ENTRETIEN AVEC CHRISTIANE RANCÉ

Qui est vraiment ce Pape ?

propos recueillis par Gérard Leclerc

jeudi 27 septembre 2018

Christiane Rancé porte un nom célèbre dans l’histoire de France, et même de la France religieuse, puisqu’elle est apparentée au Rancé célébré par Chateaubriand, celui qui réforma la Trappe. Elle-même écrivain et grand reporter, est tributaire d’une forte sensibilité religieuse qu’elle a exprimée dans plusieurs essais, notamment celui sur sainte Thérèse d’Avila. Elle est également proche de la pensée de la philosophe Simone Weil et elle a eu pour maître Lucien Jerphagnon avec qui elle a publié un livre d’entretiens. Ayant vécu à Buenos Aires, elle a été forcément marquée par l’élection au siège de Rome du cardinal Bergoglio. Dès 2014, elle a publié un ouvrage intitulé François, « Un Pape parmi les hommes », qui tient du portrait et de la biographie. Une édition revue et augmentée vient de paraître. C’est à cette occasion que nous lui avons demandé d’exprimer son sentiment sur la personnalité de ce Pape qu’elle aime bien mais qui est entré dans une zone d’intenses turbulences.

Nous vivons actuellement dans les tourments de l’affaire Viganò. Il y a évidemment énormément à dire sur un tel scandale. Mais en ce qui concerne le pape François, comment le percevez-vous au cœur de cette tempête, où il y va de son avenir de Pape mais aussi de l’avenir de toute l’Église catholique ?

Christiane Rancé : Je rappellerai d’abord que pour l’instant, personne n’a pu prouver que les accusations de Mgr Viganò – sur le fait que le pape François aurait couvert le cardinal McCarrick, accusé d’abus sexuels – étaient fondées ou pas. Une enquête est en cours et ce ne sera que sur la base de faits avérés que nous serons autorisés à faire des commentaires. Rappelons-nous l’affaire Dreyfus. L’affaire Baudis. Le respect de la présomption d’innocence est d’autant plus nécessaire que cette affaire est très grave pour l’Église en général, et pour le Pape en particulier. On peut même parler d’épreuve de vérité, dont l’issue renforcera – ou compromettra, ce sera selon – l’avenir de l’Église. Ce qui ne sera pas anodin pour l’avenir de l’humanité, qui a plus que jamais besoin des Évangiles et de ce qu’ils portent. Comme l’avait demandé Benoît XVI, toute la vérité doit être faite sur les crimes sexuels commis par des ministres du culte – des représentants du Christ sur terre. Vérité, et justice aussi, car il incombe aux instances du Vatican de juger et de punir les éléments coupables de sa Hiérarchie, du plus humble au plus prestigieux. C’est la raison même de l’existence d’un clergé, cette responsabilité d’une bonne marche, d’une bonne conduite. Or, protéger les criminels, c’est trahir la mission du clergé, détruire sa légitimité, et anéantir ce qui fait le lien essentiel du catholique avec l’institution qui le représente : la confiance. La foi qu’il a en elle. Cela dit, si Viganò avait raison et que le pape François ait bien couvert le cardinal McCarrick – étant bien entendu qu’il l’aura couvert dans le seul souci d’épargner à l’Église un nouveau scandale – alors il faudra sans doute que François démissionne, comme il a demandé aux évêques chiliens, coupables du même délit de dissimulation, de le faire. Et le faire après avoir radicalement mis fin aux agissements de criminels par action et par omission dans leur devoir de justice. Le christianisme est la religion de l’Incarnation. Le Pape doit incarner la vérité qu’il proclame, et la sainteté qu’il promeut. Quitte à se sacrifier pour elle, à l’exemple du Christ. Ce sera une épreuve terrible pour l’Église, mais elle s’en relèvera. Elle a l’avenir pour elle si elle choisit la Vérité, la justice et la sainteté.

Si vous aviez à faire une sorte de bilan du pontificat de François, quelles seraient ses grandes lignes de force ?

L’imitation de Jésus de Nazareth dans l’attention aux plus pauvres, aux déshérités, et dans l’importance attachée à la Miséricorde. L’imitation de saint François d’Assise dans la volonté d’une Église pauvre pour les pauvres. Une attention pour ce que le Pape a appelé les périphéries. La volonté d’un dialogue interreligieux renforcé pour répondre à l’islam radical et ses guerres mortifères, et inciter les catholiques à ne pas céder à la tentation de la haine et de l’exclusion – qui ne peut conduire qu’à la guerre civile. L’appel incessant à sauver la planète, «  la plus pauvre de tous les pauvres  » selon ses propres termes. Enfin, l’exploit d’être parvenu, en quelques heures, avec sa simplicité de bon curé, à renouer un lien fort entre les fidèles et le Vatican, lien considérablement entamé par les scandales du précédent pontificat.

Il se trouve que vous connaissez Jorge Bergoglio dans son enracinement en Argentine, puisque vous connaissez ce pays et singulièrement sa capitale Buenos Aires. Que dire de l’histoire personnelle de Jorge Bergoglio ?

Jorge Mario Bergoglio est le petit-fils d’immigrés italiens, élevé par une grand-mère très croyante et baignée dans la spiritualité salésienne. À la veille de ses fiançailles, il a entendu l’appel du Christ : une force incompréhensible l’a poussé à entrer dans une église et à se confesser. Il en est ressorti convaincu de sa vocation. Alors, il a abandonné ses études de chimiste pour entrer au séminaire, au grand dam de sa mère. Il est devenu curé à la façon, dirai-je, d’un don Camillo : avec foi et un grand pragmatisme – qualité qui est une composante du caractère du Porteño (habitant de Buenos Aires, ndlr), qui sait que, aujourd’hui ingénieur, il devra peut-être, demain, être chauffeur de taxi ou pompiste, si crise il y a. Et les crises économiques et politiques n’ont jamais cessé de se succéder en Argentine. C’est ainsi qu’archevêque, Bergoglio a pris Buenos Aires en main pour bricoler une entraide générale lors de la grande crise de 2001, où les politiques avaient dévalisé les banques. Même ses ennemis ont dû reconnaître qu’il avait été le seul homme capable d’éviter le chaos et la guerre civile à la nation. Enfin, lors d’un voyage au Chili, alors séminariste, il a découvert la réalité des bidonvilles. La découverte de ces villas miserias qui n’existaient pas encore en Argentine, a déterminé sa pastorale : apporter les Évangiles et la douceur du Christ chez les plus exclus, sdf ou prisonniers.

Comme provincial de la Compagnie de Jésus, le père Bergoglio a dû gérer une situation extrêmement délicate au moment de la dictature du général Videla. Comment s’en est-il tiré ?

Avec prudence et une efficacité certaine. Le journaliste Nello Scavo a réuni dans un livre La liste de Bergoglio, le témoignage de ceux que François avait sauvés pendant la dictature militaire. La tâche était d’autant plus rude qu’il avait deux pans de l’Église argentine contre lui : ceux qui aidaient les militaires jusqu’à bénir les jeunes résistants avant qu’ils soient précipités depuis un avion dans le Rio de la Plata, et les prêtres de la théologie de la libération, qui prenaient les armes et en usaient au côté des Montoneros. Parmi eux, des jésuites.

Vous expliquez dans votre livre que le père Bergoglio a subi au terme de son mandat de provincial une véritable disgrâce de la part de la direction de la Compagnie. Comment l’expliquez-vous ?

Par au moins deux raisons : son opposition frontale à la théologie de la libération, à quoi il a voulu substituer une théologie de la pauvreté. Or, les jésuites, très présents en Amérique du Sud, étaient les fers de lance de cette théologie. Ensuite, Bergoglio avait été nommé recteur du collège jésuite San Miguel, qui attirait alors beaucoup de jeunes Sud-Américains d’excellente famille. Il les a remis à l’étude des textes fondamentaux d’une main de fer, et il a exigé d’eux la plus grande humilité : il leur a demandé d’entretenir les locaux, d’aider au ménage et à la cuisine, de visiter les pauvres. Bref, de donner de leur personne. Son autoritarisme a déplu, comme son refus de souscrire aux directives de la Maison générale, au Vatican. Il y a eu aussi son influence de plus en plus large sur les jeunes jésuites. Il a donc été rétrogradé – ce qui est d’usage chez les jésuites – et envoyé en province, à la maison de Cordoba, comme simple confesseur.

Néanmoins le jésuite en disgrâce va se trouver promu archevêque de Buenos Aires et cardinal. Quel est le ressort de cette promotion ?

Son charisme. Ses prêches. Et l’admiration que lui portait le cardinal Antonio Quarracino, l’archevêque de Buenos Aires, qui avait apprécié son travail de recteur, puis entendu parler des retraites spirituelles que Bergoglio organisait à Cordoba. Il est allé voir sur place. Dès lors, convaincu de l’importance du personnage pour l’Église, Quarracino a demandé à Jean-Paul II de nommer ce jésuite, évêque auxiliaire de Buenos Aires. Car seul le pape pouvait défaire Bergoglio de son 5e vœu à l’égard de la Compagnie – n’occuper aucune fonction importante dans la Hiérarchie. C’était en 1992. En février 2001, Mgr Bergoglio était créé cardinal par le même Jean-Paul II.

En quoi le pape François est-il demeuré un Latino-Américain ? En quoi son gouvernement de l’Église en est-il marqué ? Comprend-il vraiment la situation actuelle de l’Europe ?

Par toute son éducation, son expérience et sa conception même de l’Église ce Pape est Argentin. Il n’y a pas de séparation entre l’Église et l’État en Argentine. Il prêche donc pour que les catholiques entrent en politique. Les crises récurrentes et la prolifération des bidonvilles qui sévissent sur ce continent ont marqué sa pastorale : pour les pauvres, contre l’ultralibéralisme. Et de toutes les oppositions très vives qu’il a affrontées, celle de la Compagnie au Vatican, mais encore celles des Présidents argentins, Menem et surtout les Kirchner, il a gardé la manière de gouverner qu’il avait choisie comme archevêque de Buenos Aires : en marge du palais épiscopal, seul avec sa petite équipe. Pape, il s’est installé à Sainte-Marthe, et s’est entouré de son groupe de conseillers personnels. On le dit étanche aux autres et aux critiques, ce qui l’a isolé, comme il était isolé dans ses dernières années d’archevêque à Buenos Aires.
L’Europe ? Il ne la connaît pas ou mal. Sinon au travers d’une culture de l’échec, celui des deux guerres mondiales et des crises qui ont précipité les émigrés en Argentine. Il a dit comment il voyait l’Europe lors de son discours devant le Parlement européen, à Strasbourg. Une vieille dame égoïste. Et avare. Cardinal, il fuyait le Vatican dès qu’il le pouvait pour rentrer à Buenos Aires. Je crois qu’il ne réalise pas que l’Europe n’est pas un melting pot à la façon américaine. Que nos «  migrants  » ne sont pas ceux qui ont afflué sur l’Argentine dès les années 90 – majoritairement catholiques. Les musulmans ne représentent que 1 % de la population argentine, et sont parfaitement acculturés. Je pense que François mesure mal la poudrière européenne – entre guerre civile et islamisme radical. Ni la déchristianisation des sociétés européennes et partant, l’urgence d’une pastorale.

Le successeur de Benoît XVI s’est affirmé avec un style particulier, une franchise de propos, une communication très ouverte. Quels sont, à votre avis, les avantages et les risques de ce style de comportement ?

Les avantages : il a renoué un dialogue direct avec les médias qui s’était distendu sous Benoît XVI. La parole du Pape est alors redevenue celle qui pèse le plus dans le monde. Le risque ? Se livrer en pâture à des médias qui possèdent le final cut, et peuvent tronquer à loisir ses phrases. Permettre au premier venu de s’instaurer juge d’une institution garante de la parole du Christ, et ce au regard d’intérêts tout à fait exogènes à cette parole – sociaux, sociétaux, économiques et politiques. Le risque, c’est la désacralisation de la parole et de la fonction pontificale, et la confusion des genres.

En définitive, comment caractériser la personnalité de ce Pape, à bien des égards surprenante. Était-ce l’homme qu’il fallait à l’Église catholique pour affronter le monde d’aujourd’hui ?

Profondément humain. Aimant. Compassionnel et miséricordieux. Sans conteste un homme de Dieu parmi les hommes. Quelque chose de don Camillo. Mais don Camillo n’avait que Pepone comme adversaire et en connaissait tous les tours. Le Pepone que François doit affronter, sur une paroisse élargie au monde entier, a mille visages, mille arrière-pensées, mille langages. L’affronter exige une force, une foi et un discernement autrement plus affûtés, dans un monde de plus en plus complexe, tenu par des intérêts contraires et hostiles à l’Église et au christianisme, qu’ils ont en horreur. Intérêts des puissances financières, transhumanistes, et toutes les autres forces nihilistes… L’Église n’a peut-être jamais eu autant d’ennemis, dedans et dehors. Il faut toute l’aide de l’Esprit Saint pour les affronter, – mais c’est l’Esprit Saint qui a élu François – et tout le soutien des fidèles. Alors, le pape François est-il celui dont l’Église a besoin ? Seul le temps nous le dira. L’Église parie sur l’éternité. Son temps n’est pas le nôtre. Elle restera éternelle tant que le Pape saura réaffirmer les Béatitudes, et les conjuguer avec ces paroles du Christ : «  Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne va au Père s’il ne passe par moi.  »

— 

Christiane Rancé, François, un Pape parmi les hommes, édition revue et augmentée, Albin Michel, 352 p., 9,20 €.

Messages

  • Eh bien ! Une canonisation "in vivo" ! Pour tempérer cet excès d’encens il faut lire le remarquablement bien documenté "Le pape dictateur" de Henry SIRE.
    "Profondément humain. Aimant. Compassionnel et miséricordieux"... Je me demande ce qu’en pensent ces pauvres franciscains et franciscaines de l’Immaculée Conception ? Ou encore les pauvres "petites soeurs de Marie-Rédempteur" à Saint-Aignan sur Roë, près de Laval, détruites par l’évêque dans la droite ligne des méthodes Bergogliennes. Miséricorde ?...

  • De bonnes réflexions mais une perception erronée du pontificat de Benoît XVI

  • Je partage totalement le livre de Christiane Rancé sur le Pape François .Merci pour ce commentaire authentique de la personnalité du Pape François qui est vraiment un Apôtre de Jésus , selon le Coeur de Dieu.Je prie pour le Pape François tous les jours comme il l’a demandé humblement au Peuple de Dieu
    Bien fraternellement en Jésus Christ avec Marie.
    Thérèse Turlan Delannoy

  • Je ne peux pas oublier la brutalité de François , par exemple quand il assimile les racines chrétiennes de l’Europe à du colonialisme , il y a là un double déni de justice. Les racines chrétiennes ont survécu aux déchirements de l’Europe les ayant reniées , je pense à l’agnostique Stephan Zweig qui en est mort parce qu’il les avaient vu s’effondrer. ( ou elles tentent de survivre avec l’aide d’humbles pratiquants qui ne mettent pas leur foi dans leur poche. Quant au colonialisme il a eu aussi ses pages non sombres, je pense à Lyautey et à d’autres qui se sont aussi dévoués aux populations. Il ne peut pas en France du moins en rien êtres assimilé à ce qui s’est passé en Amérique du Nord et aussi du sud où les indiens ont été souvent refoulés Je pense aussi à sa saillie sur la violence des catholiques, à propos de celles reprochées à l’Islam, totalement hors sujet. Inculture, jugements péremptoires , autoritarisme, les défauts humains transparaissent un peu trop pour un pape. Maintenant si le pape veut remettre les catholiques au travail, sur le terrain dans un vrai dialogue un peu plus exigeant avec l’Islam, comme son prédécesseur l’avait initié , avec le monde o^ù nous vivons, qui tourne à vide, et non se satisfaire de slogans, qui peut l’en blâmer ? Mais il y a une autre manière que cette lutte argentine , qui veut mettre à terre son partenaire..Enfin son constant appel à la Miséricorde, qui est certes nécessaire, qui peut le nier , mais qui fait systématiquement l’impasse sur le repentir. La miséricorde se passe à deux avec l’humble reconnaissance de ses fautes, même si elle nous toujours offerte, elle ne distribue pas , elle est une ascèse qui nous réconcilie avec Dieu et nous-mêmes. Enfin sa désinvolture avec la liturgie ne nous aide pas intérioriser la prière, qui est aussi respiration de notre âme, comme l’avait montré ses prédécesseurs. l’Esprit Saint se sert-il de ce pape pour nous remettre en cause ? La question reste ouverte.

  • Avant tout, merci à Gérard Leclerc de nous proposer cet entretien qui remet en mémoire un documentaire diffusé, en début d’année sauf erreur, sur le Jour du Seigneur. Aussi quel plaisir de retrouver Christiane Rancé avec la même mesure dans le propos, la clarté et la sobriété du langage, et aussi à n’en pas douter, une sincérité qui n’a d’égale que l’honnêteté intellectuelle,

    Cela dit, c’est bien de François qu’il s’agit, autrement dit de Jorge Bergoglio, êvêque de Rome, que ses frères sont "allés chercher au bout du monde" selon ses propres mots. On peut se demander s’il fallait-il vraiment aller aussi loin pour trouver un successeur à Pierre, comme il est aussi du devoir des enfants de l’Eglise catholique de respecter tout pape sans tomber pour autant dans la "papolâtrie".

    Pour ne prendre qu’un exemple sur le, disons, profil du personnage, et à propos de l’Islam uniquement, la question reste posée de savoir si, dans ce contexte, François aura bénéficié des avis de conseiller(s) hautement qualifié(s) sur le sujet. On est tenté de répondre non, définitivement non, vu la manière dont se sont passées les rencontres avec le professeur El Tayeb d’Al-Azhar, Le Caire, Egypte. En effet, et sans mettre en doute la bonne foi de quiconque, il faudrait admettre que l’on ne peut se comporter de la même manière ni utiliser le même langage avec tout le monde, car il faut réfléchir à la façon dont l’autre pourrait percevoir ou traduire telle démarche et tel propos, surtout s’il s’agit d’un vis-à-vis d’une culture et, disons, d’une tournure d’esprit totalement différentes. Si les conseils ne sont pas appropriés, ou si le cas échéant il sont bons mais pas pris en compte par le pape, les risques sont grands pour lui, non seulement d’être incompris, mais aussi et surtout de voir son attitude et son langage mal interprétés, et pour le dire vulgairement : étrangement bizarres... Evaluer la capacité de l’autre à intercepter un message est une condition essentielle ou même sine qua non avant toute entreprise, à plus fort raison quand elle engage l’Eglise.

    Sans aller plus loin, et pour résumer : là où les mots de Christiane Rancé sonnent juste c’est quand, avec une profonde expérience du peuple Argentin et le respect dû au successeur de Pierre, elle répond avec franchise sur, par exemple, la seule question, à savoir la renonciation si, par hasard, l’enquête en cours devait se terminer sur une éventuelle reconnaissance de la faillite du Saint Père à gérer une situation donnée.

    En se souvenant du fait que le Seigneur Seul peut transformer un faux pas et aplanir une route sinueuse. C’est Christiane Rancé qui rappelle l’action de l’Esprit-Saint...

  • En respectant le sentiment de tout un chacun sur l’entretien avec Christiane Rancé, quelques passages cueillis au hasard. Sur Benoit XVI et François :

    R à Q I : "Comme l’avait demandé Benoit XVI toute la vérité doit être faite sur les crimes sexuels commis par de ministres du culte, représentants du Christ sur terre".
    R à Q VII : "avantage : il a renoué le dialogue direct avec les media qui s’était distendu sous Benoit XVI".

    Il en ressort a) une totale adhésion à la demande de Benoit XVI que toute la vérité soit faite sur les crimes sexuels commis par des prêtres et b) il s’agit probablement ici de la réaction sur un passage du fameux "discours de Ratisbonne" incompris ou mal interprété et en tous cas monté en épingle on ne sait trop pourquoi, mais réaction politique plutôt qu’historiquement valable.

    Ces deux exemples suffisent à démontrer la compréhension exacte du pontificat de Benoit XVI par Christiane Rancé.

    A propos, maintenant, de "Il papa dittatore" par Henri Sire, alias Marcantonio Colonna, chacun est libre de prendre ce titre et le contenu du livre pour "paroles d’évangile" ou non. Aucune demande de "sancto subito" du vivant de François ni aucune odeur d’encens vers le Saint-Père n’est détectée dans le dialogue de Chr. Rancé-G. Leclerc.

    Amicalement.

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