Mgr  Olivier Leborgne, évêque d’Amiens

«  Se préparer au retour du Christ »

propos recueillis par Aymeric Pourbaix

vendredi 5 juin 2020

Christ en gloire d’une église orthodoxe de Thessalonique.
© Julian Kumar / GODONG

L’Église vit dans l’espérance du retour glorieux du Christ à la fin des temps. Pourtant, cette attente reste assez floue pour de nombreux catholiques. En quoi est-ce un point essentiel de la foi ?

Pourquoi est-ce important de prier pour le retour glorieux du Christ ?

Mgr Olivier Leborgne : Tout simplement parce que l’Esprit Saint, par l’Écriture Sainte, le demande. Saint Pierre affirme, en parlant du retour du Christ dans la Gloire, que le Seigneur patiente pour que tous aient le temps de s’y ouvrir par la conversion (2 P 3,9). Mais il ajoute que, dans le même temps, il nous faut marcher vers la sainteté et prier pour «  hâter l’avènement du jour de Dieu  » (2 P 3,12).

Il me semble que c’est le plus grand service que je peux rendre à mes frères. Nous serons tellement plus vivants quand Dieu sera tout en tous (cf. 1 Co 15,28) et que tout sera récapitulé en Christ dans l’amour (cf. Ep 1,10).

Je vois trop les effets du péché en moi et dans le monde, je rencontre trop la douleur et la souffrance des gens pour ne pas désirer pour tous la plénitude de la promesse. Le bonheur que Dieu promet, c’est l’avènement de Jésus Christ notre Sauveur, comme nous le disons à la messe après le Notre Père. Pourquoi tarder ? En tous les cas, comme je veux le meilleur pour ceux que j’aime et ceux que je veux aimer – y compris mes ennemis, comme le demande Jésus –, oui, je prie avec passion pour «  hâter l’avènement de jour de Dieu  », le retour du Christ dans la Gloire.

Selon l’Écriture, cela se produira après un certain nombre d’angoisses et de calamités (les sept trompettes de l’Apocalypse, l’apostasie). Faut-il avoir peur ?

Je ne crois pas… Mais il est vrai que certaines scènes de l’Écriture Sainte peuvent paraître effrayantes et que la peur ne se contrôle pas toujours. Cependant, Jésus est très clair – «  Vous ne savez ni le jour ni l’heure  » (Mt 24,36). Alors n’essayons pas de percer le mystère du jour et de l’heure. Cela ne nous appartient pas.

En revanche, face à la vie qui se présente avec son poids d’angoisses et d’épreuves, je sais deux choses. D’une part, c’est pour moi, aujourd’hui, le temps de me préparer au retour du Christ dans la Gloire, le temps d’apprendre à aimer, le temps d’accueillir l’amour («  Dieu est amour  », 1 Jn 4,7), pour en vivre et le reconnaître quand il reviendra tout récapituler en Lui. D’autre part, quelles que soient nos peurs, nous ne craignons rien, tout est dans la main de Dieu : personne n’arrachera ses «  brebis  » de la main de Jésus ni de la main du Père (Jn 10,28). Demandons à l’Esprit Saint la grâce de l’union à Jésus dès maintenant. Là est notre repos, notre force, notre vie et notre espérance.

Les signes seront aussi la conversion des païens et du peuple juif. Cela semble difficile à envisager à vues humaines aujourd’hui…

«  À Dieu tout est possible  », déclare Jésus (Mc 10,27). Cela ne nous appartient pas, même s’il nous y associe.

Retrouvez l’intégralité de l’article dans le magazine.

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