Rebâtir Notre-Dame pour la France

par Denis Lensel

mardi 16 avril 2019

Vue du ciel en ce premier jour de cette singulière Semaine Sainte 2019, Notre-Dame de Paris en feu était comme une croix incandescente couchée en plein cœur de la France, comme marquée au fer rouge, clouée par un destin cruel. A la tombée de la nuit sur la capitale sidérée, la cathédrale incendiée semblait même ruisseler d’une sueur de sang, en une angoissante nuit de Gethsémani. Mais c’est une volonté de sursaut qui a très vite répondu à cette terrible épreuve, en cette semaine où, pour les croyants, la célébration de la Résurrection du Christ suit celle de la Passion.

Une foule innombrable de Parisiens et d’étrangers de passage s’est rassemblée, médusée, aux alentours de ce brasier. Parmi elle, beaucoup pleuraient devant le désastre. Certains, assez nombreux, se sont mis à prier dans les rues, souvent à genoux, en regardant le chemin de croix héroïque des pompiers luttant contre les flammes attisées par un vent redoutable. Au bout de plusieurs heures d’efforts périlleux, les soldats du feu ont réussi à sauver les deux tours et la façade de la cathédrale dont la nef et la toiture avaient été dévastées.

Dans un élan unanime, les représentants du monde politique en France et dans le monde entier ont tous manifesté leur compassion devant cette blessure béante qui a éventré ce chef-d’œuvre de l’architecture sacrée. « Cette cathédrale, nous la rebâtirons, tous ensemble », a promis Emmanuel Macron, y voyant « une part du destin français ».

Un élan national et international de mobilisation a très rapidement suivi la catastrophe. Tant chez les croyants que chez les incroyants. Dès les heures qui ont suivi, des donateurs se sont manifestés, en France, mais aussi à l’étranger, tant parmi les très grandes fortunes que chez les plus modestes, avec un appel très fructueux de la Fondation du Patrimoine.

Le lendemain de l’incendie, une Parisienne parlait de cette cathédrale Notre-Dame comme d’une personne vivante, malade, blessée, et d’autant plus aimée : « Elle est encore belle, elle est encore là, et elle va se refaire une santé, et une beauté. » Un curé de Paris a dit à son archevêque Mgr Aupetit : « Tu n’as plus de cathédrale, mais tu as un peuple en marche ».

Notre Dame, « notre drame », comme l’ont écrit plusieurs journaux laïques, peu suspects de bigoterie… Comme l’a dit l’archevêque de Paris, « Notre-Dame a été détruite, mais on n’a pas détruit l’âme de la France ».

Rebâtir Notre-Dame pour la France, revitaliser la France avec Notre-Dame, la rebâtir avec Dieu, c’est aussi la réponse la plus profonde qu’on peut apporter à cette nouvelle épreuve. Une épreuve où la France se retrouve unie, autour de cet amour de la beauté que le cardinal Newman définissait comme « la nostalgie du futur ». C’est-à-dire, pour certains, un appel de l’Au-delà. Et ici, c’est pour tous un appel à la reconstruction. Une reconstruction où reconstruire, c’est aussi se reconstruire.

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