On s’est mis à parler de " frères séparés ", à propos des orthodoxes et des protestants. Les protestants de l’Eglise réformée de France, tous les orthodoxes sont donc nos frères séparés. Mais les innombrables adeptes du protestantisme évangélique, un peu partout dans le monde, ne seraient pas des frères séparés, et même pas des frères du tout ? De simples " effervescents ", adeptes naïfs et trompés de " procédés qui relèvent plus de la propagande publicitaire que de l’annonce d’un salut en esprit et en vérité " ?

Convenez avec moi que votre charge contre ce que je persiste à considérer comme une forme de protestantisme est brutale et sans nuance. Et hélas tout à fait symétrique aux dénonciations tonitruantes du catholicisme assénées par moult pasteurs évangéliques pour lesquels l’Eglise catholique a complètement dévié et a été contaminée par un esprit d’idolâtrie, par le paganisme, par l’ " esprit de contrôle " etc. etc.

Je vois avec tristesse que même si le combat pour l’unité mené courageusement et souvent solitairement par nos prédécesseurs a abouti à un rapprochement spectaculaire entre les frères ennemis d’hier, depuis quelques décennies il débouche, faute de lucidité, sur une nouvelle fracture entre d’un côté les évangéliques et pentecôtistes, de l’autre tous les autres chrétiens. D’un côté on manie l’anathème à tout va, de l’autre le mépris supérieur pour ces méthodes simplistes de propagande qui, paraît-il, ne correspondent pas aux besoins des plus pauvres.

Si nous voulons que les évangéliques cessent de débaucher les catholiques en attaquant brutalement le contenu des dogmes purement catholiques, commençons, nous catholiques, par faire notre mea culpa, et par rompre avec l’assurance de notre supériorité. Après tout, sommes-nous si sûrs que les méthodes d’évangélisation des premiers chrétiens étaient si différentes de la propagande publicitaire grossière que vous dénoncez ? Sur une route à grande circulation à Marseille on peut lire un énorme panneau : " Christ est mort pour nos péchés ". Prosélytisme grossier, ou témoignage de foi ? Est-il si évident que nos compatriotes, y compris nombre de catholiques pratiquants, ont vraiment entendu parler de ce que signifie concrètement la Rédemption ? Pourquoi pas le leur dire, ou le leur rappeler ? Bien sûr un panneau, aussi énorme soit-il, ne suffit pas. Bien sûr il existe parfois dans la prédication pentecôtiste-évangélique des thématiques déviantes, une incitation au fondamentalisme obtus, une culture de l’émotion au détriment de l’intelligence etc. etc…Mais il s’y trouve aussi d’authentiques vertus chrétiennes, et la triade foi-espérance-charité y est présente, on ne saurait en douter.

Alors ? Pour l’instant, l’heure n’est pas à la réconciliation, semble-t-il. Le mouvement évangélique, plongeant ses racines dans une tradition qui n’est pas si nouvelle, jouit d’un énorme dynamisme qui le ferme au dialogue. Il lui suffit de supplanter, un peu partout, les grandes Eglises institutionnelles. De leur côté ces dernières se sentent fortes de leur fidélité à des traditions remontant très haut. Chacun se sent assez fort pour se passer de l’autre, et l’ignorer, en toute bonne conscience. Et comme on refuse de voir dans l’autre " un frère séparé ", on pense que la prière pour l’unité de Jean 17 ne s’applique pas à ce cas de figure. Ainsi se reconstitue, sous la triste forme de la concurrence, la vieille histoire de la division des chrétiens.

Quand l’émulation et la collaboration viennent remplacer la concurrence, alors Dieu peut faire des miracles. A nous de travailler à ce rapprochement qui ne peut que réjouir notre commun Père du ciel. En évitant tout ce qui peut blesser l’autre et le persuader qu’il n’est ni compris, ni aimé pour ce qu’il est.

Je vous prie d’agréer, cher Gérard Leclerc, l’assurance de ma considération et de mon respect

A.C.
Nancy

Messages

  • La vérité étant intolérante de sa nature, professer la tolérance religieuse, c’est professer le doute, c’est-à-dire, exclure la foi.
    (Joseph de Maistre)

    A QUI PROFITE L’UNITE ?L’Unité est un leurre. L’Unité est catholique, elle ne peut être protestante(depuis le 16ème siècle, ou chrétienne (de nos jours) L’unité ne proteste pas. L’Unité c’est la réserve d’un Erasme. Tiens pourquoi ce silence autour d’Erasme chez les actifs de l’union ?

    Sans donner dans la provocation ni souhaiter le retour des guerres de religions, nous pouvons constater qu’il en est de l’unité comme du communisme : c’est celui qui possède qui se voit allégé par la redistribution. Dans l’unité c’est la vérité du Catholicisme qui est dépouillée, c’est le Catholicisme qui ravale ses dogmes pour laisser le pas aux nouvelles et nombreuses théories religieuses, apportées par les néo-protestants, toutes tendances confondues.

    Je souhaiterais tout d’abord faire remarquer que les Orthodoxes sont des Catholiques-Orthodoxes. Ils ne sont pas des frères séparés. Cette dénomination se rapporte au protestantisme. Les Orthodoxes ont une messe identique à la nôtre et les dogmes sont les mêmes dans l’essentiel qui est à mes yeux l’Eucharistie et la Virginité de Marie. Voila ce qui fait un catholique. Romain ou Orthodoxe. Leur différence se limite au mariage des prêtres, mais chez pour l’Orthodoxe le prêtre équivaut au diacre catholique. Ce sont les évêques qui officient pendant la messe et ceux-ci sont choisi parmi les....célibataires. Fermée, cette longue parenthèse.

    Or les protestants qui croient en la Virginité de Marie, le font à titre personnel. Leur conviction n’engage pas celle de leur église. Et je n’en ai trouvé que parmi les luthériens, une espèce elle-même en voie de disparition car submergée par les évangéliques qui maintenant préside la Fédération des Protestants de France.

    Dans ce qu’il convient d’appeler des "sectes protestantes" et non des "églises chrétiennes" comme le politiquement correct l’exige, il existe des chrétiens sans LE CHRIST. Ceux-ci considèrent et déclarent "Je vous ai montré que l’example que nous donne Christ est tout à fait atteignable" (lu sur le blog d’un pasteur protestant). Il est permis de comprendre qu’en se concentrant très fort nous pouvons atteindre cet état de christ, de "oint", comme les bouddhistes peuvent devenir Bouddha. Ces chrétiens sans LE Christ vous parleront de "Christ" sans l’article défini et unique, faisant fi de l’incroyable faute de grammaire…et de goût que cela dénote.

    Car nul ne parlera de "roi Louis XIV" ou de "roi Henri IV" ou de "reine Margot". Il n’y en a existé qu’un unique exemplaire à la fois, dans le temps. Pourquoi "Christ" et non LE CHRIST. Car notion "du" de "LE CHRIST" est catholique. Il est LE REDEMPTEUR. Eux ils parlent de tout autre chose. Ils parlent pour tous au micro, et pourtant ils parlent en secret. Ces chrétiens sans le Christ sont souvent impossibles à distinguer des autres protestants. L’unique lien entre eux est leur "haine du Catholicisme" (lu sur le forum d’un diocèse catholique).

    Contrairement à ce que certains parmi eux s’imaginent, les Evangéliques ne débauchent pas des catholiques. Il me semble qu’il ne leur échoit que ceux qu’ils méritent. Et réciproquement. Tout catholique n’a pas vocation à se fourvoyer. Certaines personnes ne seront jamais autre chose que Catholique Apostolique Romain. Et cela tout en gardant la tête droite -sans créer un courant dissident- par rapport à certains atermoiements qui peuvent venir du Vatican…...

    Le Renouveau Charismatique n’est pas à mes yeux une chance pour le catholicisme, comme il est donné de le lire ici ou là. Loin s’en faut. Ce mouvement fait souvent une place trop timide à la Sainte-Vierge Marie, Mère de Dieu et notre Mère, Reine du Ciel et de la Terre. Car ce mouvement est inspiré des Evangéliques Baptistes qui du reste n’en veulent pas comme "chrétiens" et désignent du vocable "mariolâtrie" l’hommage maternelle à Sainte-Mère du Dieu Vivant et des hommes. Dès lors pourquoi le Catholicisme devrait-il en hériter, comme étant sa prétendue branche de salut pour éviter une toute aussi prétendue disparition ?

    Quand on est catholique on est d’abord LIBRE. Cette liberté nous pouvons l’utiliser pour adhérer au Renouveau Charismatique ou à toute autre nouvelle proposition masquée sous le mot église. Notre bonne foi plaidera pour nous. Toutefois le même catholicisme dispense, sui generis, un incroyable discernement à qui en est capable. Ce discernement qui permet de se distancier de Rome, lorsque Rome semble momentanément avoir perdu la boussole.

    Le fil qui relie certains catholique à l’Eglise Catholique est un fil invisible et pourtant solide. Nous ne sommes pas égaux pas davantage dans la foi qu’ailleurs. Oui, les différentes fois sont inégales entre elles, du reste incomparables. Tiens je pense à cette religieuse qui affirmait à la télévision que le Pape Jean-Paul II avait montré que "toutes les religions se valent". Sourire. Nous n’avons jamais compris cela. Mais bon.

    Le catholicisme est une religion complète, douce, sublime, lumineuse, élevée, la religion du Père, de la Trinité Sainte, du Christ Ressuscité, du mystère de la Sainte-Vierge et du Christ présent dans l’Hostie. C’est la religion de la foi….du croire. Les Pères de l’Eglise, les grands Saints ont déja interprété, et communiqué la parole du Verbe, nous ne sommes plus à l’analyse stérile de textes. La foi catholique est elle du petit enfant candide et confiant dans la parole du Père, transmise de façon inaltérable par l’Eglise Catholique qui la tient de Dieu par l’Esprit-Saint.

    Je ne sais lequel parmi la pléthore de protestantismes propose cela même à son insu. Eux dont ont voit naitre chaque dimanche un autre mouvement qui proteste d’avoir mieux compris la Bible que le précédent. Poupées russes, ou fractales les protestants ?

    Pour finir on vaut par la valeur de nos ennemis. Certains n’existent que du simple fait de s’opposer au Catholicisme. Et face à cette unanimité faite contre lui, le catholicisme, cette doctrine vieille de 2000 ans, je me dis qu’elle est effectivement la Voie, la Vie, la Vérité.

    Le titre de ce poste est une

    PS/ Et le Catholicisme ne se limite pas à l’Evangile de Jean. Pour superbe qu’il soit.

    AU MODERATEUR : Je ne réagis que maintenant car je suis une abonnée récente et ne tombe qu’aujourd’hui sur votre forum. Il se pourrait que ma réponse soit agressive. Je suis en effet très vive lorsqu’il s’agit du catholicisme. Je me dispense du jeu de la tolérance qui n’est qu’un des multipmes biais pour atteindre une légitimation injustifiée. Si vous deviez choisir de bloquer ma contribution, sachez que je ne vous en voudrai point. Avec mes civilités.

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