Ordinations à Notre-Dame

par Gérard Leclerc

lundi 26 juin 2017

Samedi, à Notre-Dame de Paris, le cardinal André Vingt-Trois a ordonné quatorze prêtres, dix pour le diocèse, deux pour les Missions étrangères de Paris, deux pour les Augustins de l’Assomption. Le cadre grandiose du parvis de la cathédrale et de la cathédrale elle-même, a donné, comme toujours, une magnificence particulière à cette cérémonie si importante pour la vie de l’Église. Une Église qui vit à son rythme, le rythme liturgique, qui ne correspond pas à l’accélération de l’histoire dont nous parlions la semaine dernière. Ce qui ne signifie aucunement qu’il y a divorce d’avec l’histoire séculière. Nous savons trop comment la cathédrale bâtie par Maurice de Sully est étroitement liée à notre chronique nationale.

Justement, c’est le caractère singulier du rythme liturgique qui permet de donner un sens aussi bien à nos vies particulières qu’à notre vie sociale. Ce n’est pas l’éternel retour du même, en dépit de la répétition du calendrier qui s’ouvre avec le temps de l’Avent et se clôt sur le temps d’après la Pentecôte. C’est l’affirmation d’une dynamique supérieure qui nous propulse dans la perspective de la consommation des siècles, ce qu’en langage théologique nous appelons l’eschatologie. Ce dynamisme-là est supérieur à celui de l’histoire profane, il est celui de la cité de Dieu.

Elle n’est possible que par la grâce sacramentelle propre au sacerdoce. Aux jeunes ordinands, samedi, l’archevêque a posé la question : « Voulez-vous, de jour en jour, vous unir davantage au Souverain prêtre Jésus Christ qui s’est offert pour nous à son Père et vous consacrer à Dieu avec lui pour le Salut du genre humain ? » Et l’ordinand de répondre : « Oui, je le veux, avec la grâce de Dieu. » On ne saurait mieux dire la beauté et la grandeur de cette célébration des ordinations, sans laquelle il n’y aurait plus de vitalité chrétienne, ni même d’Église. C’est à un moment comme celui-là que l’on ressent la présence de la cathédrale au cœur de nos villes. Présence qui semble superficiellement immobile, mais qui recèle en fait une force intérieure inépuisable. Le rythme de la liturgie est celui de la pulsation de la vie dans nos cœurs, dans notre cité, et jusque dans l’élan de l’histoire.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 26 juin 2017.

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