(1696-1787)

Saint Alphonse de Liguori

par Défendente Genolini et C. V.

jeudi 21 juillet 2022

Saint Alphonse agenouillé devant le Très-Saint-Sacrement, vitrail de Franz Mayer à la cathédrale de Carlow.
© Andreas F. Borchert / CC by-sa

Quelle intelligence ! Dans la haute société napolitaine tout le monde admire l’aîné des huit enfants du marquis de Liguori. À 16 ans, il avait appris « comme en s’en jouant » le grec, le latin, le français les mathématiques, les sciences, les arts libéraux peinture et musique, la philosophie et le droit. Et il était docteur en droit civil et canonique. Pour ce jeune homme un avenir brillant. Pendant dix ans il plaide avec succès et on vient l’écouter à chacune de ses brillantes plaidoiries. Mais, en un éclair, il s’effondre. Il est applaudit par la salle d’audience pour un fameux procès qu’il défend. Mais en une phrase, l’avocat de la partie adverse montre un document qui ruine son argumentation. Humilié et accablé, il reconnaît son erreur et abandonne le barreau. Il n’a pas 26 ans.

Il ne contente pas non plus son père qui veut le marier. La première élue rentre au couvent et la seconde, dépitée de n’être pas regardée, fait courir le bruit qu’il est « quelque peu lunatique ». Mais lui poursuit son chemin, changé au plus profond de son âme. Il abandonne ses beaux habits pour des vêtements simples, il visite les hospices et aime passer des heures devant le Saint-Sacrement. Il a une grande dévotion envers la Sainte Vierge depuis son enfance. Sans l’approbation de ses parents il est ordonné prêtre par le cardinal archevêque de Naples. Nommé en parole il met en chaire la même fougue qu’au tribunal. Il confesse admirablement.

Le peuple accourt vers lui et l’aristocratie le dédaigne, car il accepte une nomination auprès des condamnés à mort. Demandé dans les paroisses pour des missions, des jeunes prêtres se regroupent autour de lui. La jalousie ecclésiastique éclate au grand jour. Mais l’évêque le soutient. La Congrégation du Très saint Rédempteur, les Rédemptoristes, est fondée. Le succès populaire est si grand qu’en quelques mois il ouvre des maisons dans de nombreux diocèses. Un jour son père, entré par hasard dans une église où il prêche, est touché par la flamme de son propos. Il pleure en sortant et s’écrit : « Mon fils m’a fait connaître Dieu ! »

Mais des guerres éclatent. Des frères le quittent ou font sécession. L’approbation des constitutions est une longue bataille entre l’évêque, le pape et le roi. Pendant 13 ans, Alphonse se consacre à la formation des jeunes clercs. À 66 ans, il apprend qu’il ne peut refuser l’évêché de Sainte-Agathe des Goths alors qu’il venait de refuser l’archevêché de Palerme. Ordonné à Sainte Marie de la Minerve à Rome, il rejoint ce pauvre « évêché crotté » à la population rare et au clergé ignorant ou dévoyé. Il commence ses visites pastorales et admoneste ses prêtres mais il est obligé de quitter ses habits pouilleux et sa barbe mal taillée. Il visite toutes les paroisses, même les plus reculées.

Sa santé se dégrade : il ne voit ni n’entend presque plus. Un mauvais rhumatisme l’empêche de redresser la tête qui s’incline sur sa poitrine et il devient bossu. Finalement le pape accepte sa démission après 13 ans d’épiscopat. Il se retire dans la maison de Nocera. Ce sera pour connaître les plus graves dissensions de son Institut d’où il est pratiquement exclu. Il meurt épuisé en récitant l’Angelus le 1er août 1787.

En 1871 il est déclaré Docteur de l’Église.

Un modèle de confesseur
Proclamé patron de tous les confesseurs et moralistes par Pie XII en 1950, saint Alphonse de Liguori a vécu en pleine époque janséniste quand le rigorisme reléguait la miséricorde de Dieu au second plan, au profit d’une vision plus sévère. Le saint a alors tracé un entre-deux, recommandant aux prêtres d’être «  fidèles à la doctrine morale catholique, en assumant, dans le même temps, une attitude charitable, compréhensive, douce, pour que les pénitents puissent se sentir accompagnés, soutenus, encouragés dans leur chemin de foi et de vie chrétienne  », comme l’expliquait Benoît XVI en 2011, lors de l’audience générale du 30 mars.

Pensée spirituelle de saint Alphonse
« À moins de se sentir aimé, le pécheur ne se décide jamais à abandonner son péché. »

Courte prière de saint Alphonse
« Mère de Miséricorde vous étiez si patiente dans les peines, obtenez-moi la patience dans les contrariétés. »

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