Saint de la semaine (24 avril)

Saint Fidèle de Sigmaringen

par Défendente Génolini

vendredi 23 avril 2021

Excellent avocat, Jean Rey abandonne les plaidoiries pour devenir capucin et prend le nom de Frère Fidèle.

Comme on voudrait que tous nos avocats soient comme lui ! Jugeons-en.

Jean Rey, récemment installé en Alsace, vient de terminer une plaidoirie. Un de ses confrères s’étonne : «  De ce train, Maître, vous ne ferez jamais fortune ! Même les affaires épineuses, vous les liquidez en première séance. Les parties ne doivent-elles pas payer plus cher le triomphe de leur bon droit ? Notre art postule une subtile dissimulation. Espérons que l’âge vous modérera.  » Jean répond : «  J’estime que tous les frais inutiles et dépenses occasionnées par la négligence de l’avocat en charge d’une cause, s’inscrivent comme dettes de ce dernier envers son client. La protection de l’innocent, la défense de la veuve et de l’orphelin victimes du dol et de la ruse : voilà toute la noblesse de notre profession. Hors de là, ce n’est que besogne mercenaire. Si l’on veut m’y réduire, je quitte le barreau.  »

Cet avocat intègre abandonne effectivement sa charge, devient capucin et prend le nom de Fidèle. Il est aussi brillant en homélie qu’en plaidoirie. On l’envoie en Suisse chez les Grisons qui ont versé dans le calvinisme. Il argumente, expose, convainc. Si bien que les conversions sont nombreuses. Il faut éliminer ce «  beau parleur  ». Ayant appris qu’on en voulait à sa vie, il signe ses lettres : «  Frère Fidèle qui doit bientôt être la pâture des vers !  » Il est exécuté à coups de sabre par des protestants alors qu’il va prêcher. Nous sommes le 24 avril 1622.

Étymologie du nom
Du latin fidelis «  de bonne foi, sincère  ». C’est ce mot qui donne le substantif «  infidèle  ».

Anecdotes
Au XIXe siècle, on attribuait ce prénom essentiellement… aux chiens.

Saint Yves est, avec saint Fidèle, le patron des avocats. Il est aussi un autre avocat très important dans l’Église : «  l’avocat du diable  » ou «  promoteur de la foi  ». Dans les procès de canonisation, c’est un avocat chargé par l’Église d’argumenter contre la canonisation d’un candidat. Ceci afin de vérifier l’authenticité de ses vertus. Morris West en a fait le titre de l’un de ses romans.

Pensée spirituelle de saint Fidèle
«  Allons où la grâce divine nous appelle. La moisson presse !  »

Courte prière de saint Fidèle
«  Ô mon adorable Sauveur, aidez-moi à triompher de l’ennemi infernal et de mes passions : accordez-moi la persévérance !  »  

Messages

  • "Il est exécuté à coups de sabre par des protestants alors qu’il va prêcher."
    Je suis surpris que l’auteur utilise une telle formule : l’exécution est relative à la mise en œuvre d’une décision de justice. Dans le cas présent, il s’agirait plutôt d’un assassinat, c’est à dire d’un homicide avec préméditation, un crime crapuleux, en fait.

  • Il est permis de rejoindre Larminat qui fait la différence entre, par exemple, "assassinat" et "exécution". En effet, il est constaté - et cela va croissant - dans la presse les jt, le vocabulaire ici et là et presque partout, une confusion sur le sens réel des mots : "j’ai eu la "sensation" qu’il s’agit d’une incompréhension", "il existe une "sensation" de déni de justice" etc..De là à confondre, par exemple, le terme "inclination" et " inclinaison", ex : il est notoire qu’il a une "inclinaison" vers les prières... et une inclination vers les tiroirs de sa commode...

    Pauvre langue française

  • De même que le très à la mode "demander à ce que", par ex. "J’ai demandé à ce que la loi soit appliquée", ou "Le préfet à demandé à ce que les policiers soient mieux équipés", ou encore "Il convient de demander à ce que l’on soit en mesure de s’exprimer librement", etc..., alors que "J’ai demandé que", ou "Le préfet a demandé que", ou encore "Il convient de demander que l’on soit..." sont, et sauf erreur, la bonne formule.

    Il ne s’agit pas, ici, de donner une leçon de français, mais où va-t-on lorsque ce langage est souvent tenu par des personnalités à tous les degrés... Sans oublier les autres : "on ignore ce qu’il s’est passé", "ce qu’il se trame", "ce qu’il se dit à l’Assemblée"... "Quant à lire les sous-titres via le petit écran où pullulent nombre de mots orthographiés de façon fantaisiste, où les compléments directs sont les grands inconnus de la maison, où... Mais passons...

    Que les SMS et autres trouvailles, par souci de gagner du temps ou de l’espace, participent allègrement à l’assassinat de l’orthographe est un fait, sans parler d’une publicité qui utilise la phonétique : "quimanjtou", par ex. pour des lentilles au lard...

    Pourquoi sacharné unsi à maçacré la bêle lang fransaise ?!

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