Privilège de blanc et corollaires

David Carlin, traduit par bernadette Cosyn

jeudi 25 juin 2020

Frederick Douglass, son épouse Helen Pitts Douglass (assise) et la sœur de cette dernière, Eva Pitts, dans les années 1880.

J’ai grandi en bénéficiant du privilège d’être blanc. Cela a été mon privilège de passer les quinze premières années de ma vie dans un immeuble sans eau chaude au 131 Beverage Hill à Pawtucket, dans Rhode Island. Il n’y avait pas le chauffage central. Le logement était chauffé par le poêle qui servait à faire la cuisine.

Si vous vouliez vous laver les mains ou faire un brin de toilette à l’eau chaude, vous deviez chauffer un seau d’eau sur le poêle et le verser ensuite dans une cuvette. Si vous vouliez un bain chaud, vous deviez chauffer plusieurs seaux d’eau sur le poêle avant de les verser dans la baignoire. Il n’y avait naturellement pas de douche.

En hiver, pour garder la chaleur, on condamnait la pièce de devant. La cuisine devenait notre pièce à tout faire. Pour alimenter en fuel l’élément de chauffe de votre poêle, vous descendiez au sous-sol remplir un bidon avant de remonter deux volées de marches.

Quand ma jeune sœur a eu besoin d’un traitement médical, nous avons eu le « privilège » de vendre notre vieille voiture de seconde main (ou peut-être de troisième main) pour vivre ensuite pendant des années sans automobile. Ce qui en retour nous a assuré le « privilège » de prendre le bus vers le centre-ville pour faire nos courses. Chaque vendredi soir, ma mère et moi en prenions un pour rejoindre un des supermarchés, situés à cette époque en centre-ville, et le petit gringalet que j’étais avait le « privilège » de se coltiner de lourds sacs d’épicerie dans le bus de retour à la maison. Ma mère bénéficiait du même « privilège ».

Vers 1950, mon père a souffert d’une sévère crise d’arthrite qui l’a tenu éloigné du travail, et souvent au lit, durant une année. À cette époque, nous avons eu le « privilège » de glisser de la presque pauvreté à la pauvreté tout court. Fort heureusement, presque miraculeusement, mon père s’est remis, et aussitôt, il a retrouvé un boulot et il est retourné travailler, empruntant trois bus différents entre notre domicile et la lointaine banlieue ouest de Providence.

Mais en plus de mes nombreux « privilèges », j’avais quelques réels avantages alors que je grandissais à Pawtucket. D’abord et avant tout, j’avais deux parents mariés ayant un sens très fort de leur devoir parental. Ils travaillaient dur, ils respectaient les règles, ils plaçaient la famille au-dessus de leur petite personne.

Deuxièmement, j’ai eu les établissements d’enseignement public de Pawtucket : l’école de Prospect Street et le lycée Goff Junior. Les enseignants, pour la plupart des femmes célibataires, étaient merveilleux. Ils ont rempli ma tête de savoir, et plus important, du désir d’un plus grand savoir. Plus tard, quand ma famille est sortie de la pauvreté et pouvait supporter de payer les 100 dollars annuels de frais de scolarité, je suis allé à St Raphael Academy, une école des Frères des Écoles Chrétiennes, avec des enseignants merveilleux. (Les frais de scolarité dépassent maintenant allègrement les dix mille dollars annuels et les Frères ont disparu.)

Troisièmement, j’avais la religion catholique et ses nombreuses églises dans Pawtucket. La religion consolidait les leçons de bonne conduite que j’avais apprises à la maison et à l’école. Elle m’enseignait à me bien conduire et à me sentir coupable quand mon comportement ne correspondait pas à mes idéaux (ce qui est parfois encore le cas).

Quatrièmement, j’ai eu le club scout de Pawtucket, qui m’a fourni des amis et des loisirs sains.

Et pour finir, j’ai eu la ville de Pawtucket elle-même – « le foyer de la révolution industrielle américaine », car c’est là que fût construite la première usine textile en 1790. Dans ma jeunesse (les années 40 et 50), Pawtucket était dans la dernière période de ce que l’on peut appeler son âge d’or. C’était une magnifique cité pour y faire grandir un gamin – une cité ouvrière tout à fait adaptée pour des garçons de familles ouvrières.

Le centre-ville de Pawtucket était animé, rempli de gens, de magasins, de banques, de restaurants, de cinémas – sans oublier le club scout. (De nos jours, le centre-ville est une ville fantôme). Les rues étaient sûres. La violence allait rarement au-delà d’une bagarre occasionnelle. Et même si la ville était densément remplie d’immeubles d’appartements, il semblait y avoir toujours beaucoup d’espace pour que les enfants puissent jouer.

Quiconque n’est pas complètement idiot sait et reconnaît que l’Amérique a une longue et horrible histoire de racisme anti-noir – 250 ans d’esclavage et 100 ans de ségrégation raciale post-émancipation. Et tout le monde, pas uniquement les vertueux gauchistes, déplore cette histoire. Mais tous ceux qui ne sont pas bornés savent également que le racisme blanc est tout au plus un facteur mineur dans la misère qui règne actuellement dans l’Amérique noire.

Si en moyenne les noirs sont plus mal partagés que les blancs dans presque toutes les catégories du bien-être – santé, salaire, éducation, genre d’emploi et bien d’autres – c’est principalement en raison d’une culture terriblement dysfonctionnelle répandue dans les classes sociales noires les plus basses et qui a même tendance à diffuser dans les classes moyennes noires.

Cette culture encourage et approuve des comportements qui conduisent à un taux astronomique de naissances hors mariage (plus de 70% des naissances noires sont le fait de mères célibataires), à des millions de pères qui portent peu d’attention, voire aucune, à leur progéniture, à de forts taux de crimes, de violence et d’usage de drogue, à une pauvre éthique de travail, à un très faible taux d’études supérieures.

Tant que ces aspects de la culture ne seront pas réformés, nous pouvons nous attendre à ce qu’un grand nombre de noirs vivent dans la misère durant le siècle à venir.

À mon sens, les plus grands ennemis actuels des Afro-Américains sont les gauchistes blancs qui ont intérêt à garder vivant le mythe du racisme blanc. Les gauchistes blancs – qui sont dans l’ensemble vraiment privilégiés, ayant éducation, boulot, revenus, maisons, voitures, vin, café et autres en qualité et quantité – aiment à penser que les blancs autres qu’eux-mêmes sont racistes. Car cela leur permet de se sentir moralement supérieurs aux autres.

Et donc les gauchistes blancs – qui dominent dans les « postes de commande » de la propagande morale américaine (principaux médias, industrie des loisirs, universités de pointe) – ne cessent de dire aux noirs qu’ils sont les victimes du racisme blanc et de ce fait encouragent les noirs à se sentir impuissants, furieux et jaloux, les détournant de se pencher sur leur véritable problème, une sous-culture dysfonctionnelle.

Que Dieu nous ouvre les yeux sur quelques vérités.


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