Pédophilie dans l’Église

Quelle enquête parlementaire ?

par Gérard Leclerc

mardi 2 octobre 2018

Nos confrères de Témoignage chrétien, appuyés par quelques personnalités, exigent la création d’une commission d’enquête parlementaire sur la pédophilie dans l’Église. Christine Pedotti, directrice de la rédaction, explique que l’expertise d’un organisme d’État, neutre, aiderait à y voir clair. Elle met en cause cependant «  le silence assourdissant de la hiérarchie catholique devant des souffrances qu’elle a, pour l’essentiel, sciemment ignorées ou même cachées pendant trop longtemps.  » Interrogé à ce propos par Le Parisien, l’archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit ne s’est pas opposé à cette initiative : «  Pourquoi pas ? C’est vraiment une question de justice. Si la société juge que c’est important pour d’avantage de clarté, si la situation montre qu’on a besoin d’une intervention extérieure à l’Église pour aller au bout des choses, je ne vois pas d’entorse à la laïcité.  »

Cependant des objections d’ordre juridique limitent le champ d’une telle initiative. Une commission parlementaire n’a d’autorité qu’en ce qui concerne les affaires de l’État. C’est pourquoi Alain Christnacht, haut fonctionnaire qui préside une commission d’expertise contre la pédophilie créée par l’Église de France, déclare à La Croix : «  Une commission sur la pédophilie dans l’Église ou la manière dont celle-ci traite le sujet semble inenvisageable. On pourrait en revanche imaginer une commission sur la pédophilie en général, qui conduirait à regarder ce qui se passe dans l’Église, mais aussi dans l’Éducation nationale, dans le sport… Des responsables d’Église pourraient alors être entendus.  »

Il n’y a pas de raison que le personnel de l’Église, s’il est coupable, échappe à la justice civile. Benoît XVI l’avait signifié très clairement en son temps. De même, s’agissant d’un fléau qui concerne la société tout entière, il convient que l’État s’en préoccupe au plus vite en enquêtant sur tous ses aspects. S’intéresser à la seule Église catholique risquerait de la désigner comme bouc-émissaire, concentrant sur elle toute la responsabilité d’une pathologie qui concerne bien d’autres institutions et d’abord la cellule familiale. Certes, le mal concernant le clergé est d’une singulière gravité, mais seule l’Église est en mesure de le comprendre en référence à sa doctrine, à sa mystique, mais aussi à sa propre expertise spirituelle qui concerne les tréfonds de l’âme. Ce qu’un Michel Foucault avait remarquablement défini en étudiant les textes de la Tradition chrétienne.

Il n’en reste pas moins que, pour reprendre les paroles de Mgr Aupetit : «  Il y a un abcès, le pus doit être vidé.  » Les chrétiens sont blessés par le drame. Mais il est visible que la colère commence à monter suite à l’exaspération qui résulte des scandales internationaux. Longtemps, c’est un silence douloureux qui a prévalu. Il laisse de plus en plus la place à l’impatience. Certes, cette impatience peut conduire à l’injustice. Une étude approfondie reste à entreprendre sur l’attitude de la hiérarchie, désorientée par un phénomène qu’elle ne comprenait pas et qu’elle dissimulait, non par calcul ou complicité, mais par impuissance. Ce qui est vrai des évêques l’est d’ailleurs aussi pour les autres autorités. Nous avons dépassé cette période. Il faut en tirer toutes les conséquences, du point de vue ecclésial et du point de vue du bien commun.

Messages

  • Il y a toujours eu des judas dans l’ Eglise . Mais pourquoi ne f&ait-on mas la même enquête dans le monde des francs-maçons , illuminati et autres satellites... Il y beaucoup à dénoncer dans ces cercles de destruction massive. Personne n’en parle , personne n’a le courage de les dénoncer ! Toutes les disparitions ne sont pas fortuites...

  • Oui, il est grand temps que la hiérarchie Catholique se prononce clairement sur les Si graves agissements du Clergé mis en cause, et de toutes les Personnes qui avaient le pouvoir décisionnel, pour NEUTRALISER toute récidive...
    Le temps passe sans que Le Vatican ne se prononce.
    Le doute s’installe en ceux qui avaient et voudraient encore avoir confiance en Leur "Eglise-Mère" de tous Ses enfants dans la peine, mais silencieusement, prient. Claude

  • Une enquête parlementaire sur ce problème de l’Eglise, pourquoi pas ? Mais à condition que la même enquête soit menée pour l’Education Nationale ainsi que pour la Jeunesse et les Sports. Les problèmes de pédophilie et autres abus sexuels ne sont-ils pas (hélas !) trop fréquents aussi dans ces milieux.?

  • rOn ne parle que des prêtres auteurs de crimes de pedophilie. Il paraît qu’ils sont 2%. De toute façon un seul serait de trop. Mais personne ne parle des 98% autres.. Il ne serait que juste de les condamner aussi. Ayant des enseignants dans ma famille, je sais que l’Education Nationale fait le silence sur les coupables de ces actes et se contente de les changer d’établissement... Il faudrait que des journalistes honnêtes éclaire le public.
    Seul l’Homme Nouveau à publié dans le journal du 15 /09 le témoignage d’un confesseur.

  • "On pourrait en revanche imaginer une commission sur la pédophilie en général, qui conduirait à regarder ce qui se passe dans l’Église, mais aussi dans l’Éducation nationale, dans le sport… "

    Je suis entièrement d’accord sur cette demande, l’acharnement de la presse en France contre l’Eglise catholique a des relents d’anticléricalisme.

    La pédophilie touche tous les milieux.

  • Les abus sexuels sont majoritairement commis par les membres de l’entourage familial. Malheureusement la justice ne prend pas toujours des décisions fortes contre les auteurs de ces agissements et les enfants ne sont pas assez protégés de certains membres de leur famille.
    Combien d’auteurs d’abus sont simplement déplacés, envoyés dans d’autre lieu sans être inquiétés ?
    S’il est gravissime que des prêtres aient de tels comportements il faut aussi parler des autres institutions civiles qui sont concernées. L’Eglise Catholique reste le bouc émissaire tout désigné de nombreux médias, idéologues et politiques.

  • Le fait qu’un juge américain attende la fête du 15 aout pour faire un bilan d’abus sexuels commis par des membres du clergé sur une période de 70 ans avec un chiffre de 3000 cas ,laisse à penser que son initiative relève d’une attitude partiale et idéologique. La justice américaine est une industrie avec des cabinets d’avocats toujours en recherche de grain à moudre. Certains d’entre eux vont harceler d’anciens élèves d’instituts religieux pour leur faire rechercher si dans leur jeunesse ils n’auraient pas été l’objet de gestes d’affection de la part de certains prêtres., ce qui est le cas de la majorité des prêtres qui s’occupent des jeunes, comme le font les parents ou les amis de la famille qui, par exemple, consolent un enfant qui pleure ou le félicitent après un succès méritant. A partir de là ces avocats conseillent aux intéressés de faire un signalement d’agression sexuelle même après plusieurs décennies, en faisant miroiter la possibilité d’un dédommagement financier dans lequel ils auraient leur part. On peut ainsi arriver à des chiffres énormes. C’est un peu la même chose pour les agressions vis-vis des femmes. .Dans certaines entreprises des dirigeants refusent de monter seuls dans un ascenseur avec une femme et exigent que la porte de leur bureau reste ouverte quand ils en reçoivent une. N’oublions pas l’affaire d’Outreau en France , ni le film "les risques du métier" qui concernait un instituteur et ne généralisons pas ce qui doit être jugé au cas par cas.

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