Reine de l’histoire victorieuse des idéologies totalitaires

par le père Daniel-Ange

lundi 22 mai 2017

Voici juste cent ans, la Reine et du cosmos et de l’histoire se manifestait à ces trois petits bergers, dont deux ont été canonisés samedi dernier : les premiers enfants non-martyrs à l’être. Sidérante actualité de Fatima ! Déjà Jean-Paul II : «  Le message que la Sainte Vierge adressa à l’humanité continue de retentir avec toute sa force prophétique.  » Et Benoît XVI : «   Celui qui penserait que la mission prophétique de Fatima est achevée, se tromperait.  »

Comme il est réconfortant, le fait bouleversant que Marie non seulement soit au courant de tous les événements de notre histoire, mais les annonce d’avance, et le comble : tout se réalise comme Elle l’a prédit !

Si elle a joué le rôle stratégique de tout premier plan dans l’écroulement de la persécution par le marxisme-communisme, elle le jouera aussi pour nous qui ployons – mais résistons – sous la nouvelle idéologie totalitaire de l’Occident, mais imposée au monde entier, et que ne cesse de dénoncer notre prophète de François, comme étant le terrorisme de base et la pire des colonisations.

«  L’Ange avec l’épée de feu, scintillant et émettant des flammes qui devaient incendier le monde représente la menace du jugement qui plane sur le monde. La perspective que le monde pourrait être réduit en cendres dans une mer de flammes n’apparaît absolument plus comme une fantaisie : l’homme lui-même a préparé l’épée de feu avec ses inventions  » (cardinal Joseph Ratzinger).

«  Mais ces flammes s’éteignaient au contact de la splendeur qui émanait de la main droite de Notre-Dame en direction  » de l’Ange. Telle est notre certitude intime : à Elle et à ses petits enfants la victoire finale sur toute dictature mortifère, sur l’actuelle persécution, d’un côté en cagoule noire, de l’autre «  en gants blancs  » (Francois). «   À la fin, Son Cœur triomphera  » ! Amen ! Marana tha !

«  Faites ce que je vous dis, et l’Autriche aura la paix !  » Ces mots furent entendus par Pater Peter Pavlicek, franciscain, le 2 février 1946, à la fête de la Présentation, alors qu’il priait pour être guidé, au grand oratoire marial de Mariazell (Autriche) [1].

De semblables mots avaient été dits par la Mère de Dieu aux trois jeunes bergers de Fatima, le 13 juillet 1917, aussitôt après qu’ils furent témoins d’une vision de l’enfer : «  Si l’on fait ce que je vous dis, beaucoup d’âmes seront sauvées et la paix régnera.  » Pater Peter Pavlicek vit le lien. À Fatima, Notre-Dame a demandé la prière, la conversion, la pénitence et la réparation. Mais elle avait demandé spécialement le rosaire quotidien.

Il décida que le point central de sa vie serait une croisade de prière et de pénitence. Le missionnaire franciscain itinérant fit le raisonnement suivant : si des millions de personnes peuvent être mobilisées pour la guerre, des millions pourraient également travailler ensemble pour la paix, par la prière et la pénitence. Il désirait inciter les fidèles à prier, pour éviter les dangers menaçants, pour obtenir la paix et la liberté.

Tout l’est du pays et le cœur de la ville de Vienne étaient déjà occupés par l’Armée rouge. Le pays risquait d’être coupé en deux, et Vienne de subir le même sort que Berlin. Pater Peter Pavlicek, lança une action : 10 % des Autrichiens – soit 700 000 personnes – devaient s’engager à prier un rosaire quotidien pour le départ des Soviets. On les trouva. Durant sept ans, ils prièrent le rosaire. Il était convaincu que l’Autriche n’obtiendrait sa liberté que par la prière, et surtout le Rosaire.

En 1949, il décida de commencer une procession du Rosaire aux flambeaux, à la fête du Saint Nom de Marie, dans la basse ville de Vienne. Des processions du Rosaire avaient déjà été organisées dans l’histoire de l’Autriche, pour combattre les fléaux et les armées assiégeantes. La fête du Saint Nom de Marie avait été elle-même instituée par le pape Innocent IX pour marquer la libération de Vienne de la menace turque.

Le 8 septembre 1950, le chancelier fédéral autrichien, Léopold Figl, dirigea la procession. En octobre, il y avait danger de guerre civile. Les communistes poussaient le peuple vers une démocratie populaire, mais les ouvriers s’opposèrent et la crise avorta.

En 1951, le cardinal de Vienne participa à la procession. La croisade comprenait 80 000 membres, et les célébrations mensuelles de réconciliation furent retransmises à la radio.

Le 11 septembre 1952, jour de la fête du Saint Nom de Marie, une statue de Notre-Dame de Fatima fut solennellement couronnée.

En 1953, le nouveau chancelier fédéral, Julius Raab, se joignit au ministre des Affaires étrangères Léopold Figl, pour conduire à travers Vienne l’annuelle procession du Rosaire aux flambeaux, en la fête du Saint Nom de Marie. Ces deux hommes savaient que la paix et la liberté de l’Autriche étaient encore en danger.

La croisade du Rosaire a été un instrument pour la restauration de la fête de l’Immaculée Conception, comme congé national en Autriche. Elle avait été abolie en 1949 par le gouvernement, sous prétexte que l’économie était faible et que le pays ne pouvait pas se permettre un autre congé national.

Le chef de la croisade du Rosaire était convaincu qu’on ne pouvait demander à Marie d’intercéder pour l’Autriche, tant que continuait cet état de choses. Le 13 mai 1954, il écrivit au chancelier, au nom des 450 000 membres de la croisade du Rosaire, lui demandant de rétablir le congé national en l’honneur de Marie. Le gouvernement acquiesça la même année.

En 1954, l’horizon s’obscurcit quand, après neuf ans de négociations pour un traité accordant l’indépendance à l’Autriche, les Russes demandèrent que l’Autriche maintienne les soldats russes sur son territoire jusqu’à ce que soit résolu le sort de l’Allemagne. Les Autrichiens comprenaient que c’était une demande pour garder indéfiniment l’Armée rouge en Autriche.

En 1955, le chancelier Raab appela Pater Peter Pavlicek, et lui demanda de faire prier plus que jamais ses croisés du Rosaire. Juste après Pâques, une importante délégation d’officiels autrichiens fut invitée à Moscou pour des négociations. Une entente inespérée fut conclue, de l’ordre du miracle !

Le 15 mai 1955, un traité fut signé à Vienne, rétablissant l’indépendance de l’Autriche. Cela suivit de dix jours la reconnaissance de la République fédérale d’Allemagne par les nations alliées de l’Ouest, le 5 mai, comme État souverain.

En 1955 à Vienne, la procession aux flambeaux du Rosaire, en l’honneur du Saint Nom de Marie, fut une action de grâces pour la liberté de la nation. Le chancelier Raab s’adressa alors aux milliers de participants.

«  Marie, nous vous remercions !

À ces catholiques qui se sont joints à cette Croisade et qui se sont rassemblés encore aujourd’hui dans un tel puissant témoignage de foi et d’amour pour notre pays, à titre de chancelier fédéral, je désire exprimer mes remerciements sincères pour l’amour, la loyauté et l’esprit de sacrifice dont vous avez fait preuve. Je demande à cette immense foule de fidèles catholiques autrichiens de demeurer sincères dans leur foi et inébranlables dans leurs prières, et d’implorer le Seigneur pour un avenir meilleur et plus heureux. Nous devons continuer à prier pour que la Reine du ciel couvre de son manteau protecteur notre beau pays, dans les années à venir, et intercède auprès de son Fils bien-aimé pour notre sort futur. Mais pour aujourd’hui, nous voulons adresser une joyeuse prière au Ciel et la terminer par ces mots : "Nous sommes libres ! Nous vous remercions" !   »

Encore à ce jour, historiens et stratèges militaires ne comprennent pas ce qui a bien pu faire décamper les Soviets. Jamais, absolument jamais, l’Armée rouge n’avait encore quitté d’elle-même, sans effusion de sang, un seul territoire occupé par elle. Durant les 35 années suivantes, les Autrichiens ainsi libérés vont se dépenser sans compter au service de leurs frères des malheureux pays resté sous le joug de Moscou. Vienne sera la plaque tournante de l’aide à ce que l’on appelait l’Église du silence – Jean-Paul II rectifiera en disant : «  L’Église du silence, elle est ici à l’Ouest ; c’est vous qui avez peur de crier en notre nom !  »

Pour soutenir leurs frères éprouvés et leur apporter Bibles et littérature chrétienne interdites, bien des Autrichiens prendront courageusement tous les risques en s’infiltrant derrière le terrible rideau de fer (qui coïncide maintenant avec leur frontière Est).

Les Autrichiens demeurent profondément reconnaissants à leur Reine pour cette libération mira-culeuse de leur pays. Chaque année, la fête du Saint Nom de Marie y est célébrée avec grande ferveur.

Toutefois la croisade du Rosaire d’Autriche ne s’est pas terminée avec la libération de ce pays. L’évêque de Fatima incita Peter Pavlicek, à étendre sa croisade au monde entier. Elle se répandit dans les pays de langue allemande et par les missionnaires et religieux parlant cette langue.

En 1981, la croisade du Rosaire pour la paix dans le monde atteignait un million neuf cent mille membres. En 1999, on en comptait 700 000 répartis dans 132 pays.

À Fatima, Marie se montre Reine de la création (les éléments cosmiques lui obéissent, et c’est la danse du soleil). Mais aussi Reine de l’histoire. Ces deux dimensions – cosmique et historique – sont liées. Serait-elle Reine de la création, si elle ne s’investissait pas personnellement dans le déroulement de cette histoire qui tend vers le point où elle-même est déjà arrivée ?

Elle a reçu de son Fils un rôle personnel à jouer. Rôle décisif. Dieu lui donne d’intervenir dans le cours des événements. De manière médiate (en usant de son influence personnelle sur des personnes ayant de hautes responsabilités) ou de manière immédiate, en faisant intervenir en direct la Personne qui a la responsabilité finale de l’Histoire du monde : son propre Fils. Lui qui tient le cosmos dans ses mains transpercées et glorieuses !

Étrange qu’elle s’amuse à mettre au courant des conséquences de la révolution d’octobre 1917 trois pastoureaux analphabètes, ne parlant que le patois, sur une colline du Portugal, en cette même année 1917 ! Alors même que la plupart des politiciens n’en soupçonnent encore rien ! Oui, personne ne le sait encore, sinon ces bambins innocents !

Le 13 juillet 1917 : «  La guerre (14-18) va vers sa fin, mais si l’on ne cesse d’offenser le Seigneur, sous le prochain pontificat une autre bien pire commencera.  » Et elle ajoute : «  Si l’on écoute mes demandes, la Russie se convertira et le monde connaîtra la paix sinon elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’église. Les bons seront martyrisés. Le Saint-Père aura beaucoup à souffrir. Plusieurs nations seront anéanties…  »

En Russie pendant ce temps : le 13 février 1917, trois mois jour pour jour avant la première apparition de Fatima, une voix met Eudoxia Andrianova, paysanne de Potchinok, sur la piste d’une icône de lactose reléguée dans la cave de l’église de Kolomenskoïe. Le 2 mars, jour même de l’abdication du tsar, elle est retrouvée : la Reine du ciel, revêtue de pourpre, couronnée, sceptre d’une main et globe terrestre de l’autre – l’Histoire du Cosmos ! –, comme si elle se présentait «  comme la tsarine de toutes les Russies, la souveraine drapée de pourpre, à l’heure de la chute des tsars et de la montée du pouvoir  » (père René Laurentin). Cette mystérieuse icône sera vénérée sur la Place rouge, à la porte de la Résurrection, jusqu’à sa destruction en 1929.

Année après année, voici que tout se réalise effectivement. Cette Russie de Lénine répand en effet ses erreurs. Dans le monde entier des foules sont martyrisées. Des nations entières sont rayées de la carte. Et le Saint-Père sera un jour persécuté… mais elle avait aussi annoncé : «  À la fin, mon Cœur immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie qui se convertira et il sera donné au monde un certain temps de paix.  »

Puis voici les premiers syndromes extérieurs, vérifiables, prouvant qu’elle se mêle très concrètement aux affaires, qu’elle commence à intervenir – non plus seulement dans le secret des cœurs et des consciences (ce qui ne cesse de faire), mais publiquement, manifestement. Elle avait raison. Elle aura le dernier mot !

S’ouvre alors une vraie litanie de dates–clés.

1960 : explosion d’une gigantesque fusée à propulsion atomique, conçue comme l’arme absolue contre l’Occident (et devant être offerte à Khrouchtchev pour l’anniversaire de la révolution d’octobre), la nuit même où Jean XXIII adresse au monde entier une lettre – SOS sur les dangers d’une guerre nucléaire. Explosion qui fait trois cents victimes. Date ? 13 octobre ! Hasard ?

1968  : au moment où Kissinger met en œuvre son projet de tout islamiser au Moyen-Orient, Marie apparaît sur la coupole des églises de Zeïtoun, au Caire. Plus d’un million de coptes, et de musulmans l’ont vue – y compris Sadate. Date ? Un 13 mai ! Hasard ?

1981 : Jean-Paul II est sauvé in extremis d’un attentat meurtrier. Date ? 13 mai ! Hasard ?

1982 : ce pape vient à Fatima déposer la balle dans la couronne de diamants de la Vierge et y laisse sa soutane blanche maculée de sang.

1984 : une inexplicable explosion ravage la base surarmée de Srveromorsk, dans la presqu’île de Kola, près de Mourmansk, dans le Grand Nord, détruisant plus de mille missiles sol-air et sol-sol, ainsi que leur carburant, et rendant inopérants pendant au moins deux ans bateaux de guerre et sous-marins, ainsi que 425 avions de combat. Éloignant de l’Occident la menace d’une possible invasion soviétique ! Date ? 13 mai ! Hasard ?


[1Cf. He taught millions to pray, Pater Peter Pavlicek, o.f.m, par Hilde Fritel, publié par la Croisade du Rosaire pour la paix dans le monde, Vienne. Sur les liens entre Marie et les pays de l’Est, voir René Laurentin : Comment Marie leur a rendu leur liberté, Œil, 1981.

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