Quel après Calais ?

par Gérard Leclerc

mardi 25 octobre 2016

Le démantèlement de la trop fameuse jungle de Calais a commencé hier dans de bonnes conditions. Les Calaisiens sont, d’évidence, les premiers à se féliciter de la fin du lourd handicap que constituait pour eux la présence de ces milliers de réfugiés en situation précaire, avec les violences qui résultaient de la volonté de franchir les obstacles vers l’Angleterre. Mais ils ne sont pas complètement rassurés, car ils savent que les causes qui ont été à l’origine de la jungle subsistent, quasiment intactes. Les pouvoirs publics, qui ont mis en œuvre cette pratique de la dispersion des réfugiés sur le territoire national, envisagent-ils de la poursuivre à l’avenir ? Mais en ce cas, il ne saurait s’agir d’une solution transitoire, car si selon toute vraisemblance, d’autres candidats migrants se présentent, il faudra bien pérenniser la dispersion, si l’on veut dégager définitivement Calais. En ce cas, les lieux d’accueil, pour peu que leurs pensionnaires les quittent dans les six mois, pourraient être à nouveau réquisitionnés.

Soyons honnêtes : quel que soit le gouvernement demain, la crise migratoire n’aura pas pris fin dans un monde déstabilisé. De ce point de vue, comment ne pas être d’accord avec Mgr Jaeger, évêque d’Arras, et donc aussi de Calais, quand il déclare à Radio Vatican qu’il faut envisager la question dans son ensemble, pour attaquer le mal à ses racines ? Oui, les problèmes du développement, de la guerre et de la paix, des relations internationales, des relations entre religions sont déterminants dans les mouvements migratoires. Il faut avoir le courage de reconnaître que ces problèmes sont écrasants. Envisager des départs massifs vers l’Europe est-il vraiment la solution adéquate ? Évidemment non. Il faut s’engager dans une perspective ambitieuse de développement de l’Afrique, trouver de façon urgente les clés de la paix au Proche-Orient. En même temps il y a un devoir de solidarité élémentaire pour ces gens en détresse qui sont arrivés chez nous. Pour ceux-là non plus, nous ne pouvons rester dans le provisoire. Il faut concevoir aussi une ambition intégratrice, en inventant les moyens à long terme qui éviteront les ratés du passé et du présent. Est-ce chimérique ?

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 25 octobre 2016.

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