Quelle suite au 11 janvier ?

par Gérard Leclerc

lundi 12 janvier 2015

Bien sûr, ce fut considérable, gigantesque, énorme ! Les foules de Paris et de toutes les villes de France ont mis en évidence une communauté de refus et d’union tout à la fois, dans un climat d’émotion que l’on n’avait pas connu depuis longtemps. Les événements tragiques que l’on sait, répercutés avec les moyens d’information actuels, ont tenu l’opinion en haleine, dans une tension indicible. Comment définir cet état d’esprit et surtout comment anticiper ce qu’il pourra susciter dans le plus proche avenir ? J’avoue une certaine perplexité à ce propos. Autant je puis comprendre la colère profonde de mes concitoyens, leur résolution farouche de ne pas abdiquer leur être même, leur liberté inaliénable, leur volonté de se montrer unis face à l’insupportable agression meurtrière, autant je parviens mal encore à discerner si tout cela débouchera sur d’authentiques résolutions politiques, un changement véritable d’orientation stratégique face à un ennemi qui frappe maintenant directement chez nous, tout en développant son entreprise terroriste sur de vastes zones de la planète.

Il faut bien reconnaître que nous vivons en ce moment sur d’étranges paradoxes. L’identification qui s’est produite avec le journal Charlie Hebdo, à travers le slogan omniprésent « Je suis Charlie » se comprend certes par la violence du meurtre accompli. Mais elle repose sur de sérieuses équivoques. Voilà la cause même de l’ordre et du patriotisme associée à un journal dont la ligne anarchiste ne faisait grâce à aucune autorité établie. On a beaucoup glosé aussi sur le glas des tours de Notre-Dame pour saluer la mémoire de fieffés anti-cléricaux, dont l’ironie écrasait tous les symboles religieux. Il y a encore l’alliance invraisemblable des caricaturistes et de la police et de toutes les forces anti-terroristes. Quel sens donner à ces paradoxes, sinon que la liberté a un prix ? Les gens de Charlie Hebdo l’ont tragiquement montré, en solidarité avec toutes les autres victimes, notamment les quatre victimes juives de la porte de Vincennes.

Jacques Julliard évoque une mutation de l’esprit public, de l’ordre de celle qui s’était produite en Mai 68. La comparaison est intéressante mais je ne vois pas encore la direction qui sera prise après ces journées intenses. J’attends, j’espère une métanoïa, un retournement, dont il faudra d’urgence préciser les coordonnées.

Chronique diffusé sur Radio Notre-Dame le 12 janvier 2015.

Messages

  • Que de paradoxes en effet ! Et les CRS applaudis pendant une marche d’hommage à Charlie Hebdo n’est pas le moindre. L’Histoire est tout aussi fertile en humour et ironie que les cerveaux de dessinateurs anarchistes.

    Et si la marche du 11 janvier était le symptôme d’une grande soif d’arkhein justement, verbe grec qui signifie conduire, commander mais aussi commencer. Et si la page Mai 68 venait tout d’un coup de se tourner avec cette sorte d’obsèques nationales en apothéose faites à Charlie Hebdo.

    • C’est clair, cette foule est en attente d’un chef, d’une direction, d’une ligne qui lui imprimera une forme.

    • réf. : message du 12 janvier 11:29

      "Et si la page de Mai 68....obsèques nationales en apothéose faites à....". Question légitime. Le tout
      est de savoir quel en sera le prix à payer, si tant
      est que la bourse en est déjà, et largement, déliée.

    • réf. : message du 12 janvier 12:12

      Hypothèse intéressante non dénuée de sens. A retenir.
      Le tout est de savoir si, à supposer que le chef attendu,
      ou la direction ou la ligne à suivre ne seront, (une fois
      de plus), cachés, détournés et occultés à la vue et à la connaissance de "cette foule en attente"...

      Qu’il me soit permis d’ajouter à ce message que "cette foule en attente...." est aussi une foule qui a soif de justice et de vérité. Si erreur de ma part, qu’on veuille bien m’en excuser.

  • Très lucide cet article de Gérard Leclerc
    et bien vu popov le rappeur @ le 12 janvier à 12h12.
    Cette foule ’attend un chef ’. Toute l’incertitude se retrouve dans tous les pointages des intervenants ici qui sont étonnés à juste titre de cette "unité" des contraires politiques, sociaux, anarchistes et étatiques, etc, formés à l’ombre d’une terreur et d’un effroi survenus dans toute leur ampleur et leur intensité.
    Attention, les attitudes prises sous le coup de l’émotion sont spécialement sujettes à retournements et encore retournements de toutes sortes et surtout à l’instrumentalisation du plus puissant et du plus malin (j’insiste sur les significations de ce dernier mot : malin, Malin ?).

    Mais on voit déjà que les tenants du mondialisme vont, dans un premier temps (long ?) recueillir les dividendes politiques d’une pareille réaction. Je l’ai dit, dans le monde contemporain, les tenants du mondialisme sont à la fois pyromanes et pompiers, ils se font pompiers à grand bruit et publicité, seulement quand ça les arrange (l’essentiel des media leurs appartiennent), autrement ils désinforment. La venue à Paris de nombreux chefs d’États œuvrant pour la mondialisation sans changer le moins du monde le système économique et financier et sa prégnance en témoigne. Comme une sorte de "prolongement" du 11 septembre 2001 à New-York, le 7 janvier 2015 à Paris s’est produit contre le milieu qui représente l’essence de ce qu’est devenue la "pensée française" frelatée et dominante et l’ "Europe" artificielle. Il paraît clair que cet attentat monstrueux donne le signal du renforcement du système actuel qui est régi désormais par le marché transnational mondialisé au détriment des sociétés et des peuples de plus en plus obligés, à genoux, d’accepter les conditions de vie dominées par l’argent frauduleux et le marché tout puissant, donc dominées, sous un verbiage démocratique insipide, par un pur rapport de force et non par le sauvetage des Évangiles.

    Je crains que dans ces derniers événements en date, ce soit Caïphe et Barabas qui triomphent. Mais on sait ce qu’il est advenu du pouvoir auquel Caïphe appartenait. L’histoire de Jérusalem, peu d’années après la Passion de Jésus-Christ peu nous renseigner...

    • réf. : message du 12 janvier 13:47

      "...qui de Caïphe ou Barabas..."

      Vous le savez bien, Renaud, que c’est Caïphe qui a déchiré son manteau et envoyé Jésus sur la croix.

      Quant à Bar-Abbas (dit Barabas), et vous le savez
      aussi, c’était un zélote, autrement dit, de ceux qui
      agissaient contre l’occupation romaine, ces gens
      devenus criminels pour vivre libres. Oserais-je, par extension, les comparer un tant soit peu à, par juste ou maladroite extension les comparer un tant soit peu aux "fedayins" de notre époque et à tous ceux de par le monde qui luttent, armés, pour sortir de l’occupation et de l’oppression ?

      Et aussi bien Caïphe que Bar-Abbas n’auraient peut-être pas vu ou compris que la Liberté, la vraie, la seule,était déjà là... Caïphe, le grand prêtre, a condamné Jésus. Par peur de perdre son pouvoir ? Possible. Et Bar-Abbas à cédé à la violence pour accéder à la liberté. C’est comme cela que je vois les choses, peut-être à tort. N’ayant le droit de juger ni l’un ni l’autre, quelque chose que je pourrais qualifier d’un "minimum de sympathie" irait, de ma part, à Barabas, le criminel qui a été libéré à la place de Jésus.

      P.S. Une séquence que j’ai trouvée excellente dans le film "Jésus de Nazareth" de Franco Zeffirelli, est celle qui montre des "courtiers" zigzaguant dans la foule et sussurant à l’oreille des manifestants de voter pour la condamnation de Jésus, donc pour la libération de Barabas. C’est tout juste si on ne les voit pas glisser en catimini, quelques pièces de monnaie dans les mains ou les djellabah... A méditer, peut-être ?

    • Gemayel, @ 12 janvier 2015 à 16h52
      À mon sens Caïphe et Anne représentent le système politique contemporain, plus soucieux de montrer au monde qu’il pratique la justice et qu’il est du côté de l’ "ordre" et des "bons" contre les "méchants" ou les "usurpateurs", que de remplir ses devoirs politiques de justice, une justice uniquement destinée aux membres de la communauté et non exercée par à la publicité et l’électoralisme, disons ainsi. Mais en condamnant Jésus, le système où manigancent Caïphe et Anne se fourvoie à cause de leur superbe et des calculs politiques internes de ces derniers au lieu, donc, de pratiquer la justice externe, ce qui est le rôle normale de la justice au sens politique.
      Quant à Bar-Abbas, sa libération par acclamations de la foule représente sans doute l’origine de la démocratie dite "moderne" et un grand nombre des choix désastreux fait par ce type de démocratie "moderne", et non pas la démocratie grecque, athénienne, la vraie, qui se pratiqua un temps et qui est sans doute la seule à être complètement authentique. Dans cet exemple, les acclamations de la foule seraient l’origine de la puissance médiatique actuelle, cette caisse de résonance gigantesque qui surmultiplie l’émotion à l’infini ainsi que les effets d’annonce pour des choix aveugles et non inspirés, loin de la lucidité...

    • réf. : message du 12 janvier 18:58

      J’adhère, Renaud, à votre explication succincte et claire.

      Vous conviendrez que les grands prêtres avaient demandé à l’occupant de s’occuper de la condamnation de Jésus de Nazareth (ou peut-être que je me trompe). Bien compris aussi le système contemporain représenté par Caïphe et Anne. De plus, en réfléchissant un peu plus avant dans la "condamnation" de Jésus, on peut constater qu’elle n’a pas été le fruit d’un procès en bonne et due forme. Il n’est nullement dans mon intention de prétendre pouvoir discuter du judiciaire etc...ce n’est pas mon domaine. Mais pour les chrétiens, l’envoi à la mort de Jésus est d’un ordre différent, alors que pour ses ennemis de l’époque c’était une question politique, du moins je le pense. Pilate, quant à lui, si l’on se réfère aux Ecritures, se lave les mains en disant, nous apprend-on, qu’il ne voyait aucun motif d’envoyer le Nazaréen à la croix et ajoutant : "Je me lave les mains du sang de ce juste". Encore faudrait-il être bibliste, je ne le suis pas, pour bien disséquer cette phrase si c’est bien celle-là qui aurait été prononcée.
      A l’époque où j’apprenais le catéchisme Pilate était traité de lâche, et je me souviens avoir contesté ce terme expliquant qu’il renvoyait la responsabilité de ce crime sur ceux-là mêmes qui l’avaient chargé du dossier, se contentant de le faire flageller.

      Donc dans ces comparaisons que vous appréhendez de manière sobre et enrichissante, plusieurs aspects se recoupent parfaitement qui font bien ressortir ce qui est de l’ordre de l’"humain" dans ce qu’il représente comme éloigné de la justice et de la vérité. Il m’est difficile de dire les choses autrement, mais vous aurez compris mon idée.

  • Pour alimenter le débat sur la liberté d’expression, je vous donne le début d’un article publié par Amnesty International le 23 avril 2009, dix ans exactement après le terrible bombardement de la télévision serbe à Belgrade par l’Otan :

    "Dix ans ont passé et personne n’a été tenu de rendre des comptes pour l’attaque par l’OTAN du siège de la télévision et de la radio publiques serbes (RTS), qui avait tué 16 civils. Seize civils avaient également été blessés lors du raid aérien du 23 avril 1999 contre le siège et les studios de la RTS, dans le centre de Belgrade.

    Parmi les personnes tuées se trouvaient notamment des responsables du maquillage, des prises de vue, de la rédaction et d’un programme, des techniciens et trois personnes chargées de la sécurité. On estime à 200 le nombre de membres du personnel qui travaillaient dans le bâtiment au moment du bombardement.

    « Le bombardement du siège de la radio et de la télévision nationales constituait un crime de guerre du fait qu’il s’agissait d’une attaque délibérée sur un bien de caractère civil », a déclaré Sian Jones, spécialiste des Balkans au sein d’Amnesty International.

    Des responsables de l’OTAN ont confirmé à Amnesty International au début de l’année 2000 que l’OTAN avait pris pour cible la RTS en raison de sa fonction de propagande, pour saper le moral de la population et des forces armées."

    • M’enfin, Tréglodé, crimes de guerre, vous n’y pensez pas. Les “victimes”, c’est quand il y a en face les méchants, les vilains, officiellement désignés.

      L’Otan ne-peut-pas être le méchant ! C’est ontologiquement impossible... Au pire, dans ce cas on parle de bavure, de dégâts collatéraux ; mieux... on ne dit rien ! On escamote.

      Donc, au regard de l’Histoire écrite par Washington, les Serbes morts sous les bombardements seraient mal fondés à se prétendre victimes. Quand on est désigné par l’Otan comme étant le camp du mal, on se contente de mourir. Et sans se plaindre, dans un silence digne, sans déranger les bonnes consciences du “camp du bien”...

  • http://www.premiumtimesng.com/news/headlines/174658-boko-haram-massacre-baga-survivors-narrate-ordeal.html

    Pour alimenter à nouveau le débat sur la liberté d’expression et le terrorisme, je donne un lien vers un article de presse publié (en anglais) au Nigeria, à propos de la terrible attaque de Baga (dans le nord du pays) par le groupe islamiste Boko Haram. Les tueries ont commencé le 3 janvier 2015 ; elles ont duré plusieurs jours. Il y a eu plusieurs centaines de morts, parmi lesquels beaucoup de femmes et d’enfants.

    Le Western Mainstream Media n’en a guère parlé. Les massacres en Afrique finissent-ils par lasser les journalistes... ?

  • Si l’on essaie de se démarquer de l’excès d’affectivité qui a inévitablement marqué ce jour historique, voici, me semble-t-il, ce qu’il faudrait en retenir :

    1.En dépit de la pesante chape libertaire, les idéaux de la République auxquels il faut sans cesse revenir : liberté, égalité mais aussi fraternité, sont bien enracinés dans notre pays. Et malgré l’individualisme très fort des Français, notre communauté politique est bien vivante, même si elle reste marquée de forts clivages idéologiques comme l’a illustré l’"excommunication" du FN que je crois une erreur en ce 11 janvier. Les principes de la République sont aussi pour les électeurs et les responsables du FN. Nul n’en détient le brevet, surtout pas la gauche française qui a trop trahi ceux-ci en rendant les armes au relativisme éthique : on n’est pas couché ? Si, ils se sont couchés...

    2. Néanmoins, la violence des attentats de la semaine dernière a enfin contraint les Français, et devrait contraindre l’élite politique très largement percluse de libertarisme, à ouvrir les yeux : l’idée que nous vivons dans un espace national et européen dépolitisé auquel nous agrégerions pacifiquement et progressivement les peuples qui nous entourent et même les personnes qui vivent sur notre territoire sous l’attraction prétendument irrésistible d’un "modèle" ne souffrant aucune contestation, aucune hostilité ni aucune concurrence, cette idée d’avenir radieux, de "nationalisation du bonheur libertaire", a vécu. Nous avons des adversaires et même des ennemis qui ont des relais à l’intérieur du pays et qui vomissent nos principes républicains. Notre "modèle" est combattu, par la violence islamiste, mais il est aussi contesté, notamment en Russie. Et s’il est contesté et combattu, c’est peut-être qu’il a ses vices. On ne peut pas prétendre faire respecter une République qui marie un homme à un homme, une femme à une femme, et qui avorte 220 000 enfants à naitre par an sans que personne ne se soucie de cette violence infligée au corps politique depuis 40 ans. Cette république là, je comprends qu’on puisse la mépriser, même si cela ne saurait en aucun cas autoriser qu’on la combatte par les armes. Il est plus que temps de sortir de la fausse naïveté et de l’inconscience des vieux enfants irresponsables de l’ère libertaire que furent les victimes de Charlie Hebdo. Comme le rappelle E. Zemmour, l’histoire qui se rappelle à nous peut être tragique. Les dessinateurs de Charlie ont payé de leur vie l’inconscience d’une tragédie dont ils étaient les protagonistes persiffleurs et goguenards.

    3. La France est insuffisamment préparée à affronter l’ennemi extérieur (Daech) et maintenant intérieur, car c’en est un, sur un plan sécuritaire. Après Mérah, les tueurs de Charlie Hebdo et de l’Hyper Kasher de la Porte de Vincennes ont mis en lumière l’insuffisante coordination de nos services de renseignement et de sécurité que le courage extraordinaire des agents d’intervention n’a pu compenser. Ceci va aussi nécessiter une mobilisation européenne redoublant d’intensité. Mais le sécuritaire ne peut pas être le nec plus ultra de la réponse aux terroristes.

    4. L’attentat contre Charlie Hebdo est un revers majeur pour la gauche libertaire qui s’obstine à ne pas voir que, tout à son idéologie du multiculturalisme et de l’antiracisme, elle a laissé prospérer comme une vipère un dangereux islamisme identitaire qui trouve en France des lieux de formation (imams salafistes) et d’entrainement (recruteurs du djihad). Il va lui falloir scruter cette réalité en face, tout en évitant les amalgames dangereux fragilisant une communauté musulmane déjà mal intégrée dans ce pays. Ce sont les certitudes de la gauche libertaire qui ont été mitraillées le 7 janvier.

    5. La communauté nationale va devoir réexaminer à nouveaux frais notre rapport à l’islam et aux musulmans, en distinguant bien les deux registres. Si l’islam est en effet une religion largement exogène à notre culture et aux fondements de notre société politique enracinés dans le christianisme, les musulmans français sont des citoyens comme les autres qui ont droit, autant que les autres, au respect de leur liberté de religion, de conscience et d’opinion. C’est en tenant compte de ces deux "pôles" qu’il va falloir repenser leur intégration dans notre société. Cela nécessite du respect, du dialogue, de la coopération, mais aussi une approche critique et exigeante. Le contraire de la démagogie multiculturaliste de la gauche libertaire au pouvoir. L’enjeu est de ne pas laisser le FN instrumentaliser la question de l’islam et de l’immigration à ses propres fins qui ne sont pas saines.

    6. Il n’y a pas que les musulmans qui sont appelés à faire des efforts. Les catholiques ne peuvent plus se cantonner dans une sorte de bêtasserie naïve sur l’islam en s’estimant dédouanés de toute exigence critique sous prétexte que la charité y est. La charité est indispensable mais ne suffit plus à aborder le fait islamique et surtout islamiste.

    Il est fort possible que le 7 janvier, venant après les grandes manifs pour tous, marque le point de retournement du cycle libertaire commencé après mai 68. L’idéologie libertaire dont la "Mecque", Charlie Hebdo, a été mitraillée la semaine dernière ne fournit pas les outils qui permettent de penser l’intégration des musulmans en France. Il faut une autre approche du fait religieux que celle, primitive et totalement contre-productive, des "Charlies"’. Il faut cesser de confondre laïcisme et laïcité, sous peine de de laisser notre pays être peu à peu intoxiqué et asphyxié par une religion civile en réalité plus dangereuse que l’islam. Oui, plus dangereuse encore. Seul le christianisme peut nous fournir les clés nécessaires pour y résister pacifiquement par l’argument : car rien de bon ne pourra se faire sans le plein respect de la liberté des citoyens de ce pays : on ne combattra pas le salafisme islamique en sortant du placard le salafisme chrétien...Mais ne nous y trompons pas : il y aura un combat spirituel et politique contre des forces hostiles qui tiennent sous leur emprise le pouvoir médiatique et, de plus en plus, l’établissement politique. Celui-ci ne fait que commencer.

    Tout ce qui précède aboutit à une conclusion évidente : il est demandé aux catholiques un surplus de foi car c’est d’une conversion nationale et personnelle dont nous avons besoin comme le souligne Gérard Leclerc. Mais il nous faut aussi un surcroit d’intelligence pour redonner à nos principes républicains le coeur et l’âme dont l’idéologie libertaire a fini par les dépouiller en ne nous laissant plus qu’une dérisoire "religion de l’humanité" dotée de grands prêtres médiatiques. Plusieurs d’entre eux viennent de tomber sous les balles. Cher payé pour une fausse religion.

  • Autre sujet de réflexion après la grande manifestation d’hier.

    Étaient présents plusieurs dizaines de chefs d’État ou de gouvernement. Beaucooup venaient de l’Union européenne. À ma connaissance, il n’y en avait que trois de pays arabo-musulmans : la Tunisie, la Palestine et la Jordanie...

    Alors que la plupart de ces pays sont considérés comme des alliés de l’Occident : Arabie saoudite, pays du Golfe persique, Irak, Égypte, Liban, Libye, Algérie, Maroc, etc.

    Cherchez l’erreur...

    • réf. : message du 12 janvier 22:30

      Que trois pays arabo-musulmans étaient représentés à la marche du 11 janvier, et ils sont désignés, alors que "la plupart" des autres"...considérés comme des alliés de l’Occident..", sont également cités. Je crois que le décompte est à peu près exact, et de Tréglodé ajoute : "Chercher l’erreur...". Oui, car comme on dit ; c’est dans l’adversité que l’on reconnait ses amis. Pourrait-on ajouter aussi, par exemple : "Chercher les raisons..." ? Vu le profil spécifique à chacun de ces pays "arabo-musulmans" dits "amis de l’Occident".

      A moins que je ne me trompe, le Maroc s’est fait représenter en expliquant pourquoi ce n’était pas au plus haut niveau. Pour ce qui en est des autres, "l’erreur" et/ou "les raisons" sont différentes. Une petite précision toute de même, et me rectifier si je me trompe, parmi ces derniers, le pays dont aucune religion n’est mentionnée dans la Constitution comme étant "religion de l’Etat" est, je crois, le Liban. Le Liban est certes, de par sa position géographique, un pays arabe, mais il ne peut être considéré comme "arabo-musulman" vu le nombre de religions, de confessions, de communautés qui le composent. C’est donc un cas spécifique et unique dans la région avec en plus le fait que cela fait je ne sais combien de mois qu’il est à la recherche d’un président depuis la fin du mandat du dernier, Michel Sleiman. Pour cette question qu’il se débrouille, mais quant à se faire représenter à la marche du 11 janvier dernier, je ne puis répondre, mais la question se pose et il conviendrait de savoir s’il y a eu ou pas des contacts diplomatiques avec la France sur ce sujet. J’ai appris cependant, par internet, que dans la capitale libanaise des groupes se sont retrouvés rassemblés ce jour-là en signe d’unité avec notre pays et avec le même slogan, d’autre part, des représentants de mouvements du Liban en France se sont joints à cette manifestation. Pour l’Irak, vu que son Président a été élu avec le soutien - c’est le moins qu’on puisse dire il me semble - des USA il convient de poser la question à cette grande puissance dont le Chef de l’Etat lui-même, comme on le sait, était absent. Pour l’Egypte, la Libye, l’Algérie etc... je n’en sais rien. Mais, et à titre personnel, je peux supposer que vu le contenu de certains numéros du journal Charlie hebdo où le prophète Mohamed est parfois crûment décrit, pour appeler les choses un minimum par leur nom, et en considérant que la mentalité de ces populations ne peut en aucun cas être comparée à celle des pays d’Occident, on pourrait s’en faire une petite idée. Je n’excuse personne, mais je "cherche" justement à comprendre. Et, pour ce qui est de l’Arabie Saoudite et les pays du Golfe Persique, alors là, franchement, de Tréglodé, il me semble que vous seriez peut-être mieux placé que moi pour "trouver l’erreur", et qui sait si les filières diplomatique n’ont pas été utilisées dans ce contexte à ce sujet.

      Je ne suis pas en mesure d’aller plus loin, en ayant essayé toutefois de répondre partiellement, à tort ou à raison au message ci-dessus.

      Merci.

  • L’éruption politico-socio-laïco-religieuse, etc, déclenchée par les attentats très meurtriers du 7 janvier 2015 qui vient de secouer violemment la France, apparaît comme une catharsis magistrale. Puisse-t-elle nous élever tous et que les forces maléfiques de tout bord, je dis bien de tous les bords, s’annihilent mutuellement et retournent au néant d’où elles n’auraient jamais dû sortir.

    Sans aller jusqu’à l’interdisciplinarité, d’après des disciplines sérieuses et de nombreux espaces d’études, le ’lieu religieux’ en nous est le même qui repousse le religieux, cette dualité forme un antagonisme interne potentiel, mais aussi la stratification et l’émergence du mysticisme quand celui-ci peut s’exprimer. Des disciplines comme l’anthropologie, les sciences psy, la neurologie et ses branches, les diverses approches du psychisme où on peut parler de -corps psychique- humain, ou structure psychique humaine par comparaison à la structure physique du corps humain, mais aussi des branches de recherches importantes comme la cosmologie, l’épistémologie, les structures cognitives et d’autres recoupements dans l’entendement humain, inclinent à penser que dans notre psychisme, se trouve le ’lieu religieux’.

    En raccourci, ce lieu psychique du religieux en l’homme ferait partie, disons ainsi pour illustration, d’un ’appartement psychique’ dont l’une des ’pièces principales’ ayant quelques alcôves attenantes ferait donc partie de notre corps psychique ayant lui aussi des ’organes psychiques’, comme le corps physique a des organes physiques. Donc, pour illustration, il s’agit une ’pièce de notre ’appartement psychique’ qu’on meuble selon nos désirs. Mais nos désirs portent souvent la marque de nos affects, de nos conditionnements biologiques et socio-culturels. Ainsi, dans cette dimension religieuse en l’homme se trouve, en cohabitation, un vaste inventaire d’éléments dialectiques et complémentaires ou conflictuels, rarement en équilibre indifférent.
    On y trouve ici, très développés, très peu développés ou moyennement développés des domaines comme : les religions, Dieu, l’athéisme, le laïcisme, la libre pensée, les philosophies, le mysticisme, différents dons, etc. Tout cela fait un mélange "détonnant" ? en tout cas étonnant, extrêmement varié qui peut varier de l’harmonieux à l’explosif... Mais n’oublions pas que nous vivons dans la dualité, et que notre psychisme, disons ainsi pour simplifier, comporte : du Dieu et du non-Dieu, ou encore je crois en Dieu ou je ne crois pas en Dieu, tout ceci au ’coude-à-coude’ dans notre psychisme. Ainsi à ce stade, les hommes ne sont pas prêts de s’entendre et la paix n’est jamais durable... Il faut s’y faire.

    Mais cet antagonisme en nous constitue une force insoupçonnée, une créativité potentielle extraordinaire, ça peut devenir une force spirituelle inattendue si nous savons la mettre en œuvre au lieu de chercher, comme toujours, la dominance. Les saints ont résolu ce problème. Ce n’est pas simple, je l’avoue, mais l’expérience doit rentrer vaille que vaille pour le bonheur et la Justice pour tous.

  • La suite du 11 janvier. Si l’on en croit les signes et si nous sachons les voir.
    Et bien le dimanche 11 janvier 2015, alors que la manifestation d’hommages rendus à toutes les victimes des attentats du 7 janvier à Paris battait son plein, au moment de la plus intense émotion, le Saint Esprit, dont on connait le tact exquis et parfait ainsi que la grande finesse dans Sa façon de procéder, envoya un signe. Ce fut une colombe qui envoya ce signe du haut du Ciel à François Hollande (en furent témoins toutes les personnes qui l’entouraient). Ce signe était composé d’une matière très concrète et bien connue qualifiant avec précision celui sur le veston duquel cette matière se déposa. Images de la scène :

    http://tempsreel.nouvelobs.com/charlie-hebdo/20150112.OBS9758/comment-hollande-a-declenche-le-fou-rire-de-charlie.html

    Il est écrit - Pour qui sait voir tout est signe -

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