Réparer les fondations

Anthony Esolen, traduit par Bernadette Cosyn

mercredi 23 septembre 2020

« Fragment architectural », sculpture de Petrus Spronk, 1992
[Swanson Street, Melbourne, Australie]

Supposons que vous ayez des habitations en train de s’écrouler partout dans votre ville. Vous pourriez regarder les murs et concéder qu’ils sont parfois construits en craie. Vous pourriez examiner la toiture parce que vous avez parfois constaté un étrange affaissement. Mais au lieu de cela vous prenez pour cible les fondations. Vous remarquez qu’elles sont toutes faites de simple argile et que les eaux souterraines les criblent de trous, si bien que certaines maisons s’enfoncent sous terre ici et là, et parfois les gens se réveillent le matin n’ayant plus de maison du tout.

Mais quand vous réclamez auprès des constructeurs et des inspecteurs des travaux, ils se moquent de vous et disent que vous êtes un réparateur mono maniaque ou vous accusent de ne pas vous soucier des gens dont les toits laissent passer l’eau dans la salle de séjour. C’est en vain que vous les pressez de voir qu’on ne peut rien faire qui dure tant que les fondations ne seront pas solides.

Pendant longtemps, vous supposez que les bâtisseurs et les inspecteurs sont stupides ou négligents. Et alors vous découvrez qu’ils ont commencé à insister sur le fait que la diversité dans la construction est une chose positive. Il est bien que les murs comme les planchers ne soient pas de niveau. Il est excitant d’entendre des rivets grincer alors que la maison se met à pencher. Et lorsque arrive ce qui ne peut être considéré que comme un effondrement de domicile, ils applaudissent s’ils sont d’humeur, déclarant que cela rapproche les familles élargies, ou alors ils dénoncent des forces étranges dans l’atmosphère, forces pour lesquelles leurs ennemis sont à blâmer.

Arrivé à ce point, vous soupçonnez qu’ils sont la proie de quelque chose de tout-à-fait fou, et même démoniaque.

Certains catholiques disent : « l’avortement n’est qu’un des problèmes ». Non. Il est la forme la plus sanglante d’une attaque multi-forme contre la nature même de la famille. Faites bien attention aux mots : pas une attaque contre le bien-être matériel des familles, ce qui serait déjà mauvais en soi, et dont aucun parti majeur n’est innocent aux États-Unis, mais une attaque contre leur être même.

C’est lié avec toutes les caractéristiques de la Grande Apostasie Morale : avec toutes les formes d’immoralité et d’irréalité ayant à voir avec le sexe des personnes, les rapports sexuels, le mariage, la procréation, l’entretien et l’éducation des enfants.

Tous les graves péchés sexuels attaquent la famille à la racine, et vous ne pouvez pas plus avoir une nation saine et prospère avec des familles anéanties que vous ne pouvez avoir une maison solide avec des fondations tournant en boue. Ce n’est pas le fruit de ma perspicacité. C’est ce que tous les papes ont dit depuis Léon XIII. Il est gênant d’avoir à le redire encore.

Parfois, le caractère et l’étendue d’un mal peut être vu dans ce que ceux qui le pratiquent voient comme insignifiant. Quand Saint José Anchieta prêchait aux natifs du Brésil, il a rencontré une vieille dame très respectée qui demandait sa friandise préférée alors qu’elle était mourante. Elle voulait des doigts. Et pas n’importe lesquels : des doigts d’enfants.

C’est de cette manière que je pense aux abominations comme le Drag Queen Story Hour. C’est notre semblance de doigts d’enfants. Je ne veux pas dire par là que les queens sont cannibales. Ils ne sont pas si sauvages et assoiffés de sang. Pourtant, par certains côtés, ils sont pire. Ils ne sont pas les héritiers d’une mauvaise coutume, ils en sont les initiateurs.

Ils n’attaquent pas le corps. Ils attaquent l’esprit et l’âme. Mais le point à souligner est qu’un monde dans lequel une telle chose est applaudie n’est pas juste un monde mauvais de la façon habituelle où la vie humaine est mauvaise. Il est démoniaque.

De même la propagande pour « la fluidité de genre » faite aux enfants influençables, souvent sans que les parents soient avertis. De même la mutilation d’enfants sous l’emprise d’illusions sexuelles instillées par des adultes. De façon générale, ainsi que l’a dit le pape François, l’idéologie de genre est démoniaque.

Dire qu’il n’y a pas uniquement deux sexes, mâle et femelle, faits chacun l’un pour l’autre, dire qu’un homme peut épouser un autre homme, dire que l’enfant dans le ventre de sa mère n’est pas un enfant, dire que l’acte qui engendre peut être considéré essentiellement comme un acte récréatif, ce ne sont pas que des actes d’intempérance ou une application téméraire de principes moraux.

Ce sont des affronts directs au Créateur et également à la création.

Durant les jours de l’apôtre au Brésil, le démoniaque s’était depuis longtemps infiltré dans les coutumes du peuple. Le baptême signifiait alors réellement mourir et être greffé sur un nouveau principe, une nouvelle vie.

Avec nous, le cas est différent. L’infiltration n’est pas complète. Le démon doit alors compter sur la force, la cruauté et l’impitoyabilité. Osez dire en public que vous vous opposez à l’une de ses plus récentes manifestations et voyez si vous pouvez garder votre boulot. Voyez si chaque membre de votre famille continuera de vous parler.

Plus une chose est insensée, plus elle peut compter sur les locomotives de la société de masse pour en imprégner une population déjà démotivée.

Ce n’est pas un grand compliment que de dire d’un parti politique qu’il n’est pas livré à une insanité diabolique. Mais voilà. Un parti promet de vous persécuter si vous parlez contre le démoniaque. L’autre parti ne le fait pas. Un parti voudrait entraver l’Église et museler ses prêtres. L’autre parti ne le veut pas encore.

Et en ce qui concerne les gens et leurs domiciles en délabrement ? Rien de ce qui dure ne peut être accompli tant que nous ne rebâtissons pas sur des fondations solides. Tout ce qui est pragmatique doit partir de ce principe.

Pour le bien des pauvres, pour ceux que les privations – morales autant que matérielles – et les foyers chaotiques ont conduits au crime, nous devons rétablir les principes de la famille naturelle, créée par Dieu et bénie avant la chute.

Les principes seuls ne garantissent pas la réussite. Mais leur abrogation garantit l’échec.


Voir en ligne : The Catholic Thing

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