Sainte Mère Teresa

par Gérard Leclerc

mercredi 6 septembre 2017

C’était hier le vingtième anniversaire de la mort de Mère Teresa. Faut-il dire sainte Mère Teresa ? Nous savions qu’elle était sainte de son vivant. J’ai souvenir de l’avoir vu prier le chapelet, alors qu’elle était l’invitée de Bernard Pivot à la fameuse émission littéraire Apostrophes. C’était peut-être alors la femme la plus célèbre du monde, mais la célébrité n’affectait en rien sa personnalité, et sa vocation qui consistait à être une religieuse vouée à Dieu et donc à la charité. Lorsque je pense à ce mot de charité, qui fut un moment si controversé, je pense forcément à elle ! À elle, pour ce qu’elle était, mais aussi pour ce qu’elle était critiquée. Il est vrai qu’elle n’a jamais songé, en fondant les sœurs missionnaires de la charité, inventer une ONG parfaite. Du point de vue médical, ses foyers d’accueil n’étaient nullement à la pointe du progrès. Un progrès qu’elle ne méprisait pas, ce n’était pas son ambition, et elle n’en avait pas les moyens.

Elle n’a jamais eu que les moyens de la pauvreté, ceux qui lui permettaient d’accueillir, les mains nues, les plus pauvres, les délaissés absolus, les pauvres gens qui mouraient dans les rues de Calcutta. En ce sens, il est vrai, la charité n’était pas la perfection de la justice, elle était plus simplement les bras tendus à la détresse. La justice est sans doute la plus belle vertu du monde, la plus nécessaire aussi. Mais la charité, c’est autre chose, c’est la reconnaissance de l’autre, c’est la reconnaissance de son visage dans l’anonymat du monde. Il est arrivé à notre pape François de définir l’Église comme un hôpital de campagne, celui qui reçoit les blessés en situation d’urgence. Mère Teresa était encore en deçà de l’hôpital de campagne. C’est pressée par la nécessité qu’elle finira par accepter l’aide financière qu’elle avait d’abord refusée même de la part du Vatican.

Mais à ce stade encore, elle marque sa différence : « C’est un capital d’Amour qu’il faut réunir. Un sourire, une visite à une personne âgée. Les vrais coopérateurs du Christ sont les porteurs de sa charité. » Ainsi est-elle hors-norme, elle transgressera même les lois de la guerre, en provoquant un cessez-le-feu en 1982, lors du siège de Beyrouth. Il lui fallait sauver 37 enfants hospitalisés, pris au piège. Elle imposera silence aux armes ! Sainte Mère Teresa, apprenez-nous à mieux comprendre et pratiquer ce qu’est vraiment la charité !

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 6 septembre 2017.

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