Élection présidentielle 2022

Que devient l’électorat catholique ?

par Véronique Jacquier

mercredi 17 novembre 2021

Depuis le 15 novembre, François Fillon est jugé en appel aux côtés de son épouse Pénélope pour des soupçons d’emplois fictifs qui lui valurent sa mise en examen durant la campagne présidentielle de 2017. L’ancien Premier ministre y avait mis son catholicisme en étendard. Que sont devenus ses électeurs ?

« Je suis gaulliste et de surcroît chrétien.  » Coup de tonnerre sur le plateau de TF1 le 3 janvier 2017, lorsque François Fillon se présente et affiche ses convictions. De François Bayrou, pourtant catholique qui se dit pratiquant, à Manuel Valls, en passant par Marine Le Pen et Henri Guaino, tous lui reprochent de mélanger politique et religion.

L’ancien Premier ministre a pourtant déjà semé, sur le chemin de sa campagne, de multiples cailloux blancs pour rassurer l’électorat catholique. Ainsi, se pose-t-il en croisé face au péril islamiste dès 2016 dans son livre Vaincre le totalitarisme islamique. Plus tard, durant la primaire de novembre 2016, il assume son opposition à l’avortement face à Alain Juppé, qui tente de le ringardiser en lui collant l’étiquette de conservateur.

Le candidat à la présidentielle avait par ailleurs eu cette parole forte : «  Je ne prendrai aucune décision contraire au respect de la dignité humaine  ». Il était alors attaqué sur sa volonté de réformer la Sécurité sociale, en confiant les soins de confort aux complémentaires santé.

François Fillon coche ainsi toutes les cases du candidat appelé de ses vœux par les catholiques : une foi gardée pudiquement secrète, un homme ne cédant pas aux modes et assumant politiquement les racines chrétiennes de la France. Durant sa campagne soumise aux soubresauts du «  Pénélopegate  », le soutien logistique du mouvement Sens commun et de ses 9 000 membres fut indéniablement précieux. François Fillon n’a pas uniquement remporté la primaire de la droite, en novembre 2016, grâce à un vote catholique. Mais au second tour de la primaire, 76 % des catholiques qui ont voté ont fait le choix de François Fillon. À l’élection présidentielle, en mai 2017, au premier tour, ils étaient encore 46 % selon les instituts de sondage. Au second tour, conformément au souhait de «  leur  » candidat appelant à voter Macron, 62 % de l’électorat catholique avaient voté pour ce dernier, et 38 % pour Marine Le Pen.

Retrouvez l’intégralité de l’article dans le magazine.

Messages

  • Cet article m’apparaît trop faire de François Fillon le candidat attendu des catholiques. Véronique Jacquier apparemment très filloniste devrait se rappeler certaines contradictions du personnage :

    - le fait qu’il ait voté la loi pro-avortement porté par la gauche de Hollande interdisant toute action en direction des femmes en détresse pour les inciter à ne pas avorter. Cela devrait suffire à le disqualifier comme soit disant candidat catho.
    - le fait qu’il ait trahi ses soutiens de la droite LR en s’appuyant sur Baroin qu’il aurait fait premier ministre.
    - son affaire d’emploi de son épouse qui crevait tout les plafonds des rémunérations des attachés parlementaires pour des tâches sommes toutes bien légères.
    - La rémunération d’un de ses fils étudiant au prix d’un grand conseiller de l’Etat pour un stage.

    Je ne suis pas certains que somme toute sa politique aurait été très différente de celle de Macron. Avait-il un courage suffisant pour réorganiser la France ?

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