Décès du cardinal Roger-Marie Élie Etchegaray

par le père F.-X. Esponde

jeudi 5 septembre 2019

Roger-Marie Élie Etchegaray s’est retiré du monde ce mercredi 4 septembre 2019 à Arditeya de Cambo-les-Bains. Parmi ses prénoms, celui d’Élie, « l’Éternel est son Dieu », hébreu et chrétien, dont il aimait porter le patronage.

Sa vie est connue depuis ce 25 septembre 1922 où il naquit à Espelette, ses études à Ustaritz, Bayonne, Rome et son service diocésain dans l’administration épiscopale de Bayonne – Lescar -Oloron.

Membre de l’Académie des Sciences Morales et Politiques, Titulaire de la Grande Croix de la Légion d’Honneur, et de nombreux titres qu’il ne dévoilait jamais, l’homme était grand et noble dans sa personne, discret et humble dans son humanité.

Auteur d’une vingtaine de livres, brochures et de titres portant sa signature, Roger Élie Etchegaray est connu en outre pour l’ouvrage J’avance comme un âne, réédité et diffusé dans le monde, et J’ai senti battre le cœur du monde, qui condensent les souvenirs et les missions du cardinal-légat du pape Jean-Paul II, envoyé dans le monde entier.

Pendant huit années consécutives lors de ses vacances estivales d’août, tous les ans, le cardinal présidait les Conférences d’Espelette, puis de Cambo-les- Bains, qui virent se succéder des personnalités de la vie publique, sociale, intellectuelle et spirituelle du pays, autour de thèmes divers. Les premières rencontres se tinrent en mairie à Espelette, autour d’André Darraidou et Madame Florence, anciens maires de la cité.

Les thèmes s’enrichirent aussi de la présence de dominicains, comme Jean-Jacques Pérennès , directeur actuel de l’École Biblique de Jérusalem, du Père Georges Colomb, ancien supérieur général des MEP de Paris devenu évêque de la Rochelle, d’académicien français comme Florence Delay, de conseillers politiques de la Commission Européenne comme Eneko Landaburu, d’économistes comme François Villeroy de Gallot, du Père Pierre de Charentenay, jésuite, ancien directeur des Études, du directeur de la revue Esprit, Jean-Louis Schlegel, etc.

Il disait avoir visité la plupart des pays du monde excepté la Corée du Nord et l’Albanie, fermés en ces années aux relations avec le Vatican. Mais ces pays lui étaient chers car il rêvait un jour d’y retrouver des chrétiens isolés ou oubliés dans le monde. Son souhait fut aussi de revenir à Pékin en Chine, mais des raisons personnelles le dissuadèrent de le faire.

Roger Etchegaray avait une âme jésuite héritée de son affection pour le navarrais François-Xavier, et d’Ignace de Loyola qu’il célébra à Loyola au cours d’un rassemblement jésuite international en présence de centaines de supérieurs venus du monde entier.

On le disait original et il le fut, pour permettre à nombre de ses amis de le devenir davantage en sa compagnie. Son amitié avec le Slave polonais devenu le pape Jean-Paul II fut reconnue, car le Slave et le Basque partageaient des goûts communs : la montagne enneigée des Pyrénées et des Alpes pour le ski, et l’eau de la piscine du Vatican pour le pape…

Homme libre, esprit universel, le Basque du Monde laissera le souvenir inoubliable d’une personnalité pyrénéenne forte dont le devise répétée par lui même était « Ne regardez jamais derrière vous, mais toujours devant ».

Agur Jauna, sineskoa, oraiko eta ondoko denboretako denentzat !

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