Traduit par Pierre

Quand les vagues déferlent sur la barque de Pierre

par Christine Vollmer

mardi 18 juillet 2017

Les fidèles de l’Église qui ont vécu attentivement et avec enthousiasme les papautés de Paul VI, St. Jean-Paul II et Benoît XVI sont dans l’angoisse. Soudain, avec bien des jolis discours, la clarté de l’enseignement catholique semble troublée. Que se passe-t-il ? Que faire pour nous tenir sans peur attachés à la lumière ?

Lucidité et vérité qui avaient marqué la seconde moitié du XXe siècle par l’enseignement de ces grands Pontifes, touchant des millions d’hommes Catholiques ou non, suscitaient amour et respect envers l’Église catholique de Rome qui avait eu tendance à somnoler après la seconde guerre mondiale puis était remise brutalement en question dans les années 1960 et 1970.

Une grande révolte s’emparait de la culture occidentale. La Doctrine était rejetée, la famille, bouleversée, la tradition, renversée, au lieu de refléter la sagesse lentement accumulée au fil des siècles, ridiculisée au point que la morale devenait "intolérance", "fanatisme", et que la maîtrise de soi perdait tout sens.

Les années 1980 virent alors le commencement de changements dans les mœurs comme dans les législations, qui emplissaient les croyants de toutes religions de confusion et de détresse. Au sein de l’Église Catholique, la hiérarchie — formée précédemment — maintint un semblant d’orthodoxie ; mais les écarts étaient tolérés et (pour les jeunes de cette époque) la coexistence de deux catégories de prêtres était évidente.

Prêtres et évêques fidèles adhérèrent à l’Encyclique prophétique de Paul VI en 1968, Humanae vitae même s’ils ne la comprenaient pas totalement alors. À l’opposé, ceux formés à la permissivité et au relativisme des années 1960 la toisaient de haut. S.S. Paul VI nota avec justesse que « les fumées de Satan s’étaient infiltrés dans l’Église. » C’était alors une rude époque pour les jeunes couples, et pour les parents qui voyaient de plus en plus leurs jeunes adopter une morale sexuelle contraceptive.

L’enseignement adouci dans les séminaires amena nombre de jeunes prêtres à croire que "l’autorité" n’a aucun droit à imposer des normes de morale, et il a participé à l’apparition de prêtres homosexuels qui commettaient d’horribles actes de pédérastie. Les efforts pour camoufler cette honteuse réalité par l’appellation "maladie" (pédophilie) taisait qu’en une grande majorité de cas il s’agissait de jeunes adolescents. Certains évêques, par lâcheté (ou pire) protégeaient ces prêtres, comme chacun sait.
Pourquoi le tolérait-on ?

On le tolérait car la génération des années 1960 - 1970, alors en position de force, était hostile à l’obligation de morale et de discipline. La permissivité dominait ses convictions.

L’apparition surprenante, captivante, de Carol Wojtyla, St. Jean-Paul II, avec sa présentation saisissante des vérités de toujours des Évangiles, et sa remise des pendules à l’heure dérangeait la génération "1960". Mais elle souleva et stimula la génération suivante, les fidèles prêtres, religieux, laïcs, partout dans le monde.

Il vint ayant connu la guerre, le nazisme, le communisme, et toutes sortes de perversités, et il détenait la logique Évangélique et la Bonne Nouvelle concernant la personne humaine et le salut. De plus, son savoir s’était approfondi par les peines endurées par les jeunes et les couples, parmi les malheureux, héros comme simples gens. Il électrisait le monde, suscitant par ses explications un mode de vie à suivre. Il ne proposait pas de solutions faciles, mais bonnes. Il nous offrait des explications claires sur ce que nous sommes et devrions être pour vivre le message de l’Évangile de nos jours.
Succédant à Jean-Paul II, Benoît XVI s’occupa du mal qui s’était infiltré aux niveaux les plus élevés de l’Église. Il sanctionna et exclut le Père Marcial Maciel et ouvrit une enquête sur les rumeurs alors répandues d’homosexualité et de malversations financières au sein de la Curie. Nous n’avons pas connaissance du contenu du rapport établi alors, mais nous savons qu’il déclencha une immense panique au sein de certains cercles à Rome.

Les trois décennies de brillante évangélisation mondiale par les Papes Jean-Paul II et Benoît XVI eurent un succès fantastique parmi les laïcs et dans toute une génération nouvelle de prêtres désireux de pouvoir enseigner la vraie foi Catholique et sa morale.

Mais au sein de la génération précédente un grand nombre déplorait la renaissance des convictions et la force de la foi revenue. Nombre d’évêques et cardinaux dans le monde moderne étaient mal à l’aise alors que leur laisser-aller permissif se heurtait à cette nouvelle vigueur. Certains de ces prélats âgés et fort influents, décidèrent, nous l’avons appris, de "préserver" l’Église de ce qu’ils considéraient comme un enseignement vieillot et rigide.

On nous dit qu’ils constituèrent le "Club St. Galien" — une "mafia" — afin de planifier les manœuvres pour imposer un changement de cap à la Barque de Pierre. Profitant de la tolérance des papes précédents, qui ne les avaient jamais repris pour leur laxisme doctrinal, ce "Club St. Galien" réussit à promouvoir une candidature au Saint-Siège. Jorge Bergoglio fut élu.

La génération des années 1970 détient maintenant le pouvoir dans l’Église. De cette génération, dans le monde des affaires comme en politique, beaucoup sont à la retraite. Beaucoup d’entre eux furent frappés par les drames — sexe, drogue — qui ont détruit leurs propres enfants. Mais au sein de l’Église il en reste bon nombre — et ils tiennent les rênes.

La scandaleuse fresque "homoérotique" commandée par Mgr. l’Archevêque Vincenzo Paglia pour sa cathédrale à Terni [N.d.T. : exécutée par un "artiste" homosexuel, cette gigantesque fresque représente hommes, femmes et enfants nus enlacés dans des positions obscènes.] n’a pas empêché sa désignation de responsable pour changer radicalement les services du Vatican concernant la Vie et la Famille, le Conseil Pontifical pour le Famille, l’Académie Pontificale sur la Vie, et l’Institut Jean-Paul II pour les Études sur la Famille.

L’archevêque Paglia (sûrement un prochain cardinal) a également mis en place un "Programme d’Éducation Sexuelle" en cinq langues, qui contredit d’importants principes de l’enseignement de l’Église en matière sexuelle.

Nous assistons actuellement ainsi à une large fracture au sein de l’Église. Le troupeau des fidèles Catholiques pratiquants est encore plus motivé que jamais pour vivre et répandre l’authentique doctrine sociale et morale Catholique. Mais il assiste à la promotion de prélats formés à la permissivité et à la relativité. Les scandales "drogue et sexe" au sein même du Vatican ne semblent pas freiner le rejet et le remplacement des catégories traditionnelles de morale et de genre si merveilleusement confirmées par nos récents grands Pontifes.

Notre cap nous dirige vers des eaux très agitées, et nous ne devons pas céder au découragement. Restons fidèles à notre Seigneur, vivant, et à Son enseignement en ces temps d’épreuve. De jeunes prêtres et laïcs et les nombreux mouvements de fidèles doivent s’accrocheer fermement à la Vérité, unis dans la prière et l’action jusqu’à ce que se calme la tempête. Jésus, nous avons confiance.

— -

Source : https://www.thecatholicthing.org/2017/07/15/when-waves-break-over-the-barque-of-peter/

Précision apportée par les traducteurs en français : Les polémiques ci-dessus restent sous la responsabilité de leur auteur et du site que nous ne faisons que traduire. Ce service n’engage bien sûr en rien la rédaction de France Catholique. Cela est vrai de chaque traduction que nous offrons à nos lecteurs.


Christine de Marcellus Volmer, nouvelle collaboratrice à "The Catholic Thing" est présidente de "PROVIVE" au Vénézuela, coordinatrice de "Curriculum Alive mondial", et a été membre du Conseil Pontifical de la Famille (1990 - 2016) et de l’Académie Pontificale pour la Vie (1994 - 2016). Elle a également été membre de la délégation du Saint-Siège à l’ONU (1990 - 1995).

NOTA : je m’interroge sur l’utilité de publier le lien avec l’article décrivant la fresque obscène de la Cathédrale de Terni. :
https://www.lifesitenews.com/news/leading-vatican-archbishop-featured-in-homoerotic-painting-he-commissioned

À mon avis, il vaut mieux se rincer l’œil avec de l’eau bénite qu’avec une telle fresque.

P.L.

Messages

  • Bonjour,

    Je lis ce texte avec un grand intérêt et d’abord en historien qui apprend ici beaucoup de choses qu’ils ne connaissait qu’intuitivement ou factuellement. L’intérêt des contributeurs américains est d’oser casser la langue de buis et de bois, installés dans leur robuste orthodoxie bien aidée par une certaine dimension du traditionalisme protestant de là-bas.
    Cependant j’avoue mes interrogations sur le tri, de ce qui est adaptable et de ce qui est intangible notamment dans la morale sexuelle entre un homme et une femme adultes liés, si dieu le veut, pour la vie.

    Bref je souhaiterai qu’un dialogue s’instaure (sauf le risque de casser la relation complémentaire avec les USA) entre la rédaction de F C et les "américains",pour me défaire de la suspicion d’une tolérance un peu trop commode, entre deux monologues parallèles (ou plutôt un monologue et un silence (celui des "français).
    Bon été

  • En deuxième lecture, ce qui me frappe c’est l’attaque frontale contre le pape François. Ce qui signifie que la rédaction de F C, au moins accueille au maximum participe de cette attaque.
    Là encore une plus grande clarté serait peut-être souhaitable (Ou pas ? Je ne veux pas envenimer quoique je sois moi aussi effectivement troublé et inquiet.

  • Sur internet on peut lire et voit tout et n’importe quoi. Le vrai comme le faux.
    L’intérêt d’une revue comme France Catholique est d’apporter un a priori d’authenticité aux infos qu’elle diffuse.
    Là il s’agit du transfert - sans commentaire - d’un article d’une autre revue . Elle utilise avec bonheur la technique de l’amalgame et distribue le soupçon à l’envi. Ça sent l "illuminati" à plein nez.
    Désolé, mais ça ne fait pas sérieux. Cela ne fait surtout pas chrétien : la rigueur doctrinale n’est pas la rigidité. La rigidité n’est pas la Charité.

  • Ce qui est regrettable dans cet article sous la plume d’une nouvelle collaboratrice de The Catholic Thing c’est le ton, le manque d’élégance et surtout les accusations directes de cette auteure. Cela dénoterait-il un manque de professionnalisme ?

    On a eu souvent sous les yeux des articles de collaborateurs de The Catholic Thing
    qui ne cachaient pas leur désaccord avec tel ou tel initiative, parole ou acte de telle ou telle personnalité. Il n’y a aucune obligation d’être du même avis que untel sur le même sujet. Comme il n’est pas interdit, mais bien au contraire, de donner son
    point de vue avec pondération - et un minimum de bienséance et en citant ou en soumettant, le cas échéant, des exemples de faits et/ou de publications agréées pour étayer ses idées. Ce n’est pas la peine de sortir l’artillerie lourde pour attaquer tout azimut, cela sent plus le parti-pris qu’autre chose.

    La publication d’un tel papier n’entame en rien la neutralité de FC dans un tel cas.
    Un article est soumis à l’attention du lecteur, a lui de réagir ou non. Si, dans le cas présent, le billet de Mme de Marcellus Vomer suscite désaccord et indignation
    il est légitime et utile de le faire savoir. Comme aussi le lecteur peut passer outre, n’envoyer aucun commentaire, ce qui signifie que le billet - et son auteur - ne lui semblent dignes d’aucun intérêt, alors il laisse tomber comme un chiffon douteux.

    La coopération avec The Catholic Thing n’entre pas en jeu : de bons et même d’excellents articles y sont aussi publiés et commentés. D’autre part, être mis au courant de ce qui se passe hors du monde où on évolue est intéressant à plus d’un titre. Et finalement, si on devait interdire tout ce qui est publié ici et là, autour de nous, chez nous, pour cause d’on ne sait quoi...

    Le titre de l’article de Mme Volmer est très évocateur... Se référer alors à la réponse de Jésus aux apôtres terrifiés dans leur barque qui semblait prendre l’eau...

    Viviane Gemayel

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